‹ Correspondance inédite de Collé faisant suite à son journal, accompagnée de fragments également inédits de ses œuvres posthumesChapitre 6 sur 110 · GORRESPO:SDANCE IXÉDITE · texte numérisé non relu

GORRESPO:SDANCE IXÉDITE

la vanité. Les louanges glissent sur moi ; elles ne me font plus d'effet. Ce qui m'a touché véritablement dans votre lettre 9 c'est le ton de sentnnent qui y règne, et que je mérite seulement par l'amitié que j'ai pour vous. Cette amitié çst fondée sur l'estime que vous m'inspirez et sur les esparances que j'en ai conçues. Il faut augmenter l'une et réaliser les autres par votre travail et par rkonnéteté de votre conduite. Il n'y aura plus de bornes alors à ma tendresse pour vous. Ce n'est point ^ssea, mon ami, ou plutôt je n'avais pas besoin d'être persuadé de votre reconnaissance pour les faibles services que je vous ai rendus; ce n'est point moi qu'il faut en convaincre , ce n'est point moi qu'il fimt flatter hoimétement comme vous le faites, c'est M. de Saint-Âmand qu'il vous importe d'enj^r (sans fausseté, pourtant). Je vous ai dit à l'oreille le secret de sa vanité. Servesvous continuellement de ce secret, que je crois infaillible pour votre avancement. Saisissez, que dis-je? faites naître les occa3ions sans fin de lui écrire. Consultez-le, demandez-lui ses avis sur les moindres choses; jetez dans vos lettres ce ton de confiance , de sentiment et d'abandon à ses lumières qui le persuadera. N'oubliez pas de le louer toujours : il est louable par beaucoup de côtés, et vous ne manquerez ni à vous ni à la vérité. Que votre directeur lui écrive aussi sur vous de temps en temps. Travaillez, instruisez-vous promptement, afin que M. Domiliers' puisse, en conscience, lui marquer

* Directeur des fermes, à Soissons, sous les ordres duquel le jeune homme était placé.

vos progrès rapides. Voilà, mon ami, le nœud gordien de votre affaire.

Si vous suivez les conseils que je me permets de vous donner, vous ne serez pas longtemps sans appointements. Vous se^ez bientôt en pied. Mais, mon cher fils, souffrez encore que je vous répète qu'il faut travailler, et beaucoup. Comme disaient les anciens : « De rien on ne peut faire rien. » J'y ajoute et je vous rabâche ce qne je vous ai dëja dit : « Il faut aussi tisiire valoir ce quelque chose qu'on fait » et c'est, dans votre situation actuelle , ce que M. Domiliers, votre parent et votre ami, saura bien faire, si vous le méritez. Confiez^bii la lecture de ma lettre, et demandez-lui de vous fournir des occasions d'écrire à M. de Saint*-Amand. Je cminais beauconnp de réputation M. Domiliers : il en a une excellente, et TOUS êtes trop heureux d'être tombe entre ses mains, car vous resterez à Soissons; M. de Saînt-Âmand en a assuré ma femme il y a quelques jours.

Après tous ces avis et sentences, n'allez pas me prendre pour un pédant, mais regardesHmoi toujours comme votre vieux ami et votre second père.

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