MoHUicrits de mademoiselle d'Àxmale
francs que }*ai accoatumé; elle ne seroit pas plus heureuse avec six, et les deux de plus feront subsister une autre personne. Son frère a depuis peu un emploi à Cambrai ; il sera obligé à y être souvent : elle seroit sa ménagère, enfin c'est son affaire qu'elle peut démêler avec lui; et en quelque lieu qu'elle soit, je la paierois très-exactement, et quelques jupes pardessus le marché.
Je suis bien fâchée de ne pas être de votre avis sur les vaches ; mais sans compter les raisons que je vous ai déjà mandées, il n'y a point de lieu à les mettre à Saint-Cyr, non plus que les poules; la ferme vaut quinze cents livres de rente, je ne crois pas que vous voulussiez vous charger de la faire valoir; il faut donc laisser le fermier où il est. Gela étant, il n'y a plus de basse-cour, et je crois que le meilleur est de prendre tout chez lui, et d'avoir une personne qui voie tirer le lait qu'elle prendra, et ainsi du reste; vous serez en repos et n'aurez point à veiller encore €ette affaire-là. Cela est bon dans les petites communautés, ou dans celles où les religieuses n'ont rien qui les empêche de conduire leur basse-cour. Il n'y a point d'exemple d'une maison aussi grande que la nôtre, et dont l'obligation soit de n'être occupée que de l'éducation ; car les Ursulines qui en font vœu, ont beaucoup de temps de reste.
Nous pouvons choisir d'avoir la ferme ou de ne l'avoir pas, le roi nous la donnera sur le pied de son revenu; si dans les suites on en fait une basse-cour, à la bonne heure, mais il me semble que vous ne pouvez tenir un labour; et à moins que vous n'ayez
des terres, vous n'avez ni herbes à brouter Tété, ni fourrages l'hiver. Le fermier me paroît bon homme, et a toujours eu avec ses maîtres le marché que je propose; vous aurez le plaisir de le voir avec son ménage de campagne sans être chargée de rien! J'ai vu ce qui se passoit là-dessus à Ruelles, et cela étoit d'une grande commodité; mais la communauté n'étoit pas sur \e pied où elle est. Mandez-moi lequel vous aimez mieux d'avoir la ferme ou de ne Tavoir pas, c'est-à-dire de faire un marché avec le fermier ou d'envoyer acheter au marché comme si vous étiez à Paris.
Je vous fais part de la visite que j'ai reçue du roi ce matin ; il n'en est pas mieux pour cela, cependant on a été ravi de le voir hors de sa chambre.
Je ne suis point contente de Chanteloup, elle ne fait que pleurer, bouder ou badiner; je vous la renverrai un de ces jours pour la punir. Je ne sais si elle en fera mieux quand elle reviendra.
Adieu, ma très-chère, je voulois aller demain prier Dieu avec vous, mais j'ai eu la migraine bien fort, et j'ai un peu besoin de repos.
J'arrive de chez le roi, dont la plaie va fort bien, grâce à Dieu. Il s'est récrié sur des vaches dans un jardin; ne comptez point que l'on souffre un ménage à Saint- Gyr. On n'a jamais tous les biens à la fois : le voisinage d* Versailles vous donnera mille avantages et autant de contraintes. Dieu soit béni de tout ! Je viens de recevoir votre lettre sur Barberet, je la montrerai au roi. Bonsoir.