‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 348 sur 420 · Autographe du cabinet de M. de Cambacérès · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de M. de Cambacérès

A M. LE COMTE d'aYEN (1701). 385

absents que j'aime ! Je vous regrette plus que jamais, car j'ai plus de temps pour vous entretenir. Je crois vous avoir mandé que je suis brouillée avec la plupart des dames du palais; les sérieuses ne sont point ici, les autres ignorent mes disgrâces, de manière que je suis assez seule, et comme je n'aurois pas avec vous la gloire de cacher mon état, nous aurions quelques conversations aussi agréables que celles que je perds. Je crains que tout ne soit raccommodé avant votre retour.

Je m'ennuie aussi de ne pas savoir tout ce que fait le roi d'Espagne, et je m'attends à une longue relation. Il doit être content du soin qu'on prend ici de ses affaires; elles doublent les conseils, et le roi n'en est point fâché. Si après tout cela nous n'avions point la guerre, nous pourrions peut-être nous promener le matin. Nous nous en allons à Meudon, et s'il faut faire le jubilé à Paris, nous passerons quinze jours à Meudon, d'où l'on ira faire ses stations. Votre musique est en faveur présentement. Le duc de Bourgogne veut aller à la guerre, et le roi y consent \ Le prince d'Orange ne se porte pas bien, et je veux prouver qu'on peut en conscience désirer sa mort; j'y ajoute sa conversion; ainsi il ne doit pas s'en plaindre. Je vous embrasse, mon cher neveu. Mille amitiés à M. le duc d'Harcourt; c'est par discrétion que. je ne lui écris pas.

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