‹ Correspondance générale (volume 2)Chapitre 37 sur 149 · Souvenirs... Hécamier, t. I, p · texte numérisé non relu

Souvenirs... Hécamier, t. I, p

^^SO 11 juin 1822.

A Madame Récamier.

Londres, ce 11 juin 1822.

Oublier Chantilly ? Ne vous en ai-je pas plusieurs fois parlé ; mais vous étiez dans vos grandes injustices. Oui, j'irai; mais tiendrez-vous [vos] promesses ? Si vous me trompiez alors, ce serait la dernière fois de votre vie. Ainsi c'est à vous à prononcer. Fixez le mois, le jour, l'heure ; je serai au rendez-vous.

Voici la grande affaire commencée. Je vous envoie copie de la lettre que j'écris à Mathieu. J'espère presque qu'il se rendra. 11 n'y a pas une objection raisonnable à faire ; et, certainement la lettre est d'un bon ami ; j'ai soigné les blessures de son amourpropre comme celles de son cœur. Vous pouvez maintenant lui dire tout franchement que je parais avoir un vif désir d'aller au Congrès, et vous conduirez cela avec votre prudence et votre empire accoutumé. ^ Jugez quel bonheur si nous réussissons, et comme cela arrange tout ! J'ai de l'espoir, car j'ai toujours réussi dans un plan suivi, et vous savez que j'ai toujours cru que pour accomplir nos destinées, il fallait passer d'abord par l'Angleterre et ensuite par le Congrès. Alors j'aurai devant moi la retraite la plus honorable ou le ministère le plus utile à la France. J'ai toujours pensé que je n'étais pas mûr pour les sots tant que je n'avais pas occupé une grande place hors du ministère. En montant par échelons, je suis bien plus sûr de rester au sommet. Déjà mon séjour de trois mois en Angleterre m'a fait politiquement un bien immense. A propos d'Angleterre, savez-vous que j'ai donné à dîner à Carie et à Plorace Vernet, et que ces deux enragés libéraux paraissent très-contents de moi ? J'ai aussi fait de mon mieux pour M. de Broglie ; il est maintenant à Paris. Votre M. de Staël nous est resté. Dites-moi

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