‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 118 sur 149 · Delà main de M™« de Marigny · texte numérisé non relu

Delà main de M™« de Marigny

m'ont dénoncé à l'Empereur comme fesant circuler mon discours qu'ils font eux-mêmes circuler; il a voulu m'exiler, m'emprisonner; enfin tout s'est réduit à un torrent d'injures, que tu as su, et qui finira tout. Le public s'est tellement prononcé pour moi dans cette occasion, il y a eu un tel cri d'indignation qu'on n'osera pas aller plus loin ; cela a triplé ma renommée. Il faut s'attendre à des pamphlets injurieux, à des citations de mon ancien ouvrage. Le Génie du Gh. répond à tout, et toute cette persécution si cuisante ne fait que m'honorer. Je suis revenu de la campagne sur une lettre de M. le Ministre de la Police qui me mandait et qui ne m'a rien dit du tout que des choses polies. Aujourd'hui je vois le Ministre de l'intérieur pour me plaindre et demander justice, j'aurai peut-être besoin d'aller jusqu'à Premesnil. Je ne pourrai te voir un instant, tant je suis accablé d'affaires. Demain je retournerai à Verneuil où j'ai laissé M^*' de Ghateaubriand. Je tâcherai de t'embrasser avant de partir. Tu as dû recevoir une lettre de moi où je t'apprenais le départ de ces MM. pour la

Bretagne. J'embrasse notre nièce.

Jeudi matin. ^

204^ H [septembre 1812].

Verneuil. Vendredi matin 11.

Je vous ai écrit un mot de Paris, chère sœur, me voilà à Verneuil où j'ai trouvé une longue lettre de vous. Vous n'avez pas besoin de justification. Groyez très sérieusement que mon attachement pour vous est à l'épreuve du temps, que rien ne peut l'affaiblir et que tout peut l'augmenter. Dans ma colère je vous aurai fait une grande querelle avec M<*® de B.férenger] ; pardonnezmoi tout cela et aimez-moi comme je vous aime. Je vous ai mandé dans mes deux lignes de Paris une chose que vous n'aurez pas

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