‹ Correspondance générale publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscritsChapitre 415 sur 420 · LETTRE CLX · texte numérisé non relu

LETTRE CLX

A M. LE CARDINAL DE NOAILLES K

tl décembre 1701.

Je VOUS supplie, monseigneur, de voir le mémoire que je vous envoie ; il est d'un homme que je considère infiniment et auquel je ne voudrois rien refuser. Mais vous savez, monseigneur, que je ne puis rien en cette occasion. Je voudrois de tout mon cœur que mon frère voulût donner de l'argent pour soutenir un établissement qui méritoit de trouver plus de protection. Les temps ne sont pas favorables pour demander au roi]; et quant à ce qui me regarde, je vous assure que ce sera le comte d'Ayen qui payera les deux mille écus que je donnai pour cette œuvre il y a quelque temps ; car je l'empruntai sur la terre de Maintenon, n'étant jamais en état de donner de pareilles sommes. Mes aumônes sont réglées sur ce que je touche d'argent; et je ne sais personne à qui il en coûtât davantage d'en faire d'extraordinaires. Je n'ai aucun crédit sur l'esprit de mon frère ; je ne sais si, dans le fond, il seroit fâché que la communauté le quittât. Quoi qu'il en puisse arriver, il devroit se réduire pour pouvoir donner davantage. Il a trop de domestiques pour la vie qu'il fait présentement, mais c'est à ces messieurs à le persuader. Je suis bien édifiée et bien honteuse de ce que M. de Madot fait pour lui. Il faudra bien tâcher de tirer

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