LETTRE II
A M. LE CARDINAL DE BOUILLON
3 février 1698.
J*ai reçu, monseigneur, trois lettres de vous sans y répondre, ne voulant point traiter la matière présente^. Il vaut mieux vous le dire simplement que de chercher de fausses excuses. Du reste, monseigneur, je suis trôs-persuadée que votre esprit est grand, que votre cœur est bon, et que vous ferez dans chaque occasion tout ce qu'il y aura à faire de mieux. Je ne mérite pas, monseigneur, les louanges que vous me donnez, mais je ne suis point indigne de la bonté dont Votre Éminence m'honore, étant bien sincère-
1 • Cette fille aînée du maréchal de Noailles « a^oU infiniment d'esprit, du souple, du complaisant, de l'amusant, du bouffon même, mais lout cela sans se prodiguer, du sérieux, du solide» raffolée de M. de Cambrai, de madame Guyon, de leur doctrine et de toul le petit troupeau. » (Saint-Simon, t. Vlil, p. 52.)