‹ Correspondance inédite de ColléChapitre 27 sur 100 · LETTRE XXV · texte numérisé non relu

LETTRE XXV

A Grignon, ce 10 octobre 1778.

Il se peut très-bien, mon cher enfant, que votre retour ici que vous annonce M. de Saint* Amand soit le terme et la cause du silence de M. Puissant. H vous attend peut-être pour vous dire ce qu*il ne veut pas confier au papier. Il se peut aussi que M. Puissant n'ait rien k vous dire encore; communément, ce n'est que vers le milieu de novembre que les affiûres commencent à se remuer à Paris. Quoi qu'il en soit, tranquillisez-vous, mon ami ; vous n'avez pas encore longtemps à attendre. Vous êtes jeune; j'avais près de trente ans lorsque j*eu8 un emploi de douze cents francs, et je riais.

Il est sûr, mon cher fils, que votre négligence à mon égard a été un peu bien forte ; et si vous voulez que je vous parle en père là-dessus , je vous dirai , à la franr^ guette, qu'il ne faudrait pas agir de même avec un autre qui serait dans la même position où je suis avec vous. Vous blesseriez au moins son amour-propre, si vous n'offensiez pas sa sensibilité. Je vous dis cela uniquement pour vous. Je vous aime, et mon amitié est indulgente; mais croyez que peu de gens sont aussi bénins que moi sur ces matières.

Nous resterons ici, mon fils, jusqu'aux fêtes de Tous-' saints, au moins. S'il faisait beau, nous pourrions bien les y passer.

M. de Mooticourt est mort subitement le lundi 5 oc* tobre, en allant promener ù Neuilly^ où il a été enterré ^ J*en suis dans le plus grand chagrin. Je vous embrasse de tout mon cœur.

• Venez-nous voir, si vous revenez bientôt, et aimezmoi plus que vous ne m'aimez. Mes fenmies vous font mille compliments.

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