FRAGMENT DE LETTRE A L'ABBÉ LE BLANC
.... Je compte aller dans peu faire un tour à Dijon. Bien des gens me demanderont de vos nouvelles; je vous supplie, mon cher ami, de m'en donner souvent. Il n'y en a point dans ce pays; tout y est sur le même ton qu'il y a deux ans. Nous parlons souvent de vous; nous buvons quelquefois à votre santé à la fontaine Sainte-Barbe. Le vieux avare que votre bon appétit pensa faire mourir, est crevé cet hiver, sans avoir voulu faire de testament. J'ai bien pensé que Voltaire réussirait fort mal à commenter Newton, et je ne crains pas que le public appelle du jugement de M. de Moivre. Je voudrais bien, mon cher, que vous fussiez ici ; nous avons un endroit charmant pour planter des houblons. Adieu; je vous embrasse et suis, de tout mon cœur, votre très-dévoué et
très-affectionné serviteur.
Buffon.
( L'original de ce fragment de lettre appartient à M. V. Cousin , qui a bien voulu nous le communiquer. Il a été publié en partie par M. Flourens.)