DES OUVRAGES
ACCOMPAONÉB OAHALTSBf ET D*ARECOOTE8.
Cocatrix, tragédie amphigourique, en vers à rimes riches, en un acte, 1731.
Ce que Dieu garde est bien gardé, proverbe-comëdie en un acte, en prose, mêlé de vaudevilles, précédé d*un prologue intitulé Madame Prologue et suivi de Cocatrix, tragédie amphigouristique , en vers libres, laquelle est précédée également d'un prologue intitulé Les Vendanges de la Folie. Ces cinq opuscules ont été représentés à la suite les uns des autres sur des théâtres de société et imprimés avec un avertissement dans le recueil de l'auteur.
Dans le premier des deux prologues, M. Goriphée, ordonnateur et compositeur de fêtes lyriques, vient trouver Madame Prologue au magasin de l'Académie royale de musique, afin de lui demander quelques scènes louangeuses de prologue, pour les mettre en tête de la tragédie de Cocatrix, qu'il vent faire représenter en l'honneur du retour de quelques princes qui reviennent de l'armée. Madame Prologue présente M. Goriphée aupetit-maitreM. l'abbé Madrigal, qui lui offire quelques fades couplets, qu'il refuse, et au chansonnier M. Vaudeville » qui
lui en offre de très-libres, qu'il accepte, aussi bien que le plan du proverbe dramatique intitulé Ce que Dieu garde est bien gardé, que lui propose é(jalenient M. Vaudeville, et dont ik font aussitôt ensemble une répétition.
Le sujet du proverbe dramatique présente un ivrogne de qualité, M. le comte de Saint-Toquai , qui court les maisons de jeu et autres; il est volé dans les premières, il expose sa santé dans les secondes, et on le ramasse régulièrement toutes les nuits, ivre- mort, dans les rues de Paris. Son épouse, Madame la comtesse de Saint-Toquai , qui est très-dévote, mérite un peu moins que son mari le nom qu'elle porte. Exposée par l'abandon de ce dernier aux entreprises galantes d'un chevalier des Courtines, fat libertin et ami du comte, elle le repousse; et après quelques traverses nouvelles, nos deux époux se rapprochent et vivent heureux.
La tragédie de Cocatrix est encore précédée du prologue des Vendanges de la Folie, ballet dans lequel Silène, des Faunes, des vendangeurs, des vendangeuses, la Folie et sa suite, célèbrent les louanges de Bacchus par des chants et des danses, pour préparer un spectacle que la Folie veut donner pendant les vendanges et pour lequel elle vient d'aller au Parnasse chercher one pièce bien gaie. Elle en a rapporté plein un tonneau, à choisir, avec une troupe de marionnettes, par lesquelles elle se propose de faire jouer celle qu'elle indiquera, et elle donne la préférence, sur toutes les autres, à la tragédie de Cocatrix y dont voici le sujet, qui est tiré du roman de TanzaX et Néadarné, de Crébillon fils.
Amatrox, sur la foi d'un oracle ridicule, a été abandonné dès sa naissance; il a voyagé, loin de sa patrie, ignorant à qui il doit le jour; après avoir hii un songe épouvantable et essuyé une violente tempête sur mer, il se retrouve dans son pAySt sans le savoir; il rend un ser\'ice signalé à Coloras, roi de œ pays, en repoussant des voisins ambitieux qui lui font la guerre, et demande pour récompense la main de la princesse Cocatrix, mère de Colorax, de laquelle il est amoureux, quoH qu'elle soit octogénaire. Mais la loi de ce pays .défend d'unir une princesse à un étranger, et veut que l'on punisse de mort
œlni qui aurait osé la demander. Le genre de sopplîce qu'on lui fait subir est de le livrer à des femmes qui le diatouîUent jusqu'à extinction. Mais Amattox, qui a su inspirer à Cocatrix l'amour qu'il ressent pour elle, a un enti*etien avec cette prin* cesse, qui le reconnaît pour son petit-fils, et, ne pouvant vaincre leur passion incestueuse, ni espérer de la voir satisfaire, ils se tuent l'un et l'autre, pour terminer leur embarras et la pièce.
On voit que cette prétendue tragédie &U une parodie de beaucoup d'autres»
Alphonse, dit V Impuissant, tragédie badine en un acte, en vers, 1737.
Le sujet de cette petite tragédie, trop libre pour être représentée ailleurs qu'en société , était vraisemblablement pris de rhistoire d'Alphonse VI, roi de Portugal, époux de la princesse de Savoie-Nemours, d'avec laquelle il divorça pour cause d'impuissance, et qui régnait vers le milieu du siècle dernier; il fut chassé du trône et du lit de son épouse, qui se remaria à don Pèdre , ou Pierre VI , frère et successeur d'Alphonse VI.
Collé nous annonce que cette pièce a été imprimée par les soins du duc de la Vallière. — Voyez p. 378. — Voyez aussi Quérard, France littéraire y t. II, p. 254.
. Le Jaloux corrigé, opëra-bouffon en un acte, suivi d'un divertissement et parodié de Topera italien de la Servante Maîtresse, de celui du Maître de musique et de celui du Joueur, tous les trois mis en musique par Pergolèse, Téléman, Orlandini et DoUetti. Biavet, compositeur français, y a ajouté quelques morceaux de récitatif de sa composition , ainsi que les airs du divertissement. Joué et sifflé à rOpéra le l*' mars 1753, gravé, en partition, in-quarto, et non imprimé.
Cet opéra-boafibn, qui n*eut qoe six représentations, avait été essayé sar le théâtre du comte de Clermont, prince du san{j, à sa maison de Berny, près Paris, le 18 novembre. Voyez le Dictionnaire des Théâtres de Paris.
On connaît le sujet de l'opéra de La Servante maîtresse et celui de l'opéra du Maître de musique y traduits tous les deux de l'italien en français par Baurans. Quant à l'opéra italien du Joueur, le titre en indique suffisamment le sujet; mais on ignore quels sont les auteurs des paroles italiennes de ces trois opéras bouffons , dont Collé et Blavet avaient composé Le Jaloux corrigé, en traitant ce sujet de la manière suivante, ainsi que nous l'apprennent les auteurs du Dictionnaire dror matique.
Madame Orgfon, tourmentée par la jalousie de son mari, imagine un moyen de le rendre traitable, en feignant de l'amour pour un amant fictif au moment où son mari Téconte et l'épie. Suzon, suivante de Madame Orgon, joue le personnage de cet amant. Elle est habillée moitié en homme, moitié en femme, et, paraissant du côté où elle est en homme, elle conte des douceurs à Madame Orgon, qui les reçoit avec une bonté désespérante pour son mari. Mais quand il a fait éclater toute sa rage, on lui fait voir ce que c'était que l'amant qui lui portait ombrage, et ce tour le corrige de sa jalousie.'
Daphnis et Èglé , pastorale hcroïque en un acte, musique de Rameau , représentée devant le roi , à Fontainebleau, par r Académie royale de musique; non imprimée.
Voici à peu près- l'extrait que donne de cette pièce le Mercure de France, volume de janvier 1754 :
Daphnis et Ëglé sont épris d'amour l'un pour l'autre et ne croient ressentir que de l'amitié. Ils vont ensemble au temple de l'Amitié, et, au moment où ils y présentent leurs offirandes et où ils prononcent leur serment, ils sont interrompus par un bruit de tonnerre, et le grand prôtre les repousse, en leur
disant qi/ils n'aiincnt point comme Ton doit aimer. Aussitôt le temple se refci*me. Daphnis et Ëg;lé restent seuls, frappés d'étonnement. La berg;ère accuse son amant d'être infidèle à l'amitié, et, après une scène très-tendre où leurs sentiments commencent à se développer , l'Amour parait et achève de les éclairer sur ce qu'ils sentent l'un pour l'autre. Le théâtre s'embellit. Les Jeux et les Plaisirs, conduits par les Grâces, paraissent à la voix de l'Amour. Une troupe de bergers et de bergfèros viennent former des danses avec les suivants et les suivantes de l'Amour, et cette fête termine l'acte.
Les Amants déguisés, opéra-comique en un acte, représenté sur le théâtre du comte de Giermont, àBerny; non imprimé.
Nous ne savons point quel était le sujet de cette petite pièce, ni si elle fut faite sur des aîrs connus, ou si quelqu'un composa de la musique sur ses paroles. Léris est le seul historien du théâtre qui en parle dans son Dictionnaire des Théâtres de Paris, («t il ne nous en dit autre chose, sinon qu elle fut composée pour l'amusement du prince chez lequel on la représenta. Elle n'a jamais été jouée ailleurs, ni imprimée.
Les Amours de Vénus et d'Adonis, premier acte des Fêtes de Paphos, ballet héroïque en trois actes, avec un prolo{pie, et mis en musique par Mondonville, représenté pour la première fois sur le théâtre de l'Académie royale de musique (avec le prolo(;ue et les deux autres actes, dont le second est Bacchus et Érigone, et le troisième Psyché) ; non imprimé.
Le Mercure de France, tome premier, rend compte de cette pièce dans les termes suivants :
u Le prolo^ie justifie le titre du ballet et le lieu de la scène qu'il représente. Vénus, Bacchus et l'Amour, que l'ennui a
^g[nés jusque dans le séjour délicieux de Papbos, se proposent, pour se désennuyer, de célébrer la mémoire de leurs premiers feux : ce qui forme le sujet des trois actes du ballet.
V L'objet du premier acte est Thistoire des aunours de Vénus et d'Adonis. Mars, transporté de rage et de jalousie, ouvre la scène. Il entre environné de guerriers, auxquels il ordonne de se retirer. Il reste seul sur la scène et déclare ses projets dans un monologue. Il annonce que Diane lui a promis de Êiire périr Adonis sous les coups d'un monstre qui ravage la forèt que le théâtre représente. Adonis, accompagné d'une troupe de chasseurs, vient pour combattre ic monstre. Vénus, inquiète et alarmée pour les jours de son amant, veut le retenir; mais la gloire l'emporte sur l'amour. Adonis s'enfonce dans la forêt. Un moment après on entend des cris qui glacent Vénus d'effroi. Adonis blessé se présente à ses yeux et meurt entre ses bras. La déesse, désespérée de la perte de son amant, le change en une anémone, qui s'élève du milieu d'un tombeau, soutenu par des guirlandes. Des génies couronnent avec des fleurs ce triste monument de la tendresse de la mère des Amours. Mars, satisfait de sa vengeance, vient insulter aux larmes de Vénus. Cette déesse lui montre l'anémone formée du sang de l'amant qui règne toujours sur son cœur. A cet aspect, la rage de Mars se ranime : il veut arracher la fleur. Vénus implore Jupiter. Le tonnerre gronde. Mars, furieux, brave le maître des cieux et arrache l'anémone. Mais une lumière subite succédant à l'obscurité, on aperçoit Adonis, à qui Jupiter a rendu la vie. Vénus est transportée de joie- Mars, trompé dans son espérance, jure dans sa colère de tout mettre à feu et à sang sur la terre. Adonis et Vénus chanteat leur bonheur, et les Jeux et les Plaisirs terminent la fête par des chants d'allégresse et par des danses.
n 11 y a quelques beautés dans ce poëme, mais la versification nous en a paru, en bien des endroits, trop négligée. Il serait à souhaiter que les événements en fussent un peu moins précipités, et que Mars y fût représenté sous des traits pins convenables et plus dignes de lui. On voit avec quelque peine que le dieu de la valeur et des combats a recours à Diane poor
susciter un monstre qui attaque son rival, lequel, après tout, n'est que le plus beau des mortels, n
Razibus, parade, 1740.
Léandre étalon, parade, 1741.
L'Amant poussif, parade, 1742.
Les deux Gilles, prologue de Segonzac, rajusté par GoUé, 1743. Ce prologue a été publié par M. Barrière.
Léandre grosse, parade, 1744.
La Mère rivale, parade, 1745.
Le Mariage sans curé, parade, 1746.
La Vérité dans le vin j avec Vévégue d*Avranches , comédie en un acte, en prose, 1747.
Gilles chirurgien, parade sans ordures, unique à cet égard, 1748.
Tragijlasque, tragédie en vers et en trois scènes, 1749.
Le Rossignol, ou le Mariage secret, comédie en un acte, en prose et en vaudevilles, 1750.
On connaît le sujet de cette pièce, tiré d'an conte que La Fontaine a imité de Boccace. Collé Ta traité de la manière la plus décente possible, ayant eu le soin d'unir les deux amants par un mariage clandestin, avant de les faire surprendre ensemble par le prétendu que le père de la jeune personne veut feirc épouser à celle-ci. Cependant cette pièce est encore du genre de celles qui ne pouvaient être jouées qu'en société.
Léandre grosse, mise en vaudeville, 1752.
Blanc eiNoir, parade de Salle, arrangée par Collé, 1 752.
Les Belles manières, parade, 1752.
La Rivale à Leshos, parade, 1752.
Les Vendanges de la FoUe, prologue, 1752.
L'Accouchement invisible, parade, 1753.
Isabelle précepteur, parade, 1753.
Nicaise, comédie en deux actes, en prose, 1753.
Le sujet de cette pièce, emprunté à un conte de La Fontaine, a aussi été traité par Yadé, dans un opéra-comiqae représenté en 1756, à la foire Saint-Germain. Collé a mis la scène de sa comédie dans une maison des environs de Saint- Cloud, par préférence à tout autre lieu, parce que le château de Saint-Cloud appartenait alors au duc d'Orléans, pour lequel Collé, comme il a été dit, a composé la plupart de ses ouvrages dramatiques.
Le Galant escroc, comédie en un acte, 1753.
La Tête à perruque, ou le Bailli, comédie en un acte, en prose.
La Lecture, prologue en prose, 1754.
Les Adieux de la Parade, prologue en vers libres, 1734.
La Veuve, comédie en un acte, en prose, 1756; imprimée, avec un avertissement, dans le Théâtre de Société de l'auteur.
Diaprés l'avertissement qu'il a mis au-devant de cette pièce, Collé en a emprunté le sujet, ainsi que celui de sa comédie de Dupuis et Des Renais ^ au roman des Illustres Frcuiçakes, où
se trouvent peints le caractère et l'aventure d'une veuve. Les auteurs du Dicdormedre dramatique s'expriment ainsi sur la manière dont Collé a traité ce sujet :
.tt La veuve d'un négociant de Saint-Malo, femme très-riche et encore jeune, aime un chevalier du Lauret, capitaine de cavalerie, dont elle est aimée; mais elle ne veut point l'épouser, parce qu'elle a déjà feit la triste eitpérience que le mariage est le tombeau de l'amour. Un oncle du chevalier lui donne de g^rands biens en faveur de ce mariage, mais la veuve résiste toujours. La suivante de cette veuve se scandalise de l'attache^ ment libre de sa mal tresse, parce qu'elle n'en tire aucun avantage; et un commandeur, ami de la veuve et du chevalier, veut en vain parvenir aussi à les unir; il n*y a que la nouvelle de la perte de la fortune du chevalier, engloutie dans un naufrage, qui détermine enfin la veuve à lui offrir sa main. »
Cette pièce eut peu de succès h Paris, et Collé la retira du théâtre après sa première représentation; mais il prétend, dans l'avertissement, u qu'elle réussit davantage en province, et surtout au théâtre de Bordeaux,' où on l'a rejouée trèssouvent, n
Joconde, opéra-coroiqne en deux actes, 1757.
Dans le prologue, la Parade, l'Espérance, la Crainte et le dieu de la Gaieté, se trouvent personnifiés, et la Parade va, avecLéandre, un de ses acteurs ordinaires, demander à l'Espérance si elle peut encore se promettre d'amuser le public avec son genre de pièces. La Crainte veut empêcher la Parade d'approcher du temple de l'Espérance ; mais celle-ci vient, avec le dieu de la Gaieté, au-devant de la Parade, la rassure et lui promet toujours de nouveaux succès auprès du public. Le dieu de la Gaieté confirme la Parade dans cette attente; mais il lui conseille de suspendre pour (Quelque temps son genre de pièces, et de faire représenter sur-le-champ, devant le public, l'opéracomique de Joconde.
On connaît le sujet de cette pièce, tiré d'un conte que La
Fontaine a imité de FÀrioste. Fa(jan a aussi traité ce snjet, et il a donné le même titre à la comédie qu'il en a faite, en un acte, en prose, qui a été représentée en 1740 au Théfttre- Francais.
Collé a suivi plus exactement le conte de La Fontaine que Fafj^an, pour la conduite de sa pièce, et il en a mis la scène dans une maison de campagne des environs de Saint-Cloud; mais aussi elle est beaucoup plus libre que celle de Fag[an, et ne pouvait être jouée qu'en société.
Tanzaï et Néadarné^ tragi-comédie en un acte, en vers alexandrins, précédée d'un ^prolo{rue intitulé La Lecture, en prose, et représentée sur des théâtres de socie'té; imprimée y avec un avertissement, dans le recueil de l'auteur.
Le prologue offre la situation où se trouve un auteur qui vient de lire une pièce de sa composition k une société de prétendus connaisseurs. Chacune des personnes de cette société lui donne sur la pièce des conseils qui se croisent, et même se contrarient directement. Ce sont un président et sou épouse, chez lesquels la scène se passe, à Paris; un commandeur, un chevalier, un abbé et mademoiselle Gaussin, actrice du Théâtre- Français. Celte dernière personne est la seule qui fasse des observations judicieuses à Fauteur ; toutes les autres lui en font d'une partialité ridicule, selon leurs caractères différents, leur» vices ou leurs préjn(jés. Il ne sait auquel entendre, et cependant cette société va jouer, malg^ré lui, sa pièce, dont on lui a dérobé une copie , ' et qui est la tragi-comédie de TanzaX et Néadamé,
Cette pièce, dont le fond est tiré d'un roman de CrébîUon fils, ainsi que la tragédie de Cocatrix, est fort libre. Lo prince Tanzaï, enchanté par le pouvoir d'une fée malfaisante, ne peut goûter les plaisirs de l'amour avec son épouse, la princesse Néadarné, qui est enchantée aussi, à moins qu'un certain génie n'opère le désenchantement de Néadarné, ce qui
doit nécessairement opérer en mênie temps œlai de Tanzaï. Néadarné, conseillée par une fée protectrice, se voit forcée de consentir ù l'expédient indiqué, et le double enchantement disparait aussitôt, pour le bonheur des deux époux.
Le Rendez^vous manqué par Pierrot, scènes détachëeSi en prose et en vaudevilles, représentées dans une tête donnée au duc d'Orléans, sur son théâtre de société; imprimées, avec un petit avertissement, dans le recueil de l'auteiir.
Pierrot y valet d'un jeune capitaine de hussards, a un rendez-vous amoureux avec une jeune g;risette qu'il veut souffler À tin rival. Mais il est retenu, au moment où il y va, d'abord par le lieutenant<oloncl du régiment dans lequel sert son maître, et qui, babillard insupportable, lui raconte, quelque dépit qu'il en ait, tout ce qu'il a &it et tout ce qu'il a vu aux différentes batailles où il s'est trouvé; ensuite le malencontreux Pierrot est encore arrêté [lar un valet de ses amis, qui l'emmène boire, malg^ré lui, chez une cabaretière dont il est aimé, et qui lui ouvre et son cœur et sa cave. C'est ainsi qu'en enra^feant. Pierrot est forcé de manquer son rendez-vous.
Le Dervis, opéra-comique en deux actes, 1760.
Le Monde renversé, petit acte de comédie rajeuni du théâtre de la Foire, 1761.
Le Jaloux honteux, de DuFresny, mis en trois actes,
Madame Prologue, prologue, 1761.
La Comédie, proverbe, 1762.
Le Berceau j opéra-comique, 1763.
Dupuis et Des Ronais, comédie en trois actes, en vers libres, 1763.
M. Dupais, riche financier, veuf et fort avancé en âge, a une jeune fi]]e nommée Marianne, qui est aimée d^in jeune homme nommé Des Ronais, et qu'elle paye du plus tendre retour. Des Ronais est aussi dans la finance , et , outre les relations d'affairt^s qui le rapprochent de M. Dupuis, il est lié avec lui de la plus vive amitié. Tout parait donc concourir à l'union des deux amants; mais la crainte qu'a M. Dupuis, qui vit avec eux dans la même maison, à Paris, d'en être négligé après leur mariag^e et de se trouver isolé, sans société et privé des soins nécessaires à sa vieillesse, l'empêche de consentir à cette union. Il feint même de croire Des Ronais l^;er dans ses affections, sur quelque faible apparence d'intrig^ie qu'on lui découvre avoir eue avec une certaine comtesse, et il veut le faire croire tel à Marianne, afin de l'en^ger à désirer ellemême de différer le mariag^e. Mais Des Ronais parvient aisément a détruire ces soupçons; et Marianne et lui prometteot tant à M. Dupuis de continuer à vivre avec lut après leur mariage, de ne point se séparer de lui, de ne jamais l'abandonner et de le chérir toujours, qu'il ne voit enfin aucun prétexte raisonnable pour retarder plus long^temps de les unir; il les unit, en effet, au grand contentement de tous les trois.
Cette pièce, dont le fond est tiré du recueil de petits romans intitulé Les Illustres Françaises, par Chasles, eut du succès, dans sa nouveauté, au Théâtre-Français, quoiqu'elle n'ait pas été composée pour le public, nuiis seulement pour le théâtre de société du duc d'Orléans, qui en avait indiqué le sujet à Collé.
On trouve dans l'espèce de discours préliminaire que Collé a mis au-devant de son Théâtre de société, sous le titre de Mmiière de Préface, ou Fragments et un manuscrit intitulé : Épanchement secret de tamour-propre *, la critique suivante,
• Voyez, p. 289 du présent volume, cette pièce telle qu'elle nous est parvenue , écrite de la main de Collé.
qu'ont faite de cette comédie les auteurs du journal V Année littéraire, dans une lettre du 10 mars 1763, et une réponse de Collé à cette critique.
tt 11 Y a dans cette comédie, disent les auteurs de V Année littéraire y un rôle de Clénard, ci-devant précepteur d'un feu neveu de M. Dupuis, et qui est tout à fait inutile. L'auteur aurait pu le remplacer par une soubrette vive, enjouée, spî» rituelle. La pièce en aurait acquis plus d'action , de mouvement et de variété, n
Voici la réponse de Collé :
u Je conviens avec l'auteur de V Année littéraire, et c'est de trè»-bonnc foi que je conviens, que le personnaf^e de Clénard est tout à fait inutile, qu'il n'est point assez lié à l'action, qu'il est froid et que c'est un acteur purement protatique. S'il ne m'eût pas été d'une nécessité absolue pour mon exposition, j'en eusse épar^pié l'ennui aux spectateurs, et je n'en eusse pas fait la faute. Aussi lorsqu'il m'a $er\'i à exposer mon sujet, dans le premier acte, et à développer et mettre un peu en action le caractère de Dupuis, au second acte, je m'en débarrasse et je le renvoie sans façon, sans qu'il se trouve au dénoûment et qu'on l'y regrette. Au lieu que si j'eusse employé une soubrette, cette soubrette, vive et enjouée, n'aurait pas tenu à l'action plus que Clénard , mais elle y aurait occupé plus de terrain. 11 eût fallu lui donner quelque amour pour quelque (jalant valet de chambre; elle eût divisé mon action et nui surtout prodif^ieusement à l'intérêt, en coupant les scènes qui en sont susceptibles. Ainsi, faute pour faute, je me tiens à la mienne, en en convenant, n
L'auteur d'un autre journal , intitulé La Renommée litté* raire, fit aussi, dans le môme temps, la critique de cette comédie, dont il trouvait la versification négligée et languis» santé, et Collé lui répondit de cette manière :
u Soit amour-propre, ou vérité, je crois, au contraire, la versification de Dupuis et Des Renais vive et soignée; mais je ne suis point surpris que dans ce siècle-ci, où le goût de l'éptgramme, des vers brillants, des maximes et des sentences s'est
introduit dans les ouvrages où il devait le moins entrer, je ne suis point étonné, di»-je, que l'on veuille faire régner ce fiinz goût dans la comédie, à laquelle il est pourtant si oj^posé. Le public, cependant, applaudît toujours au naturel, et ce n^est point sa faute si les auteurs dramatiques d'à présent ont tant d^esprit. J'avoue qne j'ai évité avec soin d'en avoir; j'entends de cet esprit qui n'est pas l'esprit de la chose. J'ai toujours cru et je croirai toujours que les pensées dans une comédie doivent être prises du fond de son sujet. C'est en conséquence que j'ai tâché de donner à mes idées et à mes vers le plus de simplicité qu'il m'a été possible. Je n*aî jamais conçu le dialo(jiie de la comédie autrement que comme l'imitation, presque mot pour mot, de la conversation des hommes, consen'ant à chaqnc caractère le style qui lui est propre. J'ai toujours cherché 1» phrase la plus familière; j'ai évité les antithèses, et je me suis constamment attaché au vrai et à n^ndre la nature. »
Malgré la justesse de ces différentes critiques et la faiblesse des réponses de Collé, cette pièce s'est conservée longtem{)s au théâtre.
Le Bouquet de Thalte, prologue, 1764.
La Partie de chasse de Henri IV, comëdie en trois actes, en prose, mélëe de chants, 17C4 ; imprimée avec une épitre dédicatoire adressée au duc d'Orléans, un aTertissensent et un prologue intitulé Le Boufutt de Thalie, et précédée d'un avertissement dans le Théâtre de Société de Fauteur.
M Ge prologue du Bouquet de Thalie, dit Collé, dans le petit arertîssement qu'il a mis en tête de cet opuscule, est un badi* nage critique, mais sans amertume, et en action de la tragédie^» de la comédie larmoyante, du théâtre de société, et des pièo?s à ariettes; et il était destiné à précéder, dans une fête de société, une représentation particulière de la comédie de La Partie de chasse de Henri IV» n Les personna^s de oe prt>-
logue sont ceux des difFéi-ehles pièces de ces divers g^enres, avec le dieu du Goût, Thalie, la fausse Melpomène, la fausse Thalie et FAriette, personnifiés; et il est suivi d'une représentation de la comédie de La Partie de chasse de Henri 1\\ exécutée par ces mêmes acteurs, qui Tof firent pour bouquet à Thalie, un jour qui est censé être celui de sa fête.
Voici le sujet de cette comédie :
Tandis que le roi de France Henri IV, qui est à son château de Fontainebleau, se dispose à aller à la chasse, des courtisans, tels que le duc de fielleg^arde et le marquis de Gonchiny, ennemis du duc de Sully, premier ministre et ami du roi, s'occupent des moyens de perdre ce ministre, dont la rigide vertu ne leur laisse aucun espoir de pouvoir profiter de la bonté du caractère du roi, et même de ses faiblesses, pour surprendre des grâces injustes et des faveurs peu méritées. Ils ont fait parvenir au roi des calomnies contre Sully; mais il sait les détruire d'un seul mot , dans un entretien qu'il a avec ce prince, qui annonce à toute sa cour l'estime singulière qu'il fait de Sully et l'amitié qu'il lui voue pour la vie. Henri part pour la chasse et vent que Sully, pour qu'elle soit heureuse, l'y accompagne et ne le quitte point jusqu'à son retour. Un cerf, que poursuit le roi, l'a fait aller de la fbrét de Fontainebleau dans la foret de Sénart, près du village de Lieursaint. Il s'est éloigné de sa suite; et, seul, égaré dans la nuit, il est arrêté par un meunier, nommé Michel Richard, on Michau, que le bruit d'un coup de fusil, tiré par des braconniers, a fait sortir de chez lui. Michau, prenant Henri même pour un braconnier, veut l'emmener; mais Henri se fait passer pour un ofB* cier de la suite du roi et demande un asile pour la nuit. Michau le lui accorde, le conduit chez lui et le présente à sa femme, Margot, et à sa fille, Catau, au moment où Richard , son fils, revient de Paris, où il était allé pour demander justice contre le marquis de Gonchiny, qui a feit enlever sa fiancée, jeune paysanne nommée Agathe. Le marquis a fait enfermer cette jeune personne dans une maison où il se proposait de la voir, et Richard n'en a pu approcher ni obtenir la satisfaction qu'il
était en droit d'attendre. Ce iilcbeux évéïieinent a jeté la consternât ion dans la famille de Mîchan, qui en mariant Richaid avec Agathe, comptait aussi nnir sa jeane fille Catau au jeune paysan Lucas, qu'elle aime et dont elle est aimée; mais le malheur arrivé an frère ne permet pas de songer à faire le honheur de la sœur. Cependant on reçoit Fétranger le mieux qu'on peut. Henri soupe avec cette &roille, apprend ses chagrins, et promet de trouver les moyens de les faire cesser. En effet, à peine le souper est-il' fini, que la suite du roi vient s'informer dans cette maison si on ne l'aurait pas vu, ou si «m n'aurait pas entendu dire où il se serait retiré pendant la unit. Sully et les autres courtisans retrouvent le roi chez Michan; mais Conchiny, qui est aussi de cette suite, ne retrouve qu'an juge sévère dans Henri. Agathe a fui de la maison où Conchiny l'avait fait enfermer, sans vouloir le voir ni entendre parler de lui; mais le roi n'en croit pas moins devoir punir Conchiny de SSL coupable entreprise, et il exile le ravisseur. Il unit ensuite Richard à Agathe et Catau à Lucas; il dote les jeunes gens et passe le reste de la nuit chez Michau, qu'il ne quitte que le lendemain pour retourner à Fontainebleau.
Cette pièce, qui avait été composée pour la société du duc d'Orléans, y fut jouée longtemps avec beaucoup de succès, ainsi que sur tous les autres théâtres de société et dans toutes les villes de province, sur les théâtres publics, avant de paraître sur le Théâtre-Français de la capitale, m Elle y fut reçue avec transport lorsqu'elle y parut enfin, selon ce que nous apprend le chevalier de Bfouhy dans son Abrégé de f Histoire de ce théâtre. Elle eut vingt-six représentations de suite, avec les mêmes applaudissements; et, quoiqu'on la redonne très-souvent, elle fait toujours le même plaisir. »
u Cette comédie ingénieuse et intéressante, disent les auteurs du Dictionnaire dramatique, dans laquelle on retrouve la fameuse conversation où le duc de Sully, premier ministre de Henri IV, se justifie auprès de ce prince des imputations calomnieuses que les courtisans, ses ennemis, se plaisaient à répandre contre lui, présente un tableau si vrai, si naïf, et en même temps si simple et si sublime du caractère et des moeurs
du ^prand Henri et du vertueux Sully ,,qne Ton ne peut assister
à ce spectacle sans une vive émotion de plaisir et de tendresse, n
L'abbé de La Porte raconte, dans ses Anecdotes dramatiques,
M (|u'un jour oîi Ton représentait dans la salle des spectacles
de la cour, à Versailles, la comédie de La Partie de chasse de
Henri IV, qui y était très-bieu jouée, au troisième acte, dans
la scène onzième, on Henri est à table avec Michau et sa
famille , et où celui-ci chante une chanson pour réjouir son
hôte, lorsque Facteur fiit au troisième couplet, qui commence
par ces paroles :
« Vive Henri Quatre, etc. •
tous les spectateurs, dont la sensibilité avait été vivement émue dans le cours de la représentation , entrant tout à coup dans ]*enthou$iasmc, se mirent à répéter en chœur et à haute voix oc couplet , qui fut chanté de nouveau en entier et de la même manière. Cette circonstance singulière, dans laquelle les sp€*ctatenrs devinrent acteurs, est un nouveau trait a ajouter à l'éloge de l'immortel Henri et à Thistoire du caractère national *. »
Comme il a été dit plus haut. Collé a fait, pour l'une des représentations de cette comédie sur un théâtre de société et pour une fête paiticulière, un prologue intitulé Le Bouquet de TItaUe, qui est imprimé dans son recueil.
Depuis le. succès de La Partie de chasse de Henri IV, plusieurs auteurs se sont empressés de mettre ce bon roi sur la scène, en choisissant divers traits de sa vie qui pussent se
* Ce n'est pas la seule fois que la voix des spectateurs s'est jointe à celle des acteurs; dans le Déserteur et dans d'autres pièces le même fait s'est reproduit, et nous lisons dans le Spectateur anglais : u Cette envie de chanter de concert avec les acteurs est si dominante en France, que, dans une chanson connue, j'ai vu quelquefois le musicien de la scène jouer à peu près le même personnage que le chantre d'une de nos paroisses, qui ne sert qu'à entonner le psaume, et dont la voix est ensuite absorbée par celle de l'auditoire, n XXI H* discours.
prêter au g;enre dramatique, ne cloutant pas d'intéresser infiniment les spectateurs toutes les fois qu'ils pourraient le faire a^r ou parler devant eux, selon ce que rhistoîre et les mémoires de son temps nous rapportent de ses actions et de ses paroles. M. Boutillier composa dans cette vue, en IT71, une comédie mêlée de chants, sous le titre du Laboureur devenu gentilhomme ^ unecdote de Henri IV, en un acte, en prose, qui ne fut point représentée alors, mais qui fut imprimée à Paris, chez Mérigot le jeune. Il a retouché depuis cette pièce avec M. Després de Walmont. Ils Tout fait représenter sur le théâtre de Monsieur, frère du roi, le 12 octohre 1789, sous le titre du Souper de Henri IV, et elle a beaucoup réussi. L'anecdote (]ui a fourni le sujet do cette pièce est connue : c'est La Dinde en pal, M. du Rosoy introduisit aussi Henri IV au Théâtre-Italien, en 1771, dans La Bataille d'Ivrjy avec de la musique de M. Martini, et depuis M. Destival de Brabant et M. Joly de Saînt-Just l'ont mis au théâtre des Grands-Dan- Seurs du roi ; le premier dans une pièce intitulée La nuit de Henri IV chez le charbonnier, et le second dans deux pièces, l'une sous le titre de Henri IV à Meulan, et l'autre sous celui de V Entrée de Henri IV à Paris.
Le Véritable amour, comcdie en deux actes, en prose, jouée avec succès, 1764.
La même, en cinq actes, 1765.
Les Accidents, comédie en un acte, 1765.
Les Balances du mérite, divertissement dramatique en un acte, 1765.
La Cassette magique, prologue, 1765.
L'Ile sonnafUe, ^comédie en prose, mêlée d'ariettes « musique de Monsijjny, 1767.
Collé nous fait connaître dans l'avertissement qu'il a mis au-devant de cette pièce, u qu'avant de paraître au Théâtre-
Italien, elle avait été jouée sur celui du duc d'Orléans, en son château de Yillers-Cotterets, pour lequel elle avait été fiûte et où elle n'avait eu aucun succès; mais que le publie fut plus indulgent , qu'elle eut quatorze représentations à la Comédie italienne et que l'excellente musique de Monsigny la soutînt un peu contre son poëme; car, ajoute-t-il, je suis entièrement de l'avis du public sur Vile tonnante; c'est une mauvaise pièce.
M Dans ce sujet , qui est totalement de mon invention , dit* il, j'avais eu le dessein de faire une critique douce et badine du genre des comédies à ariettes, que je prends la liberté de trouver d'aussi mauvais goût tout au moins que l'ancien genre des pièces à vaudevilles, et qui, à la fin, tombera comme ce dernier. Je me suis trompé dans mon sujet, ou je l'ai mal exécuté; et sans doute ces deux raisons réunies se sont rencontrées pour ennuyer le spectateur. Ce projet d'ailleurs ne comportait qu'un acte, au plus; et puis il fallait me faire comprendre par les auditeurs, et des gens de bien m'ont assuré qu'on avait trouvé ma pièce inintelligible. Cela n'entrait point dans mes vues et j'ai tort. En effet, l'oubli presque total où sont tombés les refrains des vieux vaudevilles doit avoir jeté une merveilleuse obscurité sur quelques ariettes de cette pièce, qui étaient fondées sur cette plaisanterie. »
Au reste, quel qu'ait été l'événement de la prédiction de Collé sur le sort des pièces à vaudevilles et sur celui des pièces à ariettes, nous ne pouvons qu'être de l'avis de Des Bonlmiers, dans son Histoire du Théâtre-Italien , sur cette pièce de Vile sonnante, u dont, nous dit-il, Collé a tiré la première idée de Rabelais, et nous croyons avec lui que ce serait être bien injuste que de juger sur cette plaisanterie l'auteur de Dupuis et Des Ronais, de La Partie de chasse de Henri IV, et de beaucoup d^autres pièces, dans lesquelles on trouve des scènes que Molière n'aurait point désavouées. »
Voici comment les auteurs du Dictionnaire dramatique font connaître la manière dont Collé a traité ce sujet bizarre :
« Durbin et Célénie, destinés l'un à l'autre par les lois de leur empire, né. pouvaient s'unir, sans la crainte des plus
grands malheurs, si la princesse n'avait ponr le prince l'amonr le pins tendre et ne le lui avait témoigné publiquement; et il était défendu à Durbin de parler de sa passion à Célénîe. Par les ordres d'un génie, Durbin s*est embarqué avec la princesse et est allé consulter une fée sur le succès qu'il espère. La fiée lui répond : Mon Jils, Célénîe ne te dira qu'eile faune que lorsqu'elle ne parlera pkiSy et tu ne sauras ce qu'elle pense que lorsqu'elle ne pensera plus. 1^ prince et la princesse remontent sur leur vaisseau, et la puissance supérieure qui les gouverne les fait arriver à Vile sonnante ou File de la Musique: car la Musique en est la divinité. On n*y parle qn*en chantant. Durbin exprime son chagrin de n'y entendre que de la musique, et Célénie en devient Iblle. Alors elle accomplit Toracle de la îée. Elle ne dit pas qu'elle aime Dndbin : elle le lui chante. Elle dit ce qn^elle pense lorsqu'elle ne pense plus, puisqu'elle est devenue folle. On lui rend sa raison en ne lui parlant plus en musique, et le prince, par l'accomplissement de l'oracle, ne trouvant plus d'obstacle à son mariage, retourne avec Célénie dans ses États pour le conclure. »
Collé a joint à ce fond la double intrigue àes amours, également enchantés, d'un écuyer du prince et d'une suivante de la princesse; et la fin des tourments de ces valets s'opère eu même temps que celle de l'incertitude amoureuse de leurs maîtres.
La Sensibilùé des ivrognes, proveii>e historique, 1768.
La Mère coi/uette, de Quinault , où Collé a diangé le rôle du marquis, 1769.
L'Andrienne, de Baron, remise à neuf, 1769.
L' Esprit folkt, d*Hauteroche , refondu presque entièrement, 1770.
Le Menteur^ de Corneille, refondu de même, 1770.
Recueil complei de mes chansons, tant impnmëes qiK manuscrites, que j*ai ajoutées au troisième Tolnme de
mon Théâtre de Société^ de Tédition de 1777, dans mon exemplaire.
Chansons gui n'ont pu être imprimées, et que mon censeur n'a point dû me passer. Sans indication de lieu ni de libraire. 1784. Petit in-12 de 212 pages.
Chansons joyeuses, mises au jour par un Ane^-onyme^ onissime. Nouvelle édition considérablement au(][mentée, ave.c de grands changements qu'il faudrait encore changer. A Paris, h Londres et ù Ispahan seulement; de l'imprimerie de l'Académie de Troyes, VXL.CCD.M. (1765). In-8*.
Ce volume est le même que les Chansons joyeuses qui servent de quatrième tome à V Anthologie française de Monnet.
Onze volumes de jouirnaux manuscrits et reliés, le premier commençant au mois d'août 1748, et le dernier finissant en octobre 1772 '.
Enfin, on peut ajouter h la liste ci^essus les deux volumes manuscrits en la possession de M. Génie*.
' II s'agit du Journal de Collé. Les éditeurs n'ont donné, en trois volumes in-octavo, que neuf des onze manuscrits qui sont indiqués par Collé : les deux autr& sont égarés. Du reste, nous nous proposons de publier une nouvelle édition du Journal en question, édition que rend nécessaire et qui couronnera dignement le présent volume, avec lequel elle formera désormais un ensemble régulier, un tout harmonieux.
* Voyez p. 226 et suiv.