Médecin du Dauphin
'i, La mère Priolo.
A LÀ HiRE MARIE-CONSTANCE (1693). 371
qu'elle prit confiance en M. Fagon, qui est le premier médecin que nous ayons ^ Duchesne a suivi Monseigneur en Allemagne , il ne reviendra de long^ temps; je voudrois que pendant son absence vous vissiez M. Fagon, qui pourroit à l'avenir donner ses conseils par lettres. Je suis ravie que notre mère soit mieux : elle ne manquera plus d'eau de Sainte- ^ Reine ni de tout ce qui sera en mon pouvoir.
Madame de Radouay m'écrit que madame du Pérou fait des merveilles à la dépense pour réparer les désastres qu'elle y avoit faits. Dites-lui, je vous en conjure, que je souhaite de tout mon cœur qu'elle le croie ainsi ; ce seroit une excellente disposition pour elle. Je ne lui réponds point , je ne le puis, et je l'entretiendrai bientôt.
Je serois encore plus fâchée que notre mère si vous finissiez une lettre sans me parler d'elle ; je ne puis vous exprimer l'estime et l'amitié que j'ai pour elle ; elle me sera toujours chère.
J'espère faire d'aujourd'hui en quinze jours la récréation à vos côtés et entourée de mes chères filles. Je ne sais pourquoi je les désire si parfaites, car si je les aime avec tant de tendresse, malgré leurs défauts, que seroit-ce si elles étoient comme je les désire? elles m'attachent trop au monde, ou, pour mieux dire, à la douceur de vivre avec des anges.
Le roi est en parfaite santé, et n'a pas pris peu sur lui en sacrifiant les desseins qu'il avait eus au
1. n Alt nommé, cette année même, le 1«' noyembre, premier mi^decin.da roi, à la plaee de Doquin.
bien de ses affaires, qui s'est trouvé à envoyer en Allemagne pour profiter de Thcureux succès de la prise de Heidelberg, Pour moi , je suis ravie que rinlérêt de TÉtat le force à retourner à Versailles ; il se porte très-bien et se moque de ce que nous appelons fatigue. Adieu, ma chère mère; je pourrois bien ne vous plus écrire et songer à me ménager pour arriver en meilleure santé que je ne suis présentement.