Autographe du cabinet de M. de (^auibacérÎM
pouvoit fort bien céder la première place dans son diocèse. Je reçus en même temps une lettre de lui qui me mandoit qu'il étoit prêt à être le troisième. Jusque-là je n'avois rien dit au roi, mais voyant tout le monde d'accord, je lui dis que j'avois prié M. de Cambrai de se faire sacrer à Saint- Cyr, et que nous avions choisi M. de Meaux, M. de Ghâlons et M. de Chartres. Le roi répondit que ce seroit donc M. de Chartres qui présideroit à la cérémonie. Je dis que non, que vous aviez dit d'abord que c'étoit à l'évêque diocésain à présider, mais qu'on avoit consulté et trouvé que M. de Chartres pouvoit céder sans rien faire contre les règles. Je vis bien que le roi n'étoit pas persuadé, mais je crus qu'il n'y avoit qu'à en demeurer là. Dès le lendemain, le roi me dit qu'il avoit parlé à M. l'évêque de Soissons qui soutenoit que ce que M. de Chartres vouloit faire n'éloit pas raisonnable. J'écoutai sans répondre. On alla à Liancourt et le roi en parla à M. de Rheims qui décida encore plus fortement. Je ne me pressai point de mander tout cela à M. de Cambrai et encore moins à M. de Chartres croyant que rien ne pressoit. J'arrivai ici; je vis M. de Cambrai qui savoil déjà, je crois, par M. de Beauvilliers, ce qui s'étoit passé, et qui étoit embarrassé par égard pour M. de Meaux. Il m'envoya quelques jours après une lettre de M. de Chartres, qui lui mandoit qu'il ne changeroit point d'avis; qu'il croyoil qu'on lui feroittort de prétendre de le précéder dans son diocèse; mais qu'il croit aussi pouvoir céder sa chaire pour la parole, ses fonctions pour les sacrements, et la préséance dans
A tf. h'ÈràOÇE DE CHALONS (4695). 9
I église à des prélats beaucoup plus anciens que lui dans Tépiscopat, et si au-dessus par leur mérite; qu il ne voyoit pas que Jésus-Christ ni TÉglise eussent rien réglé de contraire et qu'il demeuroit ferme dans son sentiment. Je montrai cette lettre au roi à qui je demandai conseil. Il me répondit qu il ne seroit ja* mais d'avis que M. de Chartres commençât une chose qui déchaîneroit les évéques contre lui. Voilà , monsieur, comment cette affaire s'est passée. J'en rendis compte à M. de Cambrai qui me manda hier au soir qu'il vous avoit écrit à vous et à M. de Meaux ce changement. Je voulois que pour avoir les trois évéques choisis, on fît le sacre à Versailles; mais M. de Cambrai a des raisons de ne pas le vouloir ainsi; il en faudra demeurer à choisir des évéques moins anciens que M. de Chartres. Je suis bien scandalisé qu'un évéque ne puisse être accommodant sans blesser les autres, et j'aurois mieux aimé voir notre ami M. de Chartres troisième comme nous l'avions projeté que premier où il sera, ce que je ne sais pas encore ^ Dans tout ceci, je n'ai pas ouï parler de M. de Meaux, et comme de raison je ne m'en suis mêlée que lorsqu'il a fallu parler au roi.
M. de Cambrai ne me dit pas un mot de vos ordonnances^. On n'a pas manqué de vouloir les attaquer auprès du roi, comme mal faites, comme dangereuses, et comme concertées. Je crois avoir répondu
1. L'évêque de Chartres fit mettre à sa place l'évoque d'Amiens (M. de Broue), et Bossuet présida la cérémonie, qui se fit le 10 juin. (Voir la Maison royale de Saint-Cyr, p. 193.)
2. Les ordonnances pastorales faites sur le formulaire adopté dans les conférences dissy.
iO CORRESPONDANCE GtlfÉBALE.
à tout et avoir môme persuadé. Ceci n'est que pour vous.
J'ai reçu une lettre de M. le duc de Noailles^ II ne se porte point bien; il trouve les choses en mauvais état; il n'a pas laissé démettre la main à l'œuvre dès le lendemain qu'il a été arrivé. J'espère que Dieu le protégera. Je n'oublierai rien pour soulager ses peines.
Votre lettre du 14- de ce mois m'a été rendue le soir du 23. Je suis bien aise, monsieur, de vous enavertir. Je vous supplie et madame la duchesse aussi de me croire pour toute votre maison telle que je le dois.
LETTRE CCCLII
A M. L'ÉVÊQUE DE CHALONS»
A Saint-Cyr, ce 9 juin 1695.
J'ai fait faire un placet pour mademoiselle de Chaunac '; j'ai prié le roi de l'accorder, et j'ai tiré de la supérieure de Saint-Gyr l'ordre au généalogiste de faire les preuves, après que la femme préposée pour la visite des demoiselles aura jugé qu'elle peut être reçue dans la maison de Saint-Louis. Il faut donc, monsieur, porter les preuves de noblesse à d'Hozier, et montrer la petite fille à sa femme. D'Hozier donnera ensuite son certificat et l'enverra avec le placet ré-