LETTRE CCCIV
A M. D^AUBIÔNÉ, A PARIS*.
Ce 15 mars 1693.
J*ai appris avec beaucoup de peine que vous êtes malade et je vous avoue que vos moindres maux me font trembler quand je songe à l'état où vous êtes, Eftt*il possible que vous n'ayez le cœur mal fait que pour Dieu, de qui vous tenez tant de bonnes qualités qui vous seront inutiles, dès qu'elles ne sont pas employées pour lui? Vous êtes bon, humain, libérai, juste, douxy aumônier, etc., et tout cela sans rapport aux maximes de votre religion. Voyez M. Tiberge ou M. Brisacier, je vous en conjure, ou quelque autre homme de bien ; je vous nomme ceux-*là par l'estime que j'ai pour eux et parce que, s'ils étoient contents, j'aurois l'esprit en repos. Verrai-je tout le monde se convertir, pendant que vous demeurez dans le chemin de vous perdre? Au nom de Dieu, mon cher frère, faites quelques réflexions solides sur un sujet si important et pardonnez mes imporlunités en faveur de mon amitié. Votre fille est en bonne santé, et la petite vérole augmente tous les jours à Saint- Gyr ; mandez-moi de vos nouvelles, je vous en prie.