LETTRE XII
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS*
Le 3 avril 1698.
Leà pensions étaient dans le projet de notre mariage ^, comme le reste, mais comme elles ne dévoient point entrer dans le contrat, on n'en avoit point parlé. Nos jeunes gens jouiront de quatre-vingt mille livres de rentes : Dieu veuille qu'ils en fassent un bon usage ! Souveiiez-vous, monseigneur, de la part que vous avez à mon choix, et mêlez-vous de donner vos conseils pour que les pauvres et les bonnes œuvres aient quelque part à la dépense.
Je suis ravie de vous voir content de ma nièce, que je vous conjure de nommer toujours la vôtre. Elle est véritablement modeste ; elle craint Dieu^ elle respecte ses ministres. Je vous charge, moùseigneur, d'empêcher qu'on ne la gâte par trop de caresses, par trop d'ajustement, par trop de plaisirs,