‹ Correspondance généraleChapitre 40 sur 181 · Archives de Broglie. — Paul Gautier op. cit., p · texte numérisé non relu

Archives de Broglie. — Paul Gautier op. cit., p

2. Fiche d'un catalogue Paul et Guillomin, communiquée parle vicomte Spœlberch de Lovenjoul.

dO 14 mars 1803.

Au libraire Dulau, à Londres.

Paris, 14 mars 1803.

Toute relative à Tédition du Génie du Christianisme. Il indique le prix des trois nouvelles éditions et parle de la traduction qui s'achève. *

Si Mars 1803.

A Bonaparte. -

Citoyen premier consul.

Vous avez bien voulu prendre sous votre protection cette édition du Génie du Christianisme ; c'est un nouveau témoignage de la faveur que vous accordez à l'auguste cause qui triomphe à l'abri de votre puissance. On ne peut s'empêcher de reconnaître dans vos destinées la main de cette Providence qui vous avait marqué de loin pour l'accomplissement de ses desseins prodigieux. Les peuples vous regardent; la France, agrandie par vos victoires, a placé en vous ses espérances, depuis que vous appuyez sur la religion les bases de l'Etat et de vos prospérités. Continuez à tendre une main secourable à trente millions de Chrétiens qui prient pour vous au pied des autels que vous leur avez rendus. Je suis avec un profond respect, etc.

1. Fiche d'un catalogue d'autographes (communication du vicomte Spœlberch de Lovenjoul) et Pailhès Chateaubriand.

2. Cette lettre est l'épître dédicatoire de la deuxième édition du Génie du Christianisme, publiée en avril 1803.

o'J [Mars-Avril 1803.]

A Madame de Custine. ^

Je serai chez vous demain à deux heures ; n'oubliez pas votre promesse pour lundi. Gomment haïrai-je l'avenir puisqu'il me ramènera près de vous ?

53 [Mars- Avril 1803.]

A Madame de Gustine.

Jugez de ma peine : je ne pourrai pas vous recevoir aujourd'hui. Ne serez vous pas trop fâchée de me voir chez vous à deux heures ? Je crains de vous importuner ; vous m'avez traité si mal, que je suis tenté de vous appeler madame. Lundi matin.

A Madame de Custine, rue Martel.

54 [Avril-Mai 1803.]

A Madame de Gustine.

Vous ne pouvez pas concevoir ce que je souffre depuis hier ; on voulait me faire partir aujourd'hui. J'ai obtenu, par faveur spéciale, qu'on m'accorderait au moins jusqu'à mercredi. Je suis, je vous assure, à moitié fou, et je crois que je finirai par donner

1. Les billets à M™® de Custine, que nous imprimons ici à la suite les uns des autres, ne portent point de date. Elle les a classés elle-même sousle chiffre 1803, et chacune de ces reliques est numérotée de sa main. C'est en mars, avril et mai 1803, avant le départ de Chateaubriand pour l'Italie, que l'on doit placer cette correspondance amoureuse. Elle a été publiée pour la première fois par M. Bardoux dans son ouvrage sur M™^ de Gustine (Calmann-Lévy).

ma démission. L'idée de vous quitter me tue. Je ne pourrai, pour comble de malheur, vous voir avant deux heures, cet aprèsmidi.

Au nom du ciel, ne partez pas ! Que je vous voie au moins encore une fois ! Étes-vous malade ?

Samedi matin.

A Madame de Custine, rue Martel.

o5 [Avril-Mai 1803.]

* A Madame de Gustine.

Si vous saviez comme je suis heureux et malheureux depuis hier, vous auriez pitié de moi. 11 est cinq heures du matin. Je suis seul dans ma cellule. Ma fenêtre est ouverte sur les jardins qui sont si frais, et je vois For d'un beau soleil levant qui s'annonce au dessus du quartier que vous habitez. Je pense que je ne vous verrai pas aujourd'hui et je suis bien triste. Tout cela ressemble à un roman; mais les romans n'ont-ils pas leurs charmes ? Et toute la vie n'est-elle pas un triste roman ? Ecrivez-moi, que je voie au moins quelque chose qui vienne de vous ! Adieu, adieu jusqu'à demain !

Rien de nouveau sur le maudit voyage.

Dimanche matin.

A Madame de Custine^ rue Martel.

:,6 [Avril-Mai 1803.]

A Madame de Gustine.

Je ne vis plus que dans l'espérance de vous revoir. De grâce, un mot, un seul mot, pour m'aider à passer la journée! J'ai erré Correspondance dt Chateaubriand. T. I. G

hier le reste de l'après midi dans toutes les rues de Paris sans savoir où j'allais. Ah ! promettez-moi le château d'Henri IV! * Promettez-moi de venir k Rome !

11 n'y a rien de déterminé pour le jour du départ. A demain !

A Madame de Custine.

57 [Avril-Mai 1803.]

A M'"« de Custine.

Encore un jour sans vous voir ! Vous allez le passer bien tranquillement. Vous allez peindre, caresser Trim et oublier qu'il y a dans le monde des personnes qui vous aiment. Comment êtesvous ce matin ? Ma cellule est bien triste : un vilain soleil sous le nuage, une bise froide, une chambre dépouillée de ses meubles et qui annonce déjà l'absence ! Il y a quelque temps, tout cela m'aurait été indifférent. Mais une sainte apparition qui ni' a visité dans ma demeure m'a rendu l'éloig-nement insupportable. Songez, je vous en prie, à ce château d'Henri IV, cela peut me consoler. Demain, je serai à onze heures chez vous. 11 n'y a rien de nouveau pour le départ.

Mille joies et plaisirs.

58 [Avril-Mai 1803.]

A M™*' de Custine.

Je me rendais chez vous. Je reçois l'ordre dépasser chez M. de Talleyrand. Il faut obéir. Je serai chez vous, j'espère, à une

1. Fervaques, qui appartenait à M™<^ de Custine. Voir, sur Fervaques, les Mémoires d'Outre-Tombe.

heure ou plutôt à deux. Vous ne sauriez croire combien je suis malheureux de ne pas vous voir ce matin ! Mille souhaits de bonheur.

A Madame de Custine, rue Martel^ première porte cochère à gauche en entrant par le bas de la rue.

59 [Avril-Mai 1803.]

A M'»*' de Custine.

A minuit, on m'a apporté l'ordre de me rendre à Saint-Gloud ce matin. J'étais si heureux de l'espérance de vous voir aujourd'hui ! Demain, à onze heures, voudrez-vous me recevoir et me donner à déjeuner? Une chose cependant me donne bien de la joie : l'époque de notre départ semble devenir chaque jour plus incertaine. Aimez-moi au moins comme M. B... ^

Un petit mot de réponse.

Dimanche, sept heures du matin.

(10 [Avril-Mai 1803.]

A Madame de Custine.

Demain, je serai chez vous à onze heures; mais je suis dans une grande inquiétude, j'attends une lettre du terrible cardinal. - Que contiendra-t-elle?

A demain. Je vous écris au milieu de deux hommes qui me persécutent et ne me laissent pas un moment pour songer à ce que je vous dis.

A demain.

A Madame de Custine.

1. D'après M. Bardoux il s'agirait de Berstœcher, précepteur d'Astolphe, fils de M™" de Custine.

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