‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 208 sur 420 · IV · texte numérisé non relu

IV

24â CORBBSPONDANGÊ GÊNÉBALB.

à me sequii?strer du mondé autant que je l'ai fait. Je vottdrois bien tous distingue!: là-dessus comine en tout; et il me semble qu'il est três-convellâble que je sois et paroisse unie avec vous. Mais comptez, monseigneur, que vous ne me Verrez plus que chez moi, si vous ne me traitez point familièrement. Sur quel pied pouvez-vous me faire des cérémonies, comme de me venir recevoir aii bas du degré, et de m'accompagner à mon carrosse avec tout ce qui est chez vous? Est-ce 'que vous êtes aussi adorateur de la faveur • ? on est-ce que vous m'en croyez enivrée, et que je trouverois mauvais que vous me traitassiez comme vous traiteriez une femme ordinaire ? Encore devrois-je présentement, par l'honneur que j'ai de votre alliance, prétendre à une entière familiarité. C'est bien sérieusement que je vous parle , monseigneur, et que vous me blessez le cœur et m'ôtez la joie de vous voir, si vous continuez*.

Je ferai voir au roi les nouvelles de Rome; elles ne l'ennuieront pas.

M. de Pontchartrain proposa hier au roi de jeter par terre tous les bâtiments de cette place de l'hôtel Vendôme et d'en rebâtir une autre dont Mansard donneroit le dessin. Le roi répondit que M. de Louvois Ta fait faire presque malgré lui ; que tous c^s

1. Ceci démontre que M. de Noailles était dans le secret da mariage. Aussi La Beaumelle, craignant que la plirase ne soit pas assez claire, ajoute et invente : « Voulez-vous trahir mon secret? »

3. il paraît que Tarchevèque avait pour madame de Maintenon les mêmes craintes et les mêmes respects que le pauvre abbé Gobelin. l\ fut rabroué de la même façon. On peut comparer cette lettre-ci à celle du 27 JuUlet 1686. (T. Ilf, p. 30.)

A M. L'ARG0EyÈou£; ps MHIS (1698). 343

messieurs les ministres veulent faire quelque chose gui leur fît honneur à lavenir; qu'ils avoient trouvé le moyen de le donijer au public comme aimant toutes ces vanités-là; que j'élois témoin des chagrins que M. de Louvois et la Feuillade lui avoient donnés là-dessus; qu'il n'y retomberoit plus, et qu'il ne vouloit plus qu'on lui proposât rien d'approchaint ^ Je vous avoue, monseigneur, que je le louai de cette réponse.

J'ai vu M. de Meaux et entendu de sa bouche qu'il ne veut plus écrire.

Voici , monseigneur, le dernier article de ma lettre, et celui-ci qui me tient le plus au cœur. On m'assure de tous côtés que vous entreprenez un travail insoutenable, et que vous entrez dans trop de détails. Au nom de Dieu, croyez vos véritables amis, et conservez-vous pour ce que vous seul pouvez faire. Faites-vous soulager, et ne passez point de jour sans vous relâcher tout à fait. Je vous en conjure par la mémoire d'une personne ^ qui obtiendroit quelque chose si elle étoit vivante, et qui est plus heureuse que nous ^.

1 . La Beaumelle altère toute cette curieuse réponse et ajoute : (I Que mon peuple soit bien nourri, je serai toujours assez bien logé. • ,

Page 1