Autographe du BrUi$b Muséum
2. M. le duc d'Harcourt était en réalité le principal ministre de Philippe V.
que ce soit madame de Bracciano qui vous mène la princesse de Savoie * ; c'est une femme qui a de l'esprit, de la douceur, de la politesse, de la connoissance des étrangers, qui a toujours représenté et s'est fait aimer partout; elle est grande d'Espagne, elle est sans mari, sans enfants, et ainsi sans prétentions embarrassantes. Je vous dis tout ceci sans dessein ni intérêt particulier, mais simplement parce que je la crois plus propre à ce que vous désirez qu'aucune femme que nous ayons ici.
M. le comte de Sézanne s'est très-bien acquitté de vos commissions, et ne parle pas en jeune homme; il a des audiences favorables. J'attends le comte d'Ayen^ qui me dira de vos nouvelles; mais tout ce que vous me mandez est une peinture si vive de votre état et de celui des autres, que je crois vous voir et ne vous envie point. Je suis très- occupée de vous, et si je pouvois ce que je désire, vous seriez aussi content que vous pouvez l'être. Le roi d'Espagne m'avoit ordonné de lui écrire souvent et franchement sur sa conduite ; mais je ne puis croire que des avis de si loin fussent utiles, et je hais bien ce qui n*est bon à rien. Je suis, monsieur le duc, votre très-humble et très-obéissante servante.
1 . Le roi avait fait un traité avec le duc de Savoie par leqnel il était déclaré généralissime des troupes françaises et espagnoles en Italie, et s'engageait à joindre à ces troupes 10,000 hommes des siennes. De plus, sa seconde fille devait épouser le roi d'Espagne. Cette princesse n'avait que treize ans. On cherchait quelque grande dame qui pût non-seulement l'amener d'Italie en Espagne, mais lui servir de guide et de conseil. Madame de Maintenon avait pensé à la duchesse de Bracciano ou princesse des Ursins.
A MADAME L'ABBESSE DE FONTEVRAULT (4701). 425