‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 152 sur 420 · Autographe du cabinet de M. de Cambacérès · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de M. de Cambacérès

180 CORRESPONDANCE GÉNÉHALF

pour le mal que pour le bien, et cela vient de ce qu.^ les intentions ne sont pas droites; peut-être aas^j n'est-ce que faute de lumière. Il fil de grandes do* léances au roi de n'être pas sous les évoques. Il surprend sa bonté par de tels discours; et ma malice répondit en face, que ne pouvant être sous eux, î/ ne faudroit pas se déclarer leur ennemi. Le second ordre donné au père Poisson ne me paroît guère mei^ leur que le premier.

M. de Meaux m'a envoyé des nouvelles de Rome qui font trembler pour M. de Cambrai; mais il faut aimer l'intérêt de l'Église plus que le sien. M. ^a^ chevêque de Sens m'a dit ce matin qu'on devroit pour prévenir le jugement du pape, choisir desévêques qui jugeroient si M. de Cambrai a droit d'abandonner ou seulement d'expliquer son livre. Je n'ai rien répondu à cette proposition.

Est-il vrai que M. et madame de Noailles vonl plaider contre madame de Coetquen? Cela seroit désagréable.

Eh bien! monseigneur, nous avons la paix*. Nous avons bien des actions de grâces à rendre et des prières à recommencer pour que nous fassions de cetle paix l'usage que nous en devons faire.

1 . La paix de Ryswick fut signée le 20 septembre. « Le roi, dit Dangeau, donne la paix à l'Europe aux conditions qu'il a voulu lui imposer; il étoit le maître et tous les ennemis en conviennent, et ne sauroient s'empocher de louer et d'admirer ëa modération. »

«AHUE DE MONTESPAN A M. PELLETIER (1697). |g(

LETTRE CDLXXVIII

NOTE PRÉLIMINAIRE

Les lettres de madame de Montespan étant assez rares, j'en place une ici qui est fort bien faite et se rapporte à une circoDstance assez importante , encore bien qu'il n'y soit point question de madame de Maintenon. Elle est inédite et m'a été communiquée par M. le marquis de R..., Tun des descendants de Pelletier, ministre d'État et contrôleur général des finances après Golbert :

« M. Pelletier, le ministre, dit Dangeau (18 septembre 1697), obtint du roi la permission de se retirer et quitta tous ses emplois et voulut ne se réserver aucune pension, mais Sa Majesté l'a forcé de prendre une pension de 20,000 francs. Le roi avoit beaucoup de confiance en lui et l'aimoit... C'est la seule dévotion qui lui a fait prendre ce parti-là. » — Saint- Simon ajoute que « c'était un homme de sens, mais d'esprit médiocre, timide et peu travailleur, d'une grande justice, d'un grand désintéressement... t

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