DE FONTEVRAULT
ASaint-Cyr, ce 27 juillet 1686.
Je suis toujours ravie, madame, quand je reçois des marques de vos bontés pour moi; mais je vou-
1 . Tirée d'un recueil manuscrit de huit lettres qui a appartenu à la maison de Saint-Gyr. — On ne saurait douter de Taùttienticité de ces lettres, qui sont très-curieuses , surtout quand l'on songe qu'elles ont été écrites à la sœur de madame de Moutespan. — Marie^Madeleine Gabrielle de Rochechouart était née en 1645 et mourut en 1704. tt On ne pouyoit rassembler, dit madame de Caylus, dans la même personne plus de raison, plus d'esprit et plus de savoir : son savoir fut même un effet de sa raison. Reli* gieuse sans Tocalion, elle chercha un amusement convenable ù son état ; mais ni les aciences, ni la lecture ne lui firent rien perdre de ce qu'elle avoit de naturel. » Madame de FontevrauU, dans les derniers temps de la faveur de madame de Monlespan, venait quelquefois à la cour, et c'est là que l'avait connue madame de Maintenon. On verra, à la manière' dont eelle-ci lui écrit , que
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drois bien que vous ne me fissiez point de remercie* ments, quelque chose que je pusse faire. Jugez par-là» madame, si j'en dois attendre pour mes seules bobines intentions et sur la manière dont je reçois les choses qui me viennent par vous. Il est certain qu'il n'y a rien qui me soit plus précieux, et que les intérêts de madame de Mortemart et ceux de madame de Thianges me tiennent trop au cœur. Je n'ai jamais changé de sentiments pour vous; vous avez touché mon goût et rempli mon estime ; j'ai cru ne pas vous déplaire, et tout cela, madame, a subsisté dans tous les temps et subsistera toujours. Mais je vous demande en grâce de me traiter comme vous me traitiez et de m'estimer assez pour croire que ce que la fortune fait en ma faveur ne m'a point gâtée. Je souffre fort volontiers tout ce qu'elle m'attire des gens qui ne me connoissent point et dont l'opinion m'est assez indifférente; il n'en est pas de même de vous, madame, dont l'estime et Tapprobation m'ont été précieuses, et je serois au désespoir que vous me crussiez assez folle pour avoir oublié combien votre amitié m^bonore et avec quel respect je dois vous assurer que je la mérite par la manière dont je suis pour vous.
J'ai dit au roi, madame , les chagrins que ses maux vous donnent et la joie que vous sentez du retour de sa santé. Il paroît qu'il compte fort sur la sincérité de vos protestations et qu'il ; a entre vous
rabbflsse n'était point pour eUe une correapondaii^ ordinaire^ fitte gUsse surtout, arec une délieategse ii^ie , sur le Uêh^ «ii ettas se sont Yues et sur les ooeMioM qui les ont réuaieft.
A MADAME DE BRmON (1686], 39
et lui une intelligence particulière et fort indépendante*. Comptez, madame, qu'il se porte bien, qu'il est très-gai et que tous êtes mal avertie, si vos nouvelles portent qu'il s'ennuie. Que j'ai de pente à causer avec vous et que je le ferois de bon cœur et bien franchement !