Autographe du cabinet de M. le duc de Cambacérès
2. Depuis que Bossuet et M. de Noailles avaient publié leurs ordonnances contre le quiétisme, madame Gu)fon s*était retirée à Meaux, dans le couvent de la Visitation, et elle y avait signé un acte de soumission par lequel elle s'engageait à ne plus écrire» ni dogmatiser, ni se mêler de la conduite des âmes, u Puis elle demanda à aller aux eaux, et Bossuet l'ayant accordé, elle s'en alla à Paris et s'y cacha dans une maison du faubourg Saint-Antoine, où elle n'étoit visible que pour ses intimes qui s'autorisoient de sa soumission pour continuer à prendre dans ses avis spirituels une entière conflance. Le roi fut averti de cette supercherie par Bossuet, et jugea qu'il ne falloit pas laisser en liberté une femme si dangereuse : il donna ordre de l'arrêter. » {Mémoires de Languet de Gergyj p. 38.) « Ce fut un coup de foudre, dit Saint-Simon, pour M. de Cambrai, pour ses amis et pour le petit troupeau qui ne s'en réunit que davantage. » {Mémoires^ t. l, p. 129.)
LETTRE CCCLXVII
Ce 12 décembre lb95.
C'est avec plaisir, madame, que je vous assure de la joie que j'ai eue quand j*ai su que vous étiez hors de danger. Tout Saint-Gyr a fait son devoir en celle occasion soit pour demander voire vie, soit pour remercier quand on Ta crue en sûreté. Le roi se porte irès-bien, et je ne me porte pas trop mal. Noire prince de Dombes vient bien, et madame sa mère s'est tirée avec vigueur de cette grande affaire'^.
Il est vrai que je n'aurois pas cru que cette grande princesse d'Hanovre fit lant de bruit, mais j'ai été fort aise de son établissement^, conservant beaucoup de zèle et de respect pour madame sa mère. J'espère beaucoup sur le mariage de mademoiselle de Chateaubriand^ : elle a inspiré une grande passion à un homme que j'ai vu naître, et qui n'en est pas plus jeune pour cela*, car je suisbien vieille, mais grâce à Dieu, j'en suis très-conlente. Adieu, madame, réjouissez-vous, et ne vous laissez pas gagner par les vapeurs, et croyez-moi à vous pour toujours. Mes compliments, je vous prie, à madame Fagon^ je remercierai de votre part M, son neveu.