‹ Correspondance inédite de Hector Berlioz-1819-1863Chapitre 48 sur 88 · LU · texte numérisé non relu

LU

A JOSEPH D ORTIGUE

[Londres], 25 mars [1852J.

Mon cher d'Ortigue,

Je t'écris trois lignes pour que tu saches que j'ai obtenu hier soir un succès pyramidal. Redemandé, je ne sais combien de fois, acclamé et tout {sic) comme compositeur et comme chef d'orchestre. Ce matin, je lis dans le Times, le Morning Post, le Morning Herald^ VÂdvertiser et autres, des dithyrambes comme on n'en écrivit jamais sui* moi. Je viens d'écrire à M. Bertin pour que notre ami Raymond, du Journal des Débats, fasse un pot-pourri de tous ces articles et qu'on sache au moins la chose.

La consternation est dans le camp de la vieille société philharmonique. Costa et Andersen boivent leur bile à pleins verres.

Je n'ai pu faire entrer à Exeter Hall qu'une de tes dames; mais l'autre a trouvé le moyen d'enlrer aussi (en payant, je le crains). Enfm, sois content. Tout va bien. J'ai un fameux orchestre et un admirable entrepreneur (Beale) qui ne lésine pas. Depuis hier, il est à moitié fou de joie. C'est un grand événement pour l'art musical ici et pour

d86 CORRESPONDANCE INÉDITE

moi que ce succès. Les conséquences n'en sont guère douteuses, à ce que chacun dit.

Adieu, mille amitiés. Va voir Brandus, si tu en as le temps, et prie-le de tirer la moelle des journaux anglais pour sa Gazette. C'est curieux, je t'assure.

Page 1