Affaires étrangères. — Angleterre
Je ne sais ce qui a pu vous blesser dans mon billet. Je n'aime point les explications différées. Si c'est vous blesser que d'être malheureux et à plaindre loin de vous, alors vous devez être trèsblessée.
Je n'ai plus rien à vous dire de ce pays. La première impression est faite, et comme elle m'est, je crois, favorable, je suis maintenant hors de danger. Je porte bonheur aux royalistes. Je ne puis m' empêcher de remarquer que leurs affaires s'arrangent partout où je vais et se dérangent partout où je ne suis pas. Gela ne tient nullement à mon mérite, mais à un sort qui semble s'attacher pour eux à ma personne. Et ce qu'il y a de très-malheureux pour moi, c'est que je ne les sers qu'aux dépens de la paix de ma vie; je suis à contre-sens de toutes mes habitudes et de tous mes goûts pour les servir.
Votre billet m'a rendu triste. Je vous quitte pour ne pas vous ennuyer de mes lamentations. *
696 ' iO mai 1822.
A la duchesse de Duras.
10 mai 1822.
Que puis-je répondre à voire extravagante lettre ! Ecoutez pour en finir.
Vous avez été, vous êtes et serez le premier attachement de ma vie, mon amitié a l'âge de la vôtre et elle vous survivra. Je ne connais personne au monde dont l'esprit et le cœur soient plus en harmonie que le vôtre avec tout ce que je sens et j'éprouve. Je donnerais tout au monde pour vous voiler la pure, l'exacte vérité; après cela voulez-vous que je repousse de la bienveillance pour moi ? Je ne le puis, il y a dans mon caractère avec quelque chose