Autographe des archives du château de Mouchy
A HADAHE DE MAINTENON (4689). 197
d'avoir ce gouvernement, qui, n'obligeant point à résidence, ne le détourneroit point du service, et lui fonmiroit de quoi le faire plus honorablement. Il m'a prié en même temps, comme il n'avoit point l'honneur d'être connu de vous, de vouloir bien vous mander qu'il étoil de mes amis, comme, en effet, il est vrai. Il n'a pas grand bien, il s'en faut beaucoup; il est très-honnête homme, et le roi le connott mieux que moi. Tout ce que je puis faire, c'est de vous prier, madame, de lui en parler. J'oubliois qu'il a ajouté qu'il ne songeoit pas à l'avoir si le roi en vouloit gratifier quelqu'un de la maison du défunt '. Je serois bien aise qu'on lui fit ce plaisir; mais remarquez, s'il vous plaît, que je ne fais pas toutes mes sollicitations en mêmes termes, et que celle-ci n'est pas de la force de celle que je vous ai faite pour M. le maréchal.
Il m'a passé ce malin quelque chose daoa la tête sur laquelle je demande votre protection, vos avis, et que je veux faire par vous; c'est qu'il me semble que ie roi, selon loulea les apparences, voulant se servir de moi sur terre plus que sur mer, la chose du monde qui me seroit plus agréalde et convenable seroit d'avoir la charge do colonel gt^ni^ral de la cavalerie, que je tvoquerois tr^s-volonlicrs contre celle des galères''. Si vous vous donnez la peine d'examiner
I. Il l,a l'ul a donné la (.'ouvcniemenldo Nnrbunni: au lieur ilt^ M^rlnville, mwtra de camp de cavalcrio, à tundilion da pa.\t'r deux mille fi'iiiiF» de peniLiuii i[ue Feu K. de Hérlnville (layoll à »a ui*rc, qui ii'a<iuB cela [lourïiu'e. " jjDHnifj/(/L'ytm(ri;n«, !■ l,p. ?■)
:.'. Tout cela eal fort étrange et Léniuigna l'aveuglemeal du IT.
le revenu des deux, charges, vous verrez que ce n'est pas le profit qui me fait souhaiter ce changement, mais ma pure inclination qui me persuade que je ferai mieux Tune que Tautre. Si vous trouvez ma lettre raisonnable, et si vous me voulez faire plaisir, sondez le gué, car je serois au désespoir de paroître en rien rebelle aux volontés du roi. Si, au contraire, vous voyez qu'il goûte mes raisons et ma proposition, poussez Taffaire et allendez-vous à bien des remercîmenls de ma part; car pour de l'amitié, rien ne peut augmenter celle que j'ai pour vous.