‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 40 sur 359 · Mère du comte de Caylus. Elle venait de perdre son mari · texte numérisé non relu

Mère du comte de Caylus. Elle venait de perdre son mari

A HADAHB DE SAINT-OÉRAN (4686). 3i

naturelle et si raisonnable^ madame, qae je ne puis YùVts donner de consolations. Dieu qui a voulu vous affliger saura bien vous donner la force de le soute» nir. Mais je vous supplie, madame, d'être bien persuadée que je partagerai toute ma vie les biens et les maux qui vous arriveront et que je suis autant que je le dois votre très-humble et très-obéissante servante.

LETTRE LXIX (Là B.)

NOTE PRÉLIMINAIRE

Cette lettre ne se trouve que dans la collection de' La Beaumelle (édit. de Nancy, t. I, p. 232; édit. d'Amsterdam, t. n, p. 123). Louis Racine l'apostille : elle m'est inconnue et je la crois inventée. Ce que dit La Beaumelle dans cette lettre est emprunté aux Mémoires 'des Dames de Saint-Cyr; mais il a lu si légèrement ces Jfômotfâs, que tout est transformé. Ainsi ce qu'il dit du décret de l'évêque de Chartres est inexact : le roi donna à madame de Maintenon un brevet « pour la faire jouir de toute prééminence, honneurs, prérogatives, et de toute Vautorité et directions nécessaires, telles qu'elles peuvent appartenir à un fondateur. » Et une commission de l'évêque de Chartres l'institua t supérieure spirituelle. » Enfin, en supposant la lettre vraie, la date serait impossible. Le 2 juillet, les quatre demoiselles de Noisy, instituées pour être les mères de la communauté, faisaient profession des vœux simples,

2 juillet 1686.

M. l'évêque de Chartres tient pour les vœux absolus; il est le seul de son sentiment; car pour moi, je n'ai

3S CORRESKINDAHCE GI^RÉBALE.

point de volonté à cet égard , et je serai toujours de l'avis du plus grand nombre; si je peachois pourl'uae de ces deux opinions, ce scroit pour la sienne; mais je ne me ferois un scrupule do me déclarer, de crainte de gêner la liberté des suffrages, et de donner trop de poids à l'avis d'une femme. Je suis sûre de n'avoir que de bonnes intentions; mais je ne le suis pas de ne prendre que le bon parti. M. de Chartres a déclaré par un décret dans les formes, que l'intention du roi et la sienne étoient que je fusse supérieure perpétuelle de celle communauté tant pour le spirituel que pour le temporeP. Ma seule inquiétude, c'est de savoir ce que deviendra cet établissement après ma mort. Je crains bien que la ferveur ne se ralentisse, et que cette maison qui doit être l'asile de l'infortune ne s'ouvre aux sollicitations les plus puissantes.

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