‹ Correspondance inédite de Henri Heine: avec une préface et des notesChapitre 37 sur 49 · C.-F. Culemann, D^phil Th. Geppert, Stud. jdr · texte numérisé non relu

C.-F. Culemann, D^phil Th. Geppert, Stud. jdr

miration de ce qu'un grand poète pût être aussi un grand juriste. Si ces derniers mots ne m'avaient

Le mari est maître de la dot.

Lé créancier doit donner quittance.

Tous les actes judiciaires doivent avoir lieu publiquement.

L'obligation ne résulte pas du serment.

La confarréation fut, chez les Romains, la forme la plus ancienne du mariage juridique.

Le diplôme de docteur obtenu par Heine, à la suite de ces épreuves, est un diplôme de troisième degré, post exhibita legitimœ scienHœ specimina. Le premier degré exige egregia tpecimina; le second, laudabilia. Nous rapportons ce détail qui ne peut nuire à la gloire de Heine, et consolera peut-être les docteurs qui n'ont pas été plus heureux que lui.

Quant aux compliments latins faits par le doyen Hugo au jeune po^te, dont il aurait dit que les vers, au jugement général, pouvaient être placés à côté de ceux do Gœthe, il semble qui^, dans sa lettre à Moser, Heine les traduit en les amplifiant quelque peu. Le célèbre jurisconsulte^ s'il en faut croire les témoignages venus de Gœttingue, aurait dit simplement que Heine pouvait être comparé à Gœthe en ceci, que, comme Çœthe^ il avait mieux réussi dans la poésie que dans la jurisprudence.' — On voit que le doyen Hugo, avec son fin sourire, était digne d'avoir nffaire à un récipiendaire tel que Hoine.

rendu défiant à Tendroit de l'éloge, je ne m'en ferais pas peu accroire d'avoir entendu, dans un long discours latin, du haut de la chaire, comparer Henri Heine à Gœthe, et assurer que, de Taveu générai, mes vers peuvent être placés à côté des siens» Voilà ce qu'a dit le grand Hugo dans la plénitude de son cœur, et, le même jour, il m'a dit encore privatim beaucoup de belles choses, en nous promenant ensemble, et à sa table du soir, où il ifne fit prendre place. Aussi je trouve que Gans a tort de parler de Hugo d'un ton dédaigneux. Hugo est un des plus grands hommes de notre siècle !

Hier, j'ai perdu toute la journée à écrire des lettres à ma famille, à recevoir des félicitations, et, aujour^ d'hui, je suis mort. Ne t'effraye pas, je parle au figuré. Je ne puis donc pas t'écrire maintenant, bien que j'aie matière à une lettre infinie, surtout si je voulais te dire tout au long combien je t'aime, et combien tu mérites d'être aimé.

En somme, ma santé va bien. Probablement j*^ ne resterai plus longtemps ici. Dans une lettre à mon oncle, j'ai laissé entrevoir mon désir d'aller aux bains de mer, et j'attends de sa grâce et de sa mr^acUp que ce vœu pourra s'accomplir^ Clalotûon Re\iic

a passé ici en voyage, m'a fait tout de suite chercher, et a été amical au delà de toute idée : aussi ai-ie passé avec lui des heures agréables. Mais, comme des étrangers ont été constamment présents, je n'ai pu parvenir à lui parler de mes affaires personnelles, et, au moment où j'allais partir avec lui pour Cassel, la voiture s'est trouvée si remplie, que I^ierreSchlemihl * a dû rester en arrière. — Pourtant j*ai assez d'esprit pour ne pas croire qu'il fera beau demain parce que le soleil a brillé aujourd'hui.

Ci-joint, un paquet de Thèses dont tu enverras un exemplaire chez M. 4© Yarnhagen. (Ne peux-tu pas me dire s'il e§t parti ou non ?) Remets-en un aussi au conseiller Hitzig, dont le vif intérêt à tout ce qui m'arrive m'a toujours fait un. vif plaisir. Salue-le aussi. Distribue les autres exemplaires à nos amis et connaissances, Zunz, Rubo, Lehmann, Lessmann, le vieux Friedlânder, et, si tu veux aussi, aux Hillmar, aux Veit, etc. Si tu pouvais faire parvenir un exemplaire à Gans ou à Marcus, j'en serais bien aise. Salue très-cordialenient Zunz; dis-lui que je le remercie beaucoup de ses notes. Des juifs ont réel-

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