LETTRE LIX
Avril 1686.
Vous n'aurez pas vos constitutions pour aujourd'hui : M. Racine et M. Despréaux les lisent, les admirent et corrigent des défauts de langage et d'orthographe que ces messieurs ^ ou leurs copistes ont fort augmentés.
Si Denise est capable, elle est aussi bonne qu'une autre; ne me coûsullez point, je vous en prie, entre des personnes que je ne connois pas.
1. Manuscrits de mademoiselle d*Aumale, . 2. Le Père de LaCiiaise etrévèque de Charlres. La Beauinelle arrange ainsi ceUe phrase : « lU en ôtent les faulcs de style et leurs copistes y me Uent des fautes d'orthographe. » il mêle d'ailleurs cette lettre à sept ou huit autres qui sont postérieures de six à dix mois.
Vous recevez mes avis comme un ange, Dieu veuille que je vous les donne aussi purement!
Vous avez bien eu raison de ne vouloir donner votre grille que le lendemain des fêles de la Pentecôte.
Je parlerai de voire rhume à M. Fagon, mais en attendant je vous dirai que j'ai guéri le mien en buvalit à tous moments de Teau sucrée plus chaude qu'un bouillon, et peu à la fois. Conservez-vous, rien n'est plus important pour nous. J'irai vous voir pour divertir vos vapeurs; prenez courage, voici uu temps de grand travail pour vous.
Je crois que vous savez que le roi donne Tabbaye de Saint-Denis aux Dames de Saint-Louis, pour partie de leur fondation ^ Adieu, il est onze heures, et j'écris depuis sept et demie.