Autographe du cabinet de M. le duc de Cambacérès. lY
98 COKRESPONDANCE GÉNÉRALE.
Demandez'lui, monseignear, de me donner celle qu'il me faut pour porter les plaisirs de la cour. Il y a huit jours que je suis sans relâche, il y en a presque autant que je succombe à la tristesse de n'entendre rien dire de raisonnable. Le chapitre des pois dure toujours, Timpatience "d'en manger, le plaisir d'en avoir mangé, et la joie d'en manger encore sont les trois points que j'entends traiter depuis quatre jours. Il y a des dames qui, après avoir soupe avec le roi, et bien soupe, trouvent des pois chez elles pour manger avant de se coucher ^ Vous avez d'étranges brebis, monseigneur. Pardonnez cet épanchemenl 4e mon chagrin et faites-en part si vous le voulez à l'évêque de Saint-Gyr.
Le roi a à la joue un érésipèle qui n'est rien ; il sera saigné lundi, se reposera mardi , sera purgé mercredi, et ira jeudi à Trianon. Voilà son projet. Je serai, je crois, lundi à Saint-Cyr où j'attends M. de Chartres, et MM. Brisacier et Tiberge ; mais monseigneur, vous serez toujours le bienvenu.
LETTRE CDXII
A M. DE HARLAY «
28 mai 1696.
Ce n'est pas pour vous demander justice pour les Carmélites du faubourg Saint-Germain que j'ai l'hon-
1. La Beaumelle ajoute : u C'est une mode, une fureur, et run suit l'autre. »