SUR LA CONVERSION DBS HUGUENOTS
manquablement le cdté de la sagesse et de la justice. Il paroît bien visiblement, Sire, que Dieu vous a voulu donner une aide semblable à vous, au milieu de cette troupe d'hommes intéressés et trompeurs qui vous font la cour, en vous accordant une femme qui ressemble à la femme forte de TÉcriture, occupée de la gloire et du salut de son époux et de toutes sorlesde bonnes œuvres. Il me paroît, Sire, que Dieu est avec elle en tout ce qu elle fait et qu'elle l'aime préférablement à tout.
Voilà le compte que j'ai à rendre à Votre Majesté de la précieuse brebis qui m'est confiée : si je suis trop hardi ou trop ennuyeux, je supplie très-humblement Votre Majesté de le pardonner à mon zèle.
On ne peut être avec plus de reconnoissance, de fidélité, d'amour, de respect que moi, etc.
Paul, évêque de Chartres.
CDXC
NOTE PRÉLIMINAIRE
« Sur les fins de la guerre de 1688, dit Languet de Gergy, quelqu'un*, profitant du désir que le roi avoit de donner la paix à son peuple et à l'Europe, lui suggéra, comme un moyen de la faciliter, de faire rentrer les protestants dans le royaume sous de certaines conditions ; et, sous le prétexte des avantages que le roi en retireroit, il donna un mémoire
1. On croit que ce quelqu'un était Vauban. Les ailiers, dans les négociations de Ryswick, voulurent imposer comme condition à Louis XIV la rentrée des protestants. « \\ n'a jamais voulu, dit Dangeau, rien entendre là-dessus. »
198 CORRESPONDANCE OÉNÉRAIA.
à cel effet. Madame de Maintenon, k qui apparemnMnl i^
roi communiqua ce projet, sentit son zèle ému à une proposition qui lui parut contraire au vrai bien de TËglise et de l'État. Quelque éloignée qu'elle voulût être de se môler des affaires, elle crut devoir s'intéresser à celle-ci à cause de ses conséquences pour la religion, à laquelle elle ëtoit prête de tout sacrifier, jusqu'à sa modestie môme; elle réfuta fa) mémoire par celui que l'on garde encore tout entier de sa main et que je vais transcrire ^ »
A UN MÉMOIRE TOUCHANT lA MANIÈRE LA PLUS GONYBNABUS DE TRAVAILLER A LA CONVERSION DES HUGUENOTS*.
Si les choses étoient aujourd'hui au môme état que lors de Tédit qui révoqua celui de Nantes, je serols d'avis, sans balancer, qu'il faudroit s'en tenir à cette révocation, se contenter d'abolir l'exercice