A MADAME LA MARQUISE DE CAYLUS, A ESTERNAY
A Fontainebleta, ce 19 octobre 1687.
Je n'ose vous dire, madame, que je n'ai pas encore eu le loisir de répondre à la lettre que tous m'ayez fait l'honneur de m' écrire d'Esternay, car cela auroit Tair d'une personne bien empressée. Cependant je veux espérer que vous croirez que je l'aurois fait si je l'avois pu, et que vous ne me soupçonnerez pas de négligence pour vous. Il est vrai, madame, que j'ai fait souvenir le roi de ce qu'il avoit promis à madame la comtesse de Gaylus, et que cette somme sera payée cette année. M. votre fils aura un logement à notre retour^. Je ferois de plus grandes affaires pour eux s'il m'étoit possible, et je ne perdrai jamais d'occasions de leur marquer mon amitié.
Je n'ai point regardé le voyage de ma nièce avec madame de Beuvron comme une chose nécessaire ni à ses affaires ni à empocher. J'ai cru que c'étoit ne pas sortir de la famille que d'aller avec madame votre sœur, et qu'elle auroit un grand plaisir à voir mademoiselle de Genlis. Vous en avez jugé autrement et eu la bonté de craindre pour elle les maladies qui étoient en Normandie : cela est aussi bon de cette manière-là, et pourvu que