A RODOLPHE KREUTZER
0 génie !
Je sÉccombe ! je meurs ! les larmes rai'étouffent! la Mort d'Abcl f dieux \...
Quel infâme public ! il ne sent rien ! que faut-il donc pour l'émouvoir?...
0 génie ! et que ferai-je, moi, si un jour ma musique peint les passions; on ne me comprendra pas, puisqu'ils ne couronnent pas, qu'ils ne portent pas en triomphe, qu'ils ne se prosternent pas devant l'auteur de tout ce qui est beau !
1. La date de cette lettre est assez difTicile à préciser. La Mort d'Ahel, dont il est question, fut jouée en 1810 et n'eut jama's les honneurs d'une reprise. Sans doute, Berlioz avait entendu seulement quelques fragments de ci-t opéra. Comme il signe sa lettre; //. lierliuz, élève de Lesueu7\el qu'il entra dans la classe de ce m.iître en 1K26 |)()ur y resler jusqu'en 1828, on c:e peut Rdère nssigner au curieux document que nous reiiroduisons qu'une date approximative.
n HECTOR BERMOZ. CS
Sublime, décliirant, pathétique !
Ali! jo n'en puis plus; il faut que j'écrive! A qui écrirai-je? au génie?... Non, je n'ose.
C'est à l'homme, c'est à Kreutzer... il se moquera de moi...., ça m'est égal...; je mourrais... si je me taisais. Ah ! que ne puis-je le voir, lui parler, il m'entendroit, il verroit (sic) ce qui se passe dans mon âme déchirée; peutêtre il me rendroit le courage que j'ai perdu, en voyant l'insensibilité de ces gredins de ladres, qui sont à peine diijnes d'entendre les pantalonnades de ce pantin de Rossini.
Si la plume ne me tombait des mains, je ne finirais pas.