LETTRE LXXXIII
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS «
A Saiat-Cyr, vendredi saint, 9 arril 1700.
Je me sens pressée » monseigneur» de vous supplier encore de faire ce qui vous sera possible pour obtenir le sacrifice entier de la petite Charlotte. Elle sera nourrie dans le vice, et joindra l'exemple et rhabitude à ses inclinations naturelles. Si elle étoit belle, combien de maux feroit-ellcî Obtenez qu'on me la donne , monseigneur, c'est le seul moyen de la dérober à la connoissance de sa mère et de son prétendu père. Les bonnes gens ne pourront la refuser quelquefois à mon frère , et ce sera un prétexte de se rejoindre à cette femme qui reviendra bientôt. J'enverrai cette petite fille dans un couvent de campagne. J'en aurai soin tant que j'y serai, et j'en chargerai ma nièce après ma mort. M. d'Aubigné m'a déjà fait de pareils présents dont il m'a laissé tout le soin, et peut-être s'y porterat-il plus volontiers pour n'en pas faire la dépense. En ce cas-là, il n'y a qu'à me l'envoyer tout droit à Versailles ou à Saint-Gyr, ou de m'avertir de l'en-
1. Autographe du cabinel de M. de Cambacérès. — Celte lettre n'a pas besoin de commcnlaire, La petite Charlotte est une enfant attribuée à M. d'Aubigné. Nous allons voir dans la lettre suivante quelle était la mère.