Voir la note 4 de la p
2. La Deaumelle met ici : « Car nous autres pécheurs délicati, il faut nous annoncer l'Ëvangile avec des paroles de miel. »
3. La iJeaumelIe ajoute : « Sans gâter par votre complaisance votre mandement. »
A M. L*AECHEY£QUE DE PARIS (1700). 315
On ne m'a pas dit un mot de ce qui regarde l'érection de Tévêché de Blois.
Monsieur dit au roi, il y a quelques jours, que vous aviez permis de remettre le jubilé au temps de Pâques, et qu'il ne le feroil qu'en ce temps-là. Le roi répondit qu'il espéroit faire le sien dès la première semaine. Monsieur se récria sur la différence des confesseurs , disant qu'autrefois les siens vouloient qu'il communiât tous les mois, quoiqu'il fût bien plus méchant qu'il ne l'est aujourd'hui, et que celui-ci l'empéchoit de communier*. J'interrompis la narration du roi pour lui dire que c'étoit là ce qui causoit le déchaînement contre les jésuites, de voir qu'ils font approcher des sacrements en quel état qu'on soit. Le roi continua à dire que Monsieur lui avoit conlé qu'au commencement de la conversion de madame la duchesse de Venladour, elle ne communioit que deux fois Tan, ensuite tous les trois mois, et puis tous les mois, et que présentement c'étoit tous les quinze jours. Je louai la conduite du père de La Bourdonnaye. Le roi continua, et me dit que Monsieur ne trouvoit rien de si scandaleux que de voir des gens communier sans se confesser; que M. de Beauvilliers communioit trois fois par semaine, sans qu'on le vît se confesser. Le roi répondit que tous les gens de bien en usoient ainsi, et me cita dans ce nombre. Vous voyez, monseigneur, qu'il s'accoutume ; autrefois il étoit aussi scandalisé que Monsieur.
1 . Le père de La Bourdonnaye, Jésuite. (Voir plusiiaut, p. 2 7 G.)
Je crains bien de ne pouvoir entretenir le pérc de La Chaise avant le jubilé. Nous devons reiouraer à Marly la semaine qui vient. Je ne perdrai pas un moment à Ten envoyer prier.
Je demande de tout mon cœur à Dieu que yods ne vous rebutiez pas, et que vous parliez en pasleur dans toutes les occasions ^
On s'y accoutumera , monseigneur. Le fonds esl plein de religion; mais l'ignorance est extrême, el le cœur n'est pas encore touché.
Ne croyez pas toujours M. le curé de Versailles: il est rempli de droites intentions, mais il ne connoît pas ce pays-ci et voudroit des choses impossibles.
Le roi est sûrement mieux instruit que les autres, et surlout des gens comme M. de Meyercron^.