‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 275 sur 420 · LETTRE LXIX · texte numérisé non relu

LETTRE LXIX

A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS «

2C décembre 1699.

La quête d'hier n'étant pas destinée, je l'ai demandée à madame la duchesse de Bourgogne pour Cotre pauvre enfant. Je ne crois pas qu'on en puisse faire un meilleur usage. Recommandez-lui, monseigneur, les pauvres des villages qui sont encore plus à plaindre que ceux des villes. Je vous prie quand vous viendrez ici de remercier madame la duchesse de Bourgogne : il faut tâcher de lui faire aimer les bonnes œuvres en flattant son amour-propre. Je prie Dieu de vous conserver, et que la nuit de Noël, en fortifiant votre âme, n'ait pas affoibli votre santé.

La quête est de cent quatre louis ; faites-les tenir, s'il vous plaît, et si vous les avez; je vous les rendrai à votre premier voyage ici.

NOTE PRÉLIMINAIRE

Cette année renferme trente-six lettres de madame de Maintenon; sur ces trente-six lettres, vingt-quatre sont adressées à l'archevêque de Paris, qui devient cette année cardinal. Elles sont, comme celles des années précédentes, remplies d'affaires relatives aux questions ecclésiastiques, et ne présentent de l'intérêt que par rapport au roi, qui résiste, par indifférence ou par raison, à l'étreinte minutieusement

]. Autographe du cabinet de M. le duc de Cambacérès.

dévote de madame de Maintenon. Celle-ci, comme de coutume, est animée des plus louables intentions ; elle excite le roi au bien, à la paix, au soulagement du peuple, mais souvent elle l'obsède de détails fastidieux et, comme le dit une gazette hollandaise, « d'affaires de sacristie. »

Dans les derniers mois de cette année, la correspondance de cette dame change de nature, et prend un grand intérêt. Nous sommes arrivés à la dernière partie du règne de Louis XIV, à la plus grave, à celle de la guerre de la succession d'Espagne; alors commencent les lettres au duc de Noailles, au duc d*Harcourt, qui seront bientôt suites de celles à la princesse des Ursins.

On trouve pour cette année dans les Lettres htsioriqm et édifiantes, t. II, quatorze lettres aux Dames de Saint-Cyr, dont huit à madame de Glapîon, une à madame de Berval, une à madame du Pérou, quatre à diverses personnes.

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