III
14 CORRESPONDANCE &ÉNÉRALB.
mariage; c'étoit un fort bon parti pour elle : il étoit déjà liieutenant général et colonel général dos dragons^ et Ton jugeoit aisément à ses allures que le bâton ne lui pouvoit pas manquer. Il la demanda ; il eut le plaisir d'entendre de la bouche même de madame de Maintenon ces paroles dignes d'être gravées en lettres d'or : Monsieur, ma nièce n'est pas un assez bon parti pour vous; mais je n'en i^ens pas moins ce que vous voulez faire pour l'amour de moi, et je vous regarderai à l'avenir comme mon neveu. »
A MADAME LA COMTESSE DE CAYLUS^
21 mars 1686, le vendredi à midi.
Je suis fort aise de votre bonheur, ma chère nièce, et je ferai bien tout ce qui me sera possible pour y contribuer. Je m'en tiendrai bien récompensée, si vous avez du mérite et si vous vivez avec M. et madame de Caylus comme vous le devez; je suis assez persuadée de la bonté de madame votre belle*mère; mais je crains que vous n'en abusiez par votre enfance. Mandez-moi un peu la disposition de vos journées, et ne m'écrivez point pour me faire des compliments ; je vous croirai reconnoissante si vous faites honneur à Téducation que je vous ai donnée. Il n'y a que cet endroit-là qui puisse me satisfaire. Faites bien entendre raison à M. le comte de Gaylus sur la diflSculté qu'il y a de m'aborder; il me trouvera toujours quand je pourrai lui élre bonne à quelque chose.
Mille compliments, je vous prie, à madame la marquise de Gaylus ; pour vous, je vous embrasse de tout mon cœur.