GUSMAN
Je me rends donc, seigneur, et vous l'avez voulu.
Vous avez sur un fils un pouvoir absolu.
Oui, vous amollissez le cœur le plus farouche.
L'indulgente vertu parle par votre bouche.
Eh bien, puisque le Ciel voulut vous accorder
Ce don, cet heureux don de tout persuader,
C'est de vous que j'attends le bonheur de ma vie.
Alzire, contre moi par mes feux enhardie,
Se donnant à regret, ne me rend point heureux.
Je l'aime, je l'avoue, et plus que je ne veux *.
Mais enfin, je ne puis, même en voulant lui plaire,
De mon cœur trop altier fléchir le caractère;
Etf rampant sous ses lois, esclave d'un coup cCœil^
"Par des soumissions caresser son orgueil.
* Je C aime 9 je t avoue, et plus que je ne veux.
Voilà un vers de comédie. D'ailleurs , ce Castillan , qui aime plus qu'il ne veut^ n'aime rien que lui, et ce n'est pas là la manière daimer des Espagnols; il a plutôt celle d'un Soudan. Les quatre vers admirables que j'ai soulignés devraient être transportés dans ZaXre : ils seraient dans le caractère d'Orosiiiane, que l'auteur a &it amoureux comme un Espagnol. Gusman et lui devraient troquer leur Êiçon d'aimer.
Je ne veux point sur moi lui donner tant d'empire. Vous seul, TOUS pouvez tout sur le père d'AIzire.