‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 293 sur 420 · A MAÛAME LA DUCHESSE DE VENTADOUR · texte numérisé non relu

A MAÛAME LA DUCHESSE DE VENTADOUR

18 mars 1700.

Comptez , ma chère duchesse , qu'il n'y aura jamais de paix pour ceux qui résistent à Dieu. S'il y a quelque joie au monde, elle est réservée à la conscience pure : la mauvaise conscience trouve uu enfer dans le lieu des plaisirs. Que la paix qui vient de Dieu est différente des fausses joies du siècle! elle calme les passions; elle nourrit la pureté des mœurs; elle est inséparable de la justice; elle unit au plus grand et au plus aimable des êtres; elle fortifie contre les tentations.

Mais comment acquérir cette paix? par une bonne confession générale , suivie de Tusage fréquent des sacrements et d une véritable aversion pour le mal. Dans cet étal de piété, on a souvent des troubles; mais Dieu ne nous fait sentir notre foiblesse que pour nous redonner de nouvelles forces, que nous tirons de la connoissance de cette foiblesse même. L'essentiel est de ne jamais agir contre la lumière

1. La Bcauinclle ajoute : « Rendez à la cour ses plaisirs, et vous en serez adoré ; mais apparommenl vous vous sufllsez. »

Page 1