‹ Correspondance inédite, 1819-1868; avec une notice biographique par Daniel BernardChapitre 69 sur 91 · Lc6 Troyens · texte numérisé non relu

Lc6 Troyens

O'ill'.r. rOR BERLIl L. 30;\

puji't des Troyrns. J'ai, eu effet, été obligé de garder le lit pendant vuii^t-deiix jours, par suite des tourments endurés pendant les rép. titions.

Qu'est-ce que eela en comparaison de ceux que votre malheur vous intliiie *? H est singulier que tant de grands musiciens aient été frappés d'une calamité semblable : lîoeîhoven, Onslow, Lwoff et Pai^aniin, qui, lui, ne pouvait se faire entendre.

Je vous remercie de l'offre que vous voulez bien me faire d'un sujet d'opéra, mais je ne puis l'accepter, mon intention étant bien arrêtée de ne plus écrire. J'ai encore trois partitions d'opéi'as que les Parisiens ne connaissent pas, et je ne trouverai jamais les circonstances favorables pour les leur faire bien connaître. Il y a quatre ans que les Troyens sont terminés et l'on vient d'en représenter la seconde partie seulement : les Troyens à Carthage. Reste à représenter la Prise de Troie. Je n'écrirai jamais rien que pour un théâtre oii l'on m'obéiruit aveuglément, sans observations, où je serais le maître absolu. Et cela n'arrivera probablement pas

Les théâtres (ainsi que je l'ai écrit quelque part), sont les mauvais lieux de la musique, et la chaste muse qu'on y traîne ne peut y entrer qu'en frémissant. Ou encore : les théâtres lyriques sont à la musi(iue sicut amori lupanar.

Et les imbéciles et les idiots qui y pullulent, et les pompiers et les lampistes, et les sous-moucheurs de chandelles, et les habilleuses qui donnent des conseils aux auteurs et qui influencent le directeur!...

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