‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 323 sur 420 · C'était la sœur cadette de la duchesse de Bourgogne · texte numérisé non relu

C'était la sœur cadette de la duchesse de Bourgogne

A M. LE DUC d'harcourt (1700). 351

ai bien dit tout ce que vous valez, et que vous le Conseillerez par rapport à ses propres intérêts ; il me paroît touché de la droiture et de la probité. Le Toi lui a dit de prendre une entière confiance en vous. M. le comte d'Ayen le suivra en Espagne ; il prétend être fort bien avec vous. Je vous conjure, monsieur le duc, d'y ajouter encore quelque chose pour l'amour de moi ; je l'aime tendrement et beaucoup plus par son mérite que par son mariage avec ma nièce. Il est capable de sérieux, quoique jeune €t gai ; je vous prie de le conduire en tout et partout, et de le faire valoir en Espagne et^n France. Le chevalier de La Vrillière a eu permission de faire le voyage, parce qu'on a répondu au roi de sa sagesse. Vous savez, je crois, que son frère a épousé mademoiselle de Mailly^; ce qui m'oblige, monsieur, à vous demander que ce jeune homme sente 6t sache que je vous l'ai recommandé.

Rien n'approche de la droiture des maximes que le roi a prêchées en toute occasion à son pelit-flls, comme d'être bon Espagnol, de les aimer, de renvoyer les François à la première faute qu'ils feroient, de ne les jamais soutenir contre ses sujets , de s'appliquer aux affaires, de ne faire qu'écouter dès les premières années, d'aimer les gens de mérite, de distinguer les gens de qualité, étc^. Votre vertu romaine goûtera de telles leçons.

1 . C'était la ûUe de Minette j nièce, comme madame de CayluB, <le madame de Maintenon.

2. Voir ces instructions dans les Mémoires de Noailles^ par Tabbé Millet, t. II, p. 4 et suiv.

Madame la duchesse d'Harcourt n'est pas plus empressée assise qu'elle Tétoit debout ' ; elle ne s'empressa pas même pour s'aller asseoir, ne toulant rien faire que de concert avec moi ; je sais à qui je dois cette conGance, et je vous assure, monsieur le duc, que vous avez raison , car je défie lont ce qui vous aime et Vous estime d'aller plus loin que moi. Vous aurez élé bien aise de voir M. Cbamillart dans le conseil^. Vous aurez été fâché de ce que M. de Barbezieux n'y est pas encore ; je pense sur tout cela comme vous, mais il ne faut qu'un peu de patiencei^ Obligez le roi d'Espagne à écrire assez souvent au roi ; ce soin lui fera plaisir, et leur union est désirable. Adieu. Ma lettre n'est-elle pas trop longue pour un homme qui n'a pas de temps de reste ?

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