II INTRODUCTION
retour à Paris, il fit paraître dans un journal du temps le récit de son voyage à Montbard. Après la mort du naturaliste, cet écrit devint un livre, et ce livre fut un pamphlet1.
Et cependant, à cette source viennent puiser chaque jour ceux qui veulent étudier Buffon et pénétrer dans l'intimité de sa vie.
L'écrit d'Hérault de Séchelles a paru du vivant de l'homme dont il révèle, en les dénaturant, les habitudes et les mœurs.
Buffon était directement attaqué : pourquoi n'a-t-il pas répondu ?
Il a gardé le silence, parce qu'il ne répondit jamais aux attaques dirigées contre lui. Cette noble réserve, cette dédaigneuse indifférence, furent, durant sa longue carrière , une règle de conduite dont il ne se départit jamais.
Un homme2 qui a beaucoup vécu près de lui, et qui fut son secrétaire durant six années, entreprit une réfutation consciencieuse du livre d'Hérault de Séchelles; mais l'œuvre ne fut point achevée.
Désireux, à notre tour, de montrer tel qu'il fut celui dont nous avons de bonne heure appris, dans les récits
1. L'écrit d'Hérault de Séchelles a eu plusieurs éditions et une grande publicité. Il parut pour la première fois en 1785 dans le Magasin encyclopédique, sous le titre de Visite à Buffon. En l'an xi (1801), on en fit une nouvelle édition sous le titre de Voyage à Montbard. En 1828 et 1829, J. B. Noellat en donna deux autres éditions. Il avait été en 1797 traduit en espagnol sous ce titre : Vida del Conde Buffon.
2. M. Humbert-Bazile, mort juge au tribunal de Chaumont. Nous devons à Mme Beaudesson, sa fille, quelques communications que nous avons mises à profit dans ce recueil.