Fiche communiquée par M. Charavay
i3Si 22 janvier 1824.
Au prince de Polignac.
Paris, ce 22 janvier 1824.
Nous avons appris, Noble Prince, que le Roi d'Espagne a écrit au Roi d'Angleterre, que la lettre est arrivée en même temps que la demande en médiation, et qu'elle a fort blessé M. Canning. Pouvez-vous éclairer le fait? Est-il parvenu en Angleterre une lettre du roi d'Espagne ou tout autre document que nous ne connaissons pas, et dont M. Canning n'aurait pas été content ? Nous attendons avec grande impatience la nouvelle de la manière dont le cabinet anglais aura reçu la demande en médiation. Jusques-là nous différerons notre réponse au duc de San Carlos. Je voudrais bien régler l'affaire de votre premier secrétaire, mais voici nos embarras. Rien n'est décidé pour Vienne. Le maréchal n'ira pas, mais qui sera nommé à sa place? De cette nomination dépend le choix du secrétaire, selon l'ambassadeur. Ce sera ou Marcellus ou un autre. Je ne puis donc vous envoyer Marcellus. Mon projet définitif est de vous donner M. de Menou qui est aux Etats-Unis. Cela est tout juste ce que vous demandez, mais il faut le faire revenir; il faut faire partir M. Durand de Mareuil. Vous voyez que tout cela est long. Au reste, Marcellus était l'année dernière tout seul en Angleterre pendant la session du Parlement, et il a parfaitement suffi à la besogne. Vous ferez certes très bien ce qu'il a fait. C'est le cas de faire travailler vos attachés. Envoyez-moi la substance du discours du Roi par le télégraphe. Le courrier extraordinaire est inutile pour le discours entier.
Tout à vous, noble Prince.
Chateaubriand. ^