II
Guyton de Mobveau. I, 83; mars 1762. — 144; 26 juin 1772.
Hébert (M. — , receveur général des gabelles et traites foraines, et trésorier de l'extraordinaire des guerres, à Dijon). II, 43; 26 février 1778. —98; 15 mai 1781.
Hellot (M. —, de l'Académie des sciences). I, 31; 23 juillet 1739.
Housse (Le docteur—). II, 185; 6 novembre 1784. — 187; 17 janvier 1785. - 214; 10 mars 1786.
Inconnu (M. *¥* ou Mrae ***). II, 4, 18 mars 1776.
Juillet (M. —, lieutenant général de la maîtrise des eaux et forêts, à Dijon). II, 106; 14 septembre 1781. —II; 22 octobre 1781.
Lambert (M. —, maître des requêtes, conseiller honoraire au Parlement).
II, 222; mai 1787.
Lantin (M. —, doyen du parlement de Bourgogne). I, 34; 26 septembre 1741.
Le Blanc (L'abbé — ). I, 19; 13 juin 1735. — 21; 26 septembre 1736.— 24 ; 22 février 1738. — 27 ; 4 mars 1738. — 29; 1738. — 39; 16 octobre 1747. — 40; 10 août 1749. — 44; 21 mars 1750. — 46; 23 juin 1750. — 48; 22 octobre 1750. — 51; 24 avril 1751. — 63; 23 novembre 1753. — 68; 26 novembre
74; 6 décembre 1759.
80; 23 mars 1761. — 93; 22 septembre 1765.
Lebrun. I, 1er décembre 1760.— 87 ; 17 janvier 1763. — II, 44; 26 février 1778. — 45; 3 mars 1778.
Leclerc (M. — d'Accolay). I, 170; 27 janvier 1774.
Macquer(M.— ). 1,139; 4 juin 1871.
TABLE ALPHABÉTIQUE
— 150; 25 janvier 1773. — II, 63; 12 avril 1779.
Malesherbes (M. de — , ministre d'État). II, 224; 12 juillet 1787.
Maret (M. —, secrétaire de l'Académie, docteur en médecine, à Dijon). II, 13; 1er août 1776.
Marizy (M. de — , grand maître des eaux et forêts). II, 7; 4 mai 1776.
Maurepas (M. de — ). II, 28 ; 16 avril
Necker (M. — ).I, 162; 17 novembre 1773. — 172; 3 septembre 1774.
Necker (Mme—). I, 171; 22 mars 1774. — II, 14; 25 octobre 1776.
— 20; 2 janvier 1777. - 29; 22 juin 1777. — 31 ; 4 août 1777. — 36; 2 février 1778. — 42; 19 février 1778. — 61; 15 mars 1779.
— 63 ; 25 juillet 1779. — 65 ; 3 août 1779. — 80; 3 juin 1780. — 83; 30 juillet 1780. — 100; 27 juin 1781. — 114; 20 janvier 1782. — 118; 19 avril 1782. — 133; 12 juillet 1782. — 138; 16 juillet 1782. — 172; 28 octobre. 1783. — 179; 4 août 1784. — 181; 25 août 1784. — 183 ; 20 septembre 1784.— 191; 10 mars 1785. — 228; 11 avril 1788.
Pirri (M. Filippo — ). II, 16, 8 novembre 1776.
Puymaurin (M. de — ). I, 81 ; 16 janvier 1762.
Rigoley (M. — ). I, 190; 6 décembre 1775. - II, 7; 15 avril 1776. — 13 ; 25 août 1776. — 28; 9 mai 1777. — 62; 8 avril 1779. — 81; 1e' juillet 1780. — 89; 26 janvier 1781. — 140; 1er août 1782. — 208; 4janv. 1786. —213; 9 mars
1786. — 214; 22 mars 1786. - 215; 14 avril 1786.
Ruffey (Le président de — ). I, 1; 1729. — 3; 25 juin 1730. - 4:
5 novembre 1730. — G ; 22 janvier
1731. — 8; 2 avril 1731. — 11; 20 janvier 1732. — 13 ; 9 août 1732.
— 14 ; 27 sept. 1732. - 16; 25 oct.
1732. — 17 ; 20 janvier 1733. — 33; 5 déc. 1740. - 36; 25 janv.
1743. — 41 ; 14 février 1750. - 56; 22 juillet 1752. — 57; août 1752. — 59; 12 décembre 1752.— 60; 25 mars 1753. — 61; 4 juillet 1753. — 63; 7 août 1753. — 64; 24 déc. 1753. — 65; 26 août
1754. — 66; 8 janvier 1755. — 67; 23 mai 1755. - 70; 29 nov.
1755. —70; 31 décembre 1756.— 71 ; 20 août 1757. — 72 ; 6 janvier
1758. — 73; 3 juillet 1758. — 74; 25 décembre 1758. — 75; 21 nov.
1759. — 76; 4 août 1760. — 77; 22 janvier 1761. — 82; 11 février 1762. — 83; 13 mars 1762. — 86; 14 janvier 1763. — 89; 15 janvier
1764. — 90; 26 juin 1764. — 91 ; 24 février 1765. —92; 20 août
1765. — 97; 20 janvier 1766. — 98; 3 février 1766. — 100; avril
1766. — 101 ; 7 avril 1766. — 107; 13 février 1767. — 109; 17 août
1767. — 120; 10 janvier 17 69. — 121; 5 avril 1769. — 124; 29 juillet 1769. — 125; 10 janvier 1770.
— 135; 29 avril 1771. — 142;
11 janvier 1772. — 169; 26 janvier 1774. — 178; 6 janvier 1775.
—180 ;ler mai 1775.— 183; 23 juillet 1775. —II, 3; 16 janvier 1776.
— 6; 27 mars 1776. — 8; 20 mai 1776. — 10; 24 mai 1776. -22; 13 janvier 1777. —25; 3 mars 1777.— 35; 9 janvier 1778. — 74;
12 janvier 1780. — 78 ; 30 janvier 1780. — 79; 9 février 1780. — 79; 16 février 1780. — 116; 14 février 1782. — 157; 13 janvier 1783.
— 158; 21 fév. 1783. — 170; 3 août 1783. — 180; 18 août 1784. — 211; 23 janv. 1786. —219; 23 sept.
TABLE ALPHABÉTIQUE
Saint-Florentin (M. le comte de—).
II, 230; 13 octobre 1749.
Siguy (M. — , architecte à Paris). II, 129; 24 juin 1782.
Société littéraire (MM. de la — fondée à Dijon par le président de Ruffey). I, 62; 8 juillet 1753.
Sonnini (M. — , correspondant du cabinet du Roi). II, 27; 4 avril 1777.
Taverne (M.—). I,
146; 13 octobre
Théologie (MM. les députés et syndic de la Faculté de—). I, 51; 12 mars 1751.
Thouin (M. — , jardinier en chef du Jardin du Roi). II, 84; 15 septembre 1780. — 86 ; 24 décembre 1780.
— 89; 3 janvier 1781. —91 ; 9 février 1781. — 94; 28 février 1781.
— 102; 20 juillet 1781. — 108; 23 septembre 1781. — 165; 2 juillet 1783. — 168; 19 juillet 1783. — 173; 8 novembre 1783. — 176; 27 juin 1784.-177; 4 août 1784. -
195; 25 mai 1785. — 196; 10 juin 1785.— 197; 22 juillet 1785.— 199; 9 août 1785. — 203; 8 septembre 1785.— 204; 3 octobre 1785. — 205; 17 octobre 1785. — 206; 26 octobre 1785. —216; 10 juin 1786.
—220; 18 octobre 1786.— 226; 27 septembre 1787. — 233; 13 juillet 1781.— 234;5 août 1781. —235; 19 août 1781. — 238; 31 août 1785.
— 240; 12 septembre 1787. — 241; 23 septembre 1787.
Trécourt (M. — ). II, 117; 7 mars 1782. —226; 21 décembre 1782.
— 237; 26 avril 1783.
Tressan (M. le comte de— ). I, 181 ; 3 mai 1775.
Vaines (M. de — ). I, 179; 19 janvier 1775. — 180; 23 janvier 1775.
— II , 56 ; 10 septembre 1778.
Voltaire (Ier à Ferney). I, 174; 12 novembre 1774.
Watelet (M. — ). I, bre 1763.
14 novem-
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AU PRÉSIDENT DE RUFFEY1
J'aurais répondu depuis longtemps, monsieur, à la lettre dont vous m'avez honoré, si plusieurs incidents malheureux ne m'en eussent empêché. Il ne s'en est rien fallu que je n'aie fait voyage en l'autre monde, par la méprise d'un garçon apothicaire qui me fit avaler, en guise de quinquina , six cents grains d'ipécacuana , ce qui fait environ vingt-cinq fois la dose ordinaire. Vous pouvez aisément juger à quel excès de faiblesse ce quiproquo m'a réduit; il a été tel que je ne peux depuis deux mois reprendre mes forces ni m'appliquer à quoi que ce soit.
Il fallait que ce fût une déesse, même au-dessus de Vénus, puisqu'il semble dans votre ouvrage que vous en fassiez une i l
divinité différente de cette reine des Grâces ; mais peut-être avez-vous fait comme Phidias : vous aurez, dans vos plaisirs vagabonds, pris une pièce de l'une, une grâce de l'autre, un trait d'une troisième, et du tout ensemble vous aurez formé votre ode; car elle est belle partout, et en cela différente de presque toutes les beautés d'à présent. Ce qui me ferait soupçonner que j'aurais deviné juste, c'est qu'à Paris un homme de votre humeur se pique rarement de constance et peut, dans la diversité des objets, trouver plus de plaisir que dans un attachement unique.
Les amusements moins variés de la province vous ennuient et vous causent des regrets , cela est bien naturel ; mais pourtant, à parler vrai, vous n'avez pas grand tort de trouver Dijon peu amusant. Je suis ici d'une façon si gracieuse, et je trouve tant de différence entre le savoir-vivre de cette ville et celui de notre bonne patrie, que je puis vous assurer de ne la pas regretter de si tôt. Si vous aviez comme moi séjourné un. an dans des provinces différentes de la vôtre, et où vous n'auriez pas été noyé dans la multitude comme à Paris, vous diriez à coup sûr qu'il ne faut que sortir de chez soi pour valoir quelque chose , et être estimé et aimé au niveau de son mérite *
Pour moi, je ferai mon possible pour me tenir hors de Dijon aussi longtemps que je pourrai, et si quelque chose m'y ramène jamais avec plaisir, ce sera l'envie seule d'y voir le petit nombre de ceux pour qui je conserve de l'estime. Vous êtes un de ceux, monsieur, pour qui j'en ai et qui en mérite davantage. Quel plaisir aurais-je si j'étais sûr de votre souvenir pendant mon absence , et si vous receviez avec satisfaction les assurances du respect avec lequel je suis, monsieur, votre très-humble et très-obligeant serviteur.
Leclerc
* La fin de cette phrase manque dans l'original, qui se trouve lacéré en cet endroit.
En cas que vous soyez toujours sur le même pied avec M. Le Belin, j'ose vous supplier de lui faire agréer mes respects. S'il y avait dans ce pays quelque chose pour votre service et celui de vos amis, ne m'épargnez pas.
AU MÊME
Angers ', le 25 juin 1730.
Voulez-vous bien, monsieur, recevoir mes félicitations sur votre nouvelle dignité? L'amitié dont vous m'avez toujours honoré me fait espérer que vous agréerez toute la part que j'y prends. Je suis charmé qu'une occasion de cette sorte se soit présentée pour vous demander de vos nouvelles. Il y a quelque temps que je pensai déjà en saisir une qui ne vous était pas moins glorieuse, quoique peut-être moins utile: c'était un compliment que je voulais vous faire sur la belle ode dont vous avez enrichi le Mercure au sujet de. la naissance de Mgr le Dauphin2; mais, comme j'ignorais si vous étiez à Dijon ou à Paris, je ne pus satisfaire à mon envie. Recevezles donc aujourd'hui tous deux, et soyez persuadé que je vois vos progrès de toute espèce avec le plaisir le plus sensible; heureux si, dans les grandes affaires qui vont vous occuper3, je pouvais vous dérober quelques moments où vous voudriez bien me donner de vos nouvelles et de celles des Muses. Je vous le demande, monsieur, avec instance, et vous prie de me croire avec respect, monsieur, votre très-humble
et très-obéissant serviteur.
Leclerc.
M. Leclerc-, chez Mme Claveau la veuve.
(Inédite. — De la collection de M. le comte de Vesvrotte.)
AU MÊME
Nantes, le 5 novembre 1730.
J'aurais eu l'honneur de vous répondre bien plus tôt, monsieur, si ma santé me l'eût permis; mais, depuis ma dernière lettre , à peine ai-je eu un moment favorable. Les fièvres de toute espèce m'ont attaqué successivement avec tant de furie et d'opiniâtreté, que je n'en suis pas encore remis. Il me semble qu'à présent je pourrais faire une ode sur leurs fureurs, tant je lésai senties. L'habitude et la grande familiarité que j'ai eues avec elles me vaudraient un Apollon ,et j'écrirais par 'réplétion de mon sujet et de l'abondance du cœur. Vous qui les avez si bien décrites, ne les avez-vous pas aussi trop senties ? Quelle drogue! Je crois que c'était celle qui précédait l'Espérance dans la boîte de Pandore; car je m'imagine que, des maux qui doivent tourmenter notre espèce, les petits sortirent les premiers. L'égratignure vint avant le coup d'épée ; autrement on ne l'aurait pas sentie, et ce malheureux bahutier n'avait garde de ne nous pas débiter toute sa marchandise. Quoi qu'il en soit, je les lui ai renvoyées et m'en suis défait à force de quinquina , et quand même leur exil serait ^uj et à retour sans rappel, j'ai lieu d'attendre qu'il durera autant que mon voyage. Je le commençai avant-hier, et je dois aller à Bordeaux, où je ne compte être que dans quinzaine, à cause des séjours que je ferai ici, à la Rochelle et à Rochefort. J'étais déjà venu l'an passé dans cette ville : elle peut passer pour une des plus peuplées du royaume ; l'on y fait grand'chère, l'on y boit d'excellent vin ; mais tout est excessivement cher. Paris même, en comparaison , est un lieu de bon marché ; les habitants sont tous marchands , gens grossiers , si méprisés dans notre patrie , mais dont la façon de vivre me paraît la plus raisonnable.
Ils ne font point de façons de préférer un ordinaire à une pistole par tète à des habits galonnés ou à un carrosse à six chevaux, et aiment mieux l'abondance dans la bourgeoisie que la disette dans la noblesse. Qu'en pensez-vous? Pour moi, je ne peux leur donner le tort. Il y a ici bonne comédie, concert à dix pistoles par souscription; tout s'y sent de la richesse que produit le commerce , au lieu qu'à Angers, comme à Dijon, tout y est maigre, épargné. L'on y fait plus qu'on ne peut; orgueil et gueuserie y marchent ensemble, filles légitimes du mépris ridicule que l'on y a pour le négoce. Je n'avais pas mauvaise opinion de ma patrie avant que d'en être hors ; mais, depuis que j'en juge par comparaison et que je suis dans le point de vue d'où l'on doit la considérer, je ne peux m'empêcher de voir les défauts du tableau, et je ne mets pas en problème si c'est la faute de mes yeux ou celle de la peinture, puisque, avant que d'être devenu connaisseur par l'expérience, ils lui étaient favorables. Appuyé par votre autorité, je conclus donc contre elle, et cela sans réserve. Si elle ne vous possédait pas, je n'y ai ni ne me soucie d'y avoir aucun commerce, et vous êtes le seul à qui je me fais gloire de conserver le respect et l'estime; vous en êtes trop digne pour que cela ne vous soit pas dû partout, à plus forte raison dans un pays où la sottise des autres relève le mérite. J'ose vous demander en revanche un peu de part dans votre souvenir, et de vos nouvelles à vos heures de loisir; je tâcherai de mériter ces faveurs par le sincère et respectueux attachement avec lequel je serai toute ma vie, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Leclerc.
Adressez à M. Leclerc, chez milord duc de Kingston, à l'adresse de M. Alexandre Gordon, négociant à Bordeaux1. (Inédite. — De la collection de M. le comte de Vesvrotte.)
AU MÊME
Bordeaux, le 22 janvier 1731.
Je n'aurais pas tant tardé, monsieur, à vous offrir tous les vœux que j'ai formés pour vous au renouvellement de l'année, si le mauvais état de ma santé m'eût permis d'avoir les mains aussi libres et aussi empressées que le cœur. Mais il a fallu malgré moi prendre patience, et retarder jusqu'à ce jour pour vous assurer que personne au monde n'a fait plus de souhaits pour tout ce qui pouvait vous être agréable et avantageux, que personne n'est plus jaloux de votre amitié que moi, et que je m'efforcerai toujours de la mériter par le retour le plus tendre et l'estime la plus parfaite. Après ces protestations, qui partent du cœur, vous pouvez juger de l'empressement avec lequel je vous les aurais témoignées, s'il m'eût été permis de le faire; mais j'ai eu le malheur de retomber, à mon arrivée dans cette ville, dans toutes sortes de maux : la fièvre, devenue vrai Protée pour moi, m'attaque sous mille formes différentes, et je ne suis point encore sûr, à beaucoup près, d'avoir arrêté toutes ses métamorphoses. Je m'aperçois seulement de celle qu'elle a faite chez moi , en ne me laissant que la peau et les os, et à peine assez de forces pour les traîner ; la rigueur de la saison ne contribue pas à me les rendre plus portatifs, et je n'augure bien de ma guérison qu'au printemps.
Votre dernière lettre me fit un plaisir sensible. Je ne doute point du tout de vos bontés et de votre amitié, puisqu'au milieu d'un chaos d'affaires et d'occupations sérieuses, vous vous êtes souvenu de moi et avez bien voulu me donner une partie d'un temps si précieux.
Ce que vous me dites de la stérilité des plaisirs à Dijon ne m'étonne point. C'est souvent qu'on est réduit à passer le
carnaval sans comédie ni bal. Il y en avait une italienne, fort bonne, dans cette ville. Francisque et sa troupe1 y représentaient, avec un succès et un applaudissement infinis; mais malheureusement le feu prit, il y eut hier huit jours, au bâtiment qui servait aux représentations, et le consuma avec huit autres maisons ; il fut mis par un feu d'artifice allumé sous le théâtre pour brûler don Juan dans le Festin de Pierre. Les pauvres comédiens ont perdu toutes leurs hardes; à peine Francisque put-il se sauver en robe de chambre. Pour surcroît de malheur, on voulait les poursuivre et leur faire payer, par la prison ou autrement, le dommage du feu ; mais tant de gens se sont intéressés pour eux, on leur a fait tant de présents par les quêtes, qu'on dit qu'ils seront bientôt en état de représenter encore dans la salle du concert, qu'on leur donnera pour rien. C'est là l'action la plus sage que j'aie vu faire en ce pays, où la moitié des gens sont grossiers, et l'autre petits-maîtres, mais petits-maîtres de cent cinquante lieues de Paris, c'est-à-dire bien manques. Vous ririez de les voir, avec des talons rouges et sans épée, marcher dans les rues, où la boue couvre toujours les pavés de deux ou trois pouces, sur la pointe de leurs pieds, et de là, à l'aide d'un décrotteur, passer sur un théâtre où jamais ils ne sont que comtes ou marquis, quand même ils ne posséderaient qu'un champ ou une métairie, et qu'ils ne seraient que chevaliers d'industrie. Comme il y en a un grand nombre qui s'empressent auprès des étrangers , nous n'avons pas manqué d'en être assaillis; mais heureusement ils n'ont pas assez d'esprit pour faire des dupes. Le jeu est ici la seule occupation, le seul plaisir de tous ces gens; on le joue gros et, en ce temps de carnaval, sous le masque. Le jeu ordinaire est les trois dés; mais ce qu'il y a de plus singulier, c'est que chaque masque apporte ses dés et son cornet. Il faut être bien bête pour donner dans un pareil panneau. Nous comptons partir de cette ville dans huit ou dix jours; supposé que vous me fassiez l'honneur de m'écrire , ne laissez pas
que d'y adresser votre lettre : elle me sera envoyée à Montauban, où nous comptons faire quelque séjour. Adieu, monsieur; faites-moi toujours la grâce de m'aimer; peu de personnes sentiront aussi bien le prix de votre amitié; personne au monde ne s'empressera plus à la conserver. Je suis, avec quels termes il vous plaira, et dans quels termes vous voudrez, monsieur, votre très-humble et très-obéissant
serviteur.
Leclerc.
(Inédite. — De la collection de M. le comte de Vesvrotte.)
AU MÊME
Montpellier, le 2 avril 1731.
Monsieur,
J'ai reçu à Montauban, et longtemps après sa date, la lettre que vous m'aviez adressée à Bordeaux. J'y aurais cependant répondu bien plus tôt si, depuis ce temps, je n'avais pas été toujours sur les grands chemins. L'amitié ne se plaît pas comme l'amour dans une vie de dissipation, et je trouve qu'un peu de recueillement nous fait penser à nos amis avec plus de plaisir; aussi ai-je attendu mon arrivée dans cette ville pour vous entretenir de la mienne, et pour vous faire mes remercîments de l'intérêt que vous prenez à ma santé. Elle est, Dieu merci, parfaitement rétablie depuis deux mois, et je n'ai maintenant à me plaindre que d'en avoir trop pour un garçon, et surtout pour un garçon voyageur qui n'a pas les mêmes facilités que vous, messieurs, citoyens permanents d'une bonne ville, de faire évanouir son superflu. Puisque nous sommes sur cet article, mandez-moi comment vont les plaisirs de cette espèce. L'on m'a dit que Malteste J avait pour maîtresse une des plus jolies dames qu'il y ait à Dijon. Ne pensez-vous pas avec moi que les Danaé sont main-
tenant bien communes, et Cupidon si aveugle qu'il ne peut plus rien distinguer que le brillant de l'or2?
Je reçois souvent des lettres de l'abbé Le Blanc5, qui m'a même envoyé son recueil d'élégies; mais, comme il l'a adressé à Bordeaux, il n'a pas encore eu le temps de venir jusqu'à moi. Je sais que cet ouvrage fait du bruit, même dans les provinces, et qu'il s'en fait à Paris un débit considérable. L'adresse de l'auteur est à la Croix de fer, rue de Savoie, faubourg Saint-Germain. Il faut qu'il ait eu des raisons bien pressantes pour se priver du plaisir de vous écrire ; je sais le cas qu'il fait de l'honneur de votre correspondance.
Depuis mon départ de Bordeaux, j'ai séjourné plus d'un mois à Montauban. La ville est petite, mais charmante par sa situation , sa bâtisse et l'air pur qu'on y respire. Les habitants y sont tout à fait polis, grands joueurs de piquet et d'hombre, presque ennemis du quadrille, amateurs des promenades, où ils passent une partie de la journée à parler gascon et à admirer les environs de leur ville , qui réellement sont tout à fait agréables. Ils peuvent se flatter de manger les meilleures volailles de France et de faire très-bonne chère à très-bon marché.
Toulouse est une grande et belle ville ; son étendue est immense. On la croit plus vaste que Lyon; ce qu'il y a de vrai, c'est qu'elle est au moins six fois aussi grande que Dijon. Le sexe y est tout à fait beau, et, excepté les vieilles, je ne me souviens pas d'y avoir vu une laide femme. Les maisons y sont superbement bâties, quoique un peu à l'antique; les rues bien percées, le nombre des carrosses immense. J'aurais fort souhaité que mon séjour ne se fût pas borné à quatre jours. Je n'ai point vu de ville dont le coup d'oeil fût plus flatteur; nous en sortîmes pour aller à Carcassonne, Béziers, Narbonne, où rien ne me choqua que les rues sombres et si étroites qu'à peine trois personnes de front y peuvent passer à leur aise. Je remarquai avec surprise dans tous les cabarets de grands éventails mobiles sur des poulies, qui servent à
rafraîchir les hôtes, qui sont obligés d'y dîner en chemise, et qui, malgré ces précautions, ne laissent pas que d'y suer à grosses gouttes. Les chaleurs ne sont pas tout à fait si grandes ici, où règne un vent périodique depuis le midi jusqu'au soir, qui rafraîchit et corrige les ardeurs permanentes d'un soleil brûlant, et que l'on ne peut éviter qu'en restant toute l'après-dînée chez soi. La ville est assez belle, mais pleine d'inégalités, de hauts, de bas; on peut l'appeler un magasin mal rangé de belles maisons. L'on n'y a ni beurre, ni bœuf, ni veau, ni volailles qui vaillent; mais, en récompense, l'on y boit de bons vins de liqueur et l'on y respire le meilleur air de France. Il n'y a que huit jours que nous y sommes, et nous y avons déjà un logement magnifique. Milord en donne cinquante livres par mois. Il y a ici quelques habiles gens qui composent , comme vous le savez , une académie qui fait partie de celle des sciences de Paris.
Que direz-vous, monsieur, de la liberté avec laquelle je vous fais de si longues et peut-être de si ennuyeuses narrations? Il faut, je vous l'avoue, se flatter d'être bien de vos amis pour en user ainsi. Mais, en vérité, si vous êtes ennuyé, c'est un peu la faute de votre politesse ; il ne fallait pas me permettre de vous entretenir de mes voyages, et mes lettres se seraient bornées à vous assurer d'une estime et d'un attachement éternels. Agréez donc, malgré la longueur de mon épître, les assurances que j'ose vous en offrir, et croyez-moi, dans ces sentiments, monsieur, votre très-humble et trèsobéissant serviteur.
Leclerc.
Adressez à M. Leclerc, en compagnie de milord duc de Kingston, à l'adresse de M. Bascou, négociant à Montpellier.
AU MÊME
Rome, le 20 janvier 1732.
J'apprends, monsieur, par une lettre de mon père1, que vous vous plaignez de mon silence, et j'entreprends avec bien du plaisir de me justifier auprès de vous. Mais, avant que de vous faire mes excuses, trouvez bon que je vous remercie de votre souvenir; il est d'autant plus flatteur pour moi , puisque vous m'en trouvez digne dans le temps même que vous aviez quelque raison de m'accuser de négligence. Ce ne sera cependant jamais mon vice, et surtout à votre égard; je vous suis trop attaché, mon cher monsieur, et vous êtes trop digne des sentiments que j'ai pour vous, pour que je ne fasse pas tous mes efforts pour mériter l'amitié dont vous voulez bien m'honorer. Cessez donc de m'accuser, monsieur, et prenez-vous-en au dieu des flots, qui, comme je l'ai appris depuis, a fait boire outre mesure trois courriers dans leur passage de Livourne à Gênes ; car je vous ai écrit de cette première ville une longue lettre il y a environ deux mois. Je vous faisais mes excuses d'avoir tardé si longtemps à vous demander de vos nouvelles; ces excuses étaient prises de mon long séjour sur les grands chemins, des occupations et des distractions inséparables du voyage, enfin du mouvement perpétuel où je me suis trouvé depuis mon départ de Dijon. Mes excuses faites, je vous suppliais de m'honorer de vos commissions dans ce pays-ci. Je vous demandais si vous n'agréeriez pas que je vous en rapportasse des pommades et des fleurs, choses si convenables pour accompagner un sonnet chez la déesse de vos chansons; je vous questionnais sur cette aimable enfant, et je vous demandais si la pluie d'or l'emportait sur Apollon , ou , pour parler plus chrétiennement, si saint Matthieu était toujours son évangé-
liste; enfin je prenais part à vos plaisirs, et, comme vous voyez , à tout ce qui pouvait même les intéresser. Le hasard a voulu que vous ayez tout ignoré, et j'ai été puni, sans l'avoir mérité, par le long silence que vous avez été obligé de garder à mon égard. Faites-y donc trêve aujourd'hui, monsieur, et faites-moi la grâce de me répondre aussitôt que vous aurez reçu ma lettre, et ajoutez-y celle de ne me pas traiter comme un serviteur inutile dans un pays si abondant en choses curieuses, dont quelques-unes peuvent être de votre goût. Mon séjour n'y sera pas de longue durée, et même je compte quitter cette sainte ville avant trois semaines. Ainsi, ayez la bonté d'adresser votre réponse chez M. Tomasso Baldi, banchiere, à Florence, où je retourne en sortant d'ici. Le duc de Saint - Aignan , ambassadeur de France 2, n'y est pas encore arrivé ; il reste, à ce que Ton dit, auprès de Gênes, sans qu'on puisse deviner pourquoi. L'on a fait ici de magnifiques préparatifs pour le recevoir. Rome est à cette heure dans son brillant ; le carnaval est commencé depuis quinze jours ; quatre opéras magnifiques et autant de comédies , sans compter plusieurs petits théâtres , y font les plaisirs ordinaires, et je vous avoue qu'ils sont extraordinaires pour moi par l'excellence de la musique et le ridicule des danses, par la magnificence des décorations 3 et la métamorphose des eunuques4 qui y jouent tous les rôles des femmes; car l'on n'en voit pas une sur tous ces théâtres, et cette différence est si peu sensible pour le peuple romain, qu'il a coutume de lorgner et de parler de la beauté de ces hongres de la même façon que nous raisonnerions de celle d'une jolie actrice : tant ils ont conservé le goût de leurs ancêtres, dont ils ont si fort dégénéré pour toute autre chose. Il fait ici un temps charmant, et ce janvier est un avril de France, où je pense qu'il doit faire bien de la neige, puisque le dernier courrier de Paris a retardé de quatorze jours. Quoiqu'il y en ait vingt de passés depuis le commencement de la nouvelle année, vous voudrez bien cependant me per-
mettre de prendre cette occasion pour vous offrir tous les vœux que je fais pour votre prospérité: ils ne pourraient que vous être agréables, si vous saviez avec combien de sincérité et de dévouement j'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Leclerc de Buffon.
AU MÊME
Paris, le 9 août 1732.
J'aurais, monsieur, bien des excuses à vous faire sur le long temps que j'ai passé sans vous demander de vos nouvelles; mais j'ose espérer que vous m'en dispenserez en faveur des distractions inséparables, comme vous le savez, des premiers temps que l'on passe en cette ville. Maintenant que le chaos est débrouillé, et que je puis vous offrir mes services un peu moins à l'aveugle qu'auparavant, trouvez bon, monsieur, que je vous supplie de les agréer, et de m'en donner des marques en me chargeant de toutes vos commissions. Rien ne me prouvera davantage que vous ne m'avez pas tout à fait oublié, et je vous promets de mériter par mon zèle la même amitié dont vous avez bien voulu m'honorer jusqu'à présent.
Faites-moi le plaisir de me dire s'il est vrai que vous ayez fait un voyage à Genève, et en ce cas si vous auriez remis à M. Cramer1 un livre, de la part de M. de Gémeaux2. Vous excuserez, monsieur, cette curiosité, quand je vous dirai que c'est pour savoir des nouvelles de M. Cramer, à qui nous avons écrit tous deux sans avoir eu réponse.
On représente à l'Opéra le ballet des Sens avec un nouvel acte aussi mauvais que les autres3. 11 fait une chaleur excès-
sive. Le parlement se rebrouille et avec la cour et avec luimême. Les princesses vont voir les jeunes gens nager à la porte Saint-Bernard4', et la loterie ou la friponnerie de Saint- Sulpice va toujours son train5. C'est à peu près là tout ce que je sais de nouvelles, excepté celles du café ; mais on y en débite tant de fausses qu'il y aurait conscience à les écrire; et après cela, je les crois moins intéressantes que celles que l'on débite à Dijon dans vos cercles. Donnez-m'en de bonnes de votre santé, et faites-moi le plaisir de me dire s'il n'y aurait point d'espérance de vous revoir ici. Je parle d'une espérance prochaine; car je ne doute pas que vous n'y reveniez dans quelque temps, et je suis persuadé que vous connaissez trop Paris, sa liberté et ses plaisirs, pour ne pas venir encore en jouir. Adieu, monsieur; jusqu'à cet heureux temps honorez-moi de votre souvenir, et croyez-moi toujours, avec le plus respectueux attachement, monsieur, votre très -humble et très-obéissant serviteur.
Leclerc de Buffon.
Mon adresse est chez M. Boulduc, apothicaire du roi , faubourg Saint-Germain.
(Inédite. — De la collection de M. le comte de Vesvrotte.)
AU MÊME
Buffon, près Montbard, le 27 septembre 1732.
Je suis au désespoir, mon cher monsieur, d'une négligence dont cependant je ne suis point cause. Imaginez-vous que mon père , ayant reçu votre lettre dans son temps, crut apparemment me l'avoir envoyée, et point du tout. Je l'ai trouvée aujourd'hui en fouillant des papiers. J'étais fort étonné aussi, à Paris, quand M. de La Bastide vint me voir
de votre part et me dire que, si j'avais acheté des livres , je pouvais les lui remettre, parce qu'il comptait passer à Dijon dans peu et vous les porter. Je répondis à M. de La Bastide que j'avais eu l'honneur de vous écrire, mais que vous ne m'aviez pas fait réponse, et que je ne pouvais comprendre de quels livres il voulait parler. Enfin j'ai été sur cela et sur votre santé, sur vos voyages et sur vos plaisirs, jusqu'à aujourd'hui, plus ignorant que la part que j'y prends ne me permettait de l'être. Aussi me préparais-je à vous écrire de nouveau quand j'ai trouvé votre lettre. Recevez donc, monsieur, à présent ma réponse, et ne m'imputez pas, je vous supplie, le silence qui lui a succédé. Je ne suis ici que pour six semaines, et je vous assure que je ne serai pas de retour à Paris que je ferai toutes vos commissions avec zèle; c'est leur retard qui me fâche, et je suis prêt à me vouloir mal d'un contre-temps de pur hasard , qui m'ôte le plaisir de vous servir pour la première fois. Mettez-moi, je vous supplie, monsieur, dans l'occasion de m'en venger, et ne m'épargnez pas où je pourrai vous être bon à quelque chose. Il n'y a que quinze jours que j'ai quitté Paris. On m'a dit, à Montbard, que MM. Lebault1 et de Brosses2 y avaient passé pour retourner à Dijon; je crois que ce dernier, du moins il me l'a dit, reviendra cet hiver à Paris. Mais vous, monsieur, n'aurions-nous point d'espérance de vous y voir, et êtes-vous fait pour la province? Malgré les liens qui vous y attachent, je ne désespère pas de vous voir à Paris ; vous l'avez goûté, et j'ai l'honneur de vous connaître assez pour croire que vous vous y plaisez beaucoup. Pour moi, qui n'y ai encore passé que trois ou quatre mois, je ne puis en connaître tous les plaisirs. Après cela, je suis de ces gens un peu extraordinaires pour le goût dans les plaisirs ; je n'en ai, par exemple, point trouvé aux spectacles , qui me paraissent languir de froideur. La tragédie de Zaïre*, de Voltaire, a pourtant eu cinq ou six chaudes représentations; mais j'aimais mieux en sortir que d'y être étouffé. Je verrai dans le Mercure, ave
grand plaisir, la pièce de votre façon dont vous me parlez. J'ai reçu, hier, une lettre de M. le président Bouhier4; il me dit de mettre sous votre enveloppe, qui est franche, un catalogue de livres que je dois lui envoyer5. Vous voulez bien permettre que cela soit ainsi ; mais ce ne sera qu'à mon retour à Paris. Je compte vous en écrire souvent, et réparer en quelque façon l'accident arrivé à votre lettre, par mon empressement à exécuter vos ordres. Je suis, avec le plus sincère attachement, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
Leclerc de Butfon.
(Inédite. — De la collection de M. le comte de Vesvrotte.)
AU MÊME
Buffon, près Montbard, le 25 octobre 1732.
Je vous envoie ci-joint, monsieur, un catalogue de livres italiens que je vous supplie de faire remettre à M. le président Bouhier; il vient de m'arriver à Paris, où je ne compte plus retourner si tôt que je vous l'avais dit. Vous ne devineriez pas, monsieur, ce qui me retient ici, et vous ne vous seriez pas douté que mon père, à l'âge de cinquante ans, pût devenir assez amoureux, ou, pour mieux dire, assez fou pour me faire craindre un second mariage, et cela avec une fille de vingt-deux ans, qui n'a presque pour elle que sa jeunesse1. Vous sentez, monsieur, le tort que me ferait cette affaire; aussi vous pouvez juger de toute la force avec laquelle je m'y oppose. Comme j'ai des espérances de réussir, je vous prie de tenir ceci secret. Pour moi, monsieur, je me fais un plaisir de n'en point avoir pour vous ; l'amitié dont vous voulez bien m'honorer, et l'estime que j'ai pour vous, ne le permettraient pas. Il y a plus, c'est une convenance entre la situation où je me trouve et celle où je vous ai vu quelque-
fois ; je veux parler du mécontentement d'un iils bien né, causé par un père ou dur ou passionné. Toutes ces choses ensemble me font trouver un grand plaisir à vous faire part des peines de ma situation; je voudrais avoir mérité que vous y prissiez quelque part.
On débite ici comme une nouvelle que M. le comte de Tavannes 2 est nommé à l'ambassade de Portugal; je serais bien aise de savoir si elle est vraie.
Permettez-moi de vous prier de m'aider à vendre ou à louer notre maison à Dijon3; en cas que vous connussiez quelqu'un à qui elle pût convenir, vous me ferez, monsieur, un grand plaisir de me les procurer. J'ai l'honneur d'être, avec le plus respectueux attachement, monsieur, votre trèshumble et très-obéissant serviteur.
Leclerc de Buffon.
M. le président Bouhier a eu la bonté de m'écrire qu'il parlerait de notre maison à M. le marquis de Vienne4, qui en cherche une à louer.
AU MÊME
Dijon, le 29 janvier 1733.
J'eus, monsieur, l'honneur hier de voir Mme votre mère, et demain j'aurai celui de dîner avec elle et votre bon ami M. le président Folin1. Vous pouvez vous imaginer, monsieur, si vous eûtes bonne part à notre conversation d'hier ; elle me demanda beaucoup comment vous vous amusiez à Paris, s'il était vrai que vous fussiez lié d'amitié avec Milord Duc. Je lui répondis à tout cela comme si je l'eusse parfaitement su et comme si je l'avais vu de mes yeux. Ainsi n'allez pas me démentir auprès d'elle. Que vous seriez heu-