‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 215 sur 359 · LETTRE CCXV · texte numérisé non relu

LETTRE CCXV

Au camp de Flonheim, ce 14 juillet 1690.

Votre lettre m'a fait tant de plaisir en me marquant l'amitié que le roi a pour moi et qu'il est content de moi, que je ne puis m'empêcher de vous écrire pour vous remercier de me l'avoir mandé. Je vous assure que je vous compte pour la meilleure amie que je puisse avoir, et que vous me feriez plaisir, si je fais quelque chose qui ne plaise pas au roi, de m'en donner avis franchement, afin que je tâche de faire mieux ; je vous assure pourtant que je ne fais rien le plus que je puis que bien à propos. J'espère que les ennemis me fourniront quelque occasion de faire mon devoir et de faire que je ne regrette point d'avoir été en Flandre; je vous avoue que je serois au désespoir d'arriver où vous serez, si je n'avois fait quelque chose qui m'attirât l'estime du roi en le faisant à propos, et avec bon succès; je crois que vous êtes trop de mes amies pour croire le contraire, et pour ne pas souhaiter que cela m'arrive, et en

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