‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 356 sur 359 · Manuscrits de mademoiselle d'Aiimale · texte numérisé non relu

Manuscrits de mademoiselle d'Aiimale

2. La France était épuisée par la guerre de 1688, où l'on eut sur pied, pendant près de dii ans, plus de quatre cent mille hommes et qui coûta plus de sept cents millions. De plus, de mauvaises récoltes amenèrent la disette, et le pays fut en proie à une misère profonde, a II y avoit, disait Vauban en 1698, un dixième du royaume réduit à la mendicité et qui mendioit réellement. » Madame de Maintenon prit une grande part à la désolation publique, et Ton peut voir là-dessus les lettres qu'elle écrivait aux Dames de Saint-Cyr. [Lettres historiques et édifiantes, t. 1, p. 146, 248, 488, etc.) On peut consulter aussi la Maison royale de Saint-Cyr t p. 211, et la lettre suivante à l'intendant Manceau.

leurs ; il vaut mieux en nourrir vingt de cette sorte que dix qui seroient trop bien. Vous avez de l'invention : voyez si des pois, des fèves, du lait et de la farine d'orge , si , dis-je, quelque chose ne pourroit point suppléer au pain, qui est si cher.

Faites dans ma maison comme dans votre famille ; je vous en charge, n'y pouvant donner mes soins , et ce sera à vous à en rendre compte à Dieu. Écrivez à Maintenon dans ce sens-là : qu'on retranche de la nourriture des pauvres pour l'étendre à un plus grand nombre. Excitez tout le monde au courage et au travail ; s'ils ne sèment, ils ne recueilleront pas l'année qui vient... J'ai dévotion à aider ceux qui s'aident et à laisser souffrir les fainéants : prêchez cet évangile aux curés de mes terres.

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