‹ Correspondance inédite de l'empereur Napoléon avec le commandant en chef de l'artillerie de la grande armée. Pendant les campagnes de 1809 en Autriche, 1810-1811 en Espagne et 1812 en Russie. Avec un fac similé autographe de Napoléon, et des notes historiques et topographiquesChapitre 1 sur 13 · Première partie · texte numérisé non relu

Première partie

DISPOSITIONS DE L'EMPEREUR NAPOLÉON AVANT LA BATAILLE. — ORGANISATION DE L'ARTILLERIE. — SYSTÈME POLITIQUE ET MILITAIRE DE NAPOLÉON VIS-A-VIS DE L'EUROPE*

\^ Un de nos meilleurs généraux a dit qu'au-

cune correspondance de Napoléon^ publiée ^ jusqu'à ce jour, n'avait autant d'importance

^ que celle-ci, surtout dans ce qui a rapport à

^ la Russie.

Un emploi nouveau et heureux de Tartillerie , pendant la journée de Wagram, a donné à cette bataille célèbre un caractère particulier, qu'il est d'autant plus utile d*apprécier que , depuis cette époque, Napoléon a fait usage des mêmes moyens sur tous les champs de bataille.

Sous ce rapport, la correspondance de l'empereur Napoléon avec son général en chef de l'artillerie , initié à sa pensée, chargé de pourvoir partout et dans toutes les occasions aux approvisionnemens de guerre y cette correspondance, disons-nous, ne peut manquer d'avoir un véritable intérêt historique.

Il importe de préciser d'abord les causes qui ont amené la campagne d'Autriche , et les évënemens qui ont marqué la première période de celte guerre mémo-

rabict sfin ào faire mieux comprendre la pMitioD de

l'Empereur après la bataille d'Ësâling.

La paix de Tiisil , conquise par les laborieuses campagnes du Nord , porta Napoléoa à l'apogée de la pois- Bance. Ebloui lui-même aux splendeurs de sa propre Torlune, il tourna vers l'Espagne ses ambitieux regards, et bientôt la Péninsule ibérique retentit du bruit des armes dans tonte l'ëtendne de son sol.

Sanglante et brbée par la défaite de ses alliées, mais constante dans sa haine, mais debout aux deux extrémités du continent , en Suède et en Portugal , l'Angleterre la première s'applaudit de la nouvelle latte que Na< poléon venait d'engager. Elle montra à l'Autriche les bellflf contrées d'Italie qne lui avaient arrachées quinze .»<, An. »..«>-.-a= incessanLes, et qu'il était facile de reque le vainqueur avait à surmonter toais d'une guerre d'invasion. Elle lui offrit iside de 100 millions. Jamais , en effet-, portane oe s'était présentée à l'Aotricfae : l'épée le traité de Presbourg.

iDçaises éparpillées à Naples , à Madrid, jsbonne , à Hambourg , Napoléon luitnEspagne... Et puis, an succès facile début , avec des forces 'consid^aUea , nagne tout entière, tentait la Russie, "âge des Espagnols , en un mot, pouvait a France le fruit de ses travaux et de

[i déclara la guerre.

809, l'archidac Charles passa l'inn «

e dirigeant lers Honieh et BalisbMtne^

où, «près avoir réuni près de 180,000 homme9*(l) , il devait agir sur le centre des forces disséminées de Parmée française.

Napoléon , instruit de ce mouvement , s'empressa d'ordonner la réunion de ses forces désunies. Il partit lui-même de Paris le 12 avril ; le 17 il avait rejoint son quartier-général à Donawerth; le 19, après avoir rallié les différens corps de son armée , il prenait vigoureusement Foffensive.

Le combat de Thann , livré au centre des armées de Tarchiduc ; la bataille d'Âbensberg , qui isole sa gau^ che; r affaire de Landshut, qui achève de la mettre hors de combat; la bataille d*Eckmûlh , livrée de nou^veau contre son centre , et enfin le combat de Rati3bonne|y qui finit de rompre l'armée autrichienne : tels sont les succès brillans et décisifs qui marquent le début de cette campagne.

L'archiduc Charles met le Danube entre son armée et l'armée française. Napoléon , après s'être emparé de Vienne, s'apprête à aller à sa rencontre et effectue le passage du fleuve en présence de l'ennemi. Celui-ci', profitant de ce mouvement^ attaque avec toutes ses forces le corps de Masséna qui a passé le fleuve. Une Intte terrible s'engage. Opposant le courage au nombre, nos soldats arrêtent les masses énormes de l'ennemi ^ et

(1 ) Les autres corps, • destinés à coopérer aux opérations de Tarchiduc, élevaient la force réelle de l'armée autrichienne à 400 mille combattans, et à 700 bouches à feu.

L'armée française s'élevait à 318,000 hommes, y compris les troupes alliées; elle avait 560 pièces de canon.

Ton voit, dans cette journée^ 30,000 hommes lutter con^ tre 80,000, sous le feu concentrique d'une immense artillerie. G*est la célèbre journée du 21 mai ! Les ponts de bateaux^ plusieurs fois rompus et plusieurs fois raccommodés ^ permettent aux troupes de Lannes et d'Où-* dinot de défiler pendant la nuit. La garde et les cuirassiers de Nansouty passent au point du jour.

Le combat recommence terrible » acharné , meurtrier comme la veille, mais , celte fois, avec des chances moins inégales pour lesFrançais, ou plutôt avec Tespérance pour eux d'un beau succès. Déjà même ce succès est certain » lorsqu'on vient annoncer à l'empereur que le grand pont du Danube a'été rompu par des moulins et des brûlots que l'ennemi a dirigé contre eux. Dès lors. Napoléon ne doit plus compter sur les quatre divisions de Davoust, ni sur les réserves d'artillerie, pour reprendre roffensive.Il est obligé de rentrer dans lacitadelle de Tile Lobau ; mais ce mouvement, impossible à exécuter en plein jour, exige encore de la part des Français un courage surhumain pour se maintenir pendant- toute la journée dans leurs positions, devant un ennemi supérieur en nombre , secondé par une puissante artillerie » et encouragé par l'obligation où se trouvent nos soldats de s'arrêter. Trente heures, depuis la veille, ils n'ont point cessé de combattre , et leur constance montre enfin à l'archiduc qu'il n'a rien à espérer contre des hommes décidés à vaincre ou à mourir. Il se contente de canonner l'armée française des positions qu'il occupe. Notre artillerie , privée de ses chevaux tués pendant l'action, ayant plusieurs pièces démontées, manquant de munitions , répond faiblement à cette canonnade.

PeodaDt lu nuit , Napoléon s'établit dans l'Ile Lobau.

Située à deux lieues au dessous de Vienne , cette lie célèbre , longue d'une lieue sur trois quarts de large , est séparée de la rive droite par une autre tie de 3,000 toises de tour, puis par le grand lit du fleuve où se trouvent encore cinq à six autres îles. Cette division des eaux les rend moins profondes et moins rapides.

C'est là que , pendant cinq semaines^ Napoléon prit les savantes dispositions qui devaient assurer le succès de la belle journée de Wagram.

Calme et tranquille, il regardait l'agitation que se donnaient autour de lui ses ennemis, dans Tespérance de l'écraser enfin dans cette position.

Ce fut alors que M. le général comte de La Riboisiëre vint prendre auprès de l'Empereur les fonctions de commandant en chef d'artillerie.

Napoléon avait annoncé que la bataille de Wagram serait une bataille à coups de canon. Sa correspondance avec le comte de La Riboisière présente une idée exacte des moyens nouveaux qu'il mit en usage pour donner à cette arme un immense développement» et atteste de la prodigieuse activité qu'il déploya pendant les cinq semaines qui précédèrent cette bataille.

Le premier et le plus important de tous ces moyens fut Remploi des grandes réserves d'artillerie. Les campagnes de Prusse et de Pologne avaient déjà démontré à TEmpereur Teificacité de Partillerie ainsi employée (1).

(4) A léna, ayec une partie des batteries du 4« corps, l'artillerie avait produit un effet puissant et terrible. A Eylau, dans

La terrible épreuve qu'il renaît de soutenir contre'rarehiduc, aux sanglantes journéesf d'EssIing, où rarlilierie ennemie^ massée sur un point, avait fait des décbiru* res profondes dans les rangs de nos soldats , devint pour lui une démonstration nouvelle.

Il résulte toutefois , de l'ensemble de certains doeu^ mens , que la pensée première de ces grandes réserves d'artillerie est due au général comte de La Riboisière. En effet » après la campagne de Pologne ^ le général avait conseillé à l'Empereur de former dan» sa garde deux régimens d artillerie destinés à servir une impo«» saute réserve de boucbes à feu. Napoléon y avait donné son adbésion , mais cette organisation fut entravée par des intrigues. Ce ne fut qu'à Tlle Lobau qu'elle put être liomplétée et qu'elle eut occasion de servir.

L6 30 juin 9 l'armée française présentait un effectif de 150^000 bommes et 400 bouches à feu. Neuf ponts de bateaux avaient été jetés sur le Danube et Pile avait été garnie de formidables batteries. Les 60 boucbes à feu, confiées aux deux régimens d'artillerie de la garde $ et que le comte de La Riboisiëre venait d'organiser, furent conduites par ce général lui-même sur le terrain où elles devaient agir. Ce ne fut que lorsque cette bat**^ terie eût commencé son feu que l'Empereur le rappela pour prendre auprès de lui sa place de commandant en chef de Tartillerie. Lauriston fut chargé du comman<« deinent particulier de cette grande batterie , dont les

la position du cimetière, ce furent 30 pièces d*artillerie qui arrêtèrent pendant toute la journée les colonnes profoiklef de rinfiiQierie russe.

•v^mtf

généraux Drouat et Daboville eurent lé commandement en second.

« Lauristott , dit Jomini ^ s'avance derrière la cava«* » lerie avec 60 pièces de réserve » et se trouve bientôt » senl en avant de ia ligne avec sa redoutable batle- » rie ; il démasque ses pièces, se porte en avant avec » audace $ et accablant lonnemi de mitraille et de boni> lets p il prélude au succès que le centre se prépare à )> remporter» »

A plusieurs reprises , l'Empereur, en voyant l'effet produit dans les rangs autrichiens par cette terrible ri^ serve, dit au général La Riboisière: « -— A Eylau , votre artillerie m'a puissamment soutenu, mais aujour'd'hui elle gagnera la bataille. »

Après la victoire, et tout plein de la part que Tartil^ lerie avait eue au succès de la journée de Wagram , l'Empereur voulut qu'à partir de celte époque chaque régiment d'infanterie eut deux pièces de canon conduites et servies par les soldats mêmes du régiment.

Cette innovation fut abandonnée plus tard.

La correspondance de TEmpereur avec le comte de La Riboisière , se rapportant aux préparatifs de cette mémorable journée, ne peut manquer d'intéresser vi«vement les lecteurs ; elle peut , d'ailleurs, jeter nn jonr nouveau sur l'histoire de la dernière période de la cam*pagne d'Autriche. Elle se compose de quarante-sept lettres, dont la première porte la date du 4 juin , la dernière celle du 44 octobre de la même année. Presque toutes sont antérieures au 6 juillet , jour de la bataille de Wagram , ayant été écrites lorsque Napoléon, établi dans File Loban, luttait de toutes les com^-

binaisons de soq génie conlre les chances que la fortune pouvait lui opposer, et s'apprêtait à ressaisir d'un seul coup les avantages que la journée d'EssIing lai avait fait perdre.

Celles qui sont postérieures à Wagram n'offrent pas moins d'importance. Le système politique et militaire de Napoléon à l'égard de l'Europe s'y révèle tout entier.

Sans doute, dans le nombre de ces lettres , il en est qui ne portent que sur des choses de détail qui n'ont aujourd'hui que peu d'intérêl ; mais il n'en était point ainsi lorsque nos armées étaient à la veille de combattre « et lorsque l'envoi de quelques pièces d'artillerie de plus , à telle ou telle division, pouvait assurer le complément des mesures d'ensemble que l'Empereur avait arrêtées dans sa tête, et dont le succès de la bataille du lendemain pouvait dépendre.

En second lieu, il ressort de ces lettres sur des objets qui peuvent paraître minimes, une chose que l'on savait généralement, mais dont peu de personnes avaient eu sous les yeux des preuves écrites : savoir , cette merveilleuse aptitude qui rendait l'Empereur capable de saisir, dans toutes les parties d'administration , les détails les plus inaperçus, comme les conceptions les plus vastes.

Au reste, plus on avance, et plus rintérétde ces lettres se développe. Bientôt la bataille de Wagram va donner lieu à l'application d'un système d'emploi nouveau de l'artillerie; les événemens marcheront, et avant la paix signée^ le 14 octobre 1809» plus d'une lettre de Napoléon révélera , à ceux qui étudient cette grande époque , des

Yues et des projets militaires dont i'hiâtoire pourra faire son profit^ surtout au sujet des fortiGcations des grandes villes.

«Monsieur le général LaRiboisière, envoyez àrarmée dllalie, àŒdenbourg, 4 caissons de 12 : elle a 2 pièces de 1 S et n'a que !2 caissons. Elle trouvera dans le parc de quoi atteler les 4 caissons ; le principal est de lui envoyer des munitions.

» Cette armée a aussi quelques caissons d'infanterie et d'obusiers vides. J'écris au prince Eugène de les envoyer à Vienne pour les remplir.

D Sur ce y je prie Dieu qu*il vous ait en sa sainte garde,

» Â Ebèrsdorf, le 4 juin 1809.

D Napoléon. »

«Monsieur legénéral LaRiboisière,faites-moiconnaltre quel est le nombre de pièces d'artillerie qui arment les ouvrages de la tète du pont de Passau (1). Faites-moi un rapport sur ces ouvrages et sur le degré de défense dont ils sont susceptibles.

» Faites-moi connaître le nombre de pièces d'artille-

(1) Passau, ville forte de la Bavière^ est située au confluent du Danube avec Tlnn et l'Iltz. Elle est entourée par une Tieille enceinte.Entre le Danube et riltz^ se trouve le château d'Oberhausen, couvert par deux petits fronts bastionnés du côté de la terre. Napoléon Bt couvrir Passau de ce côté , relever le camp retranché d'Instadt, petite ville située à droite de Tlnn , ren-

rie qui défendent la téta de pont de Lintz. Indépendani'* ment des pièces d'artillerie gqe peuvent avoir les corps chargés de la garde de ces ouvrages importans, il sérail nécessaire d'avoir des pièces de gros calibre pour la défense de Tun et de l'autre ouvrage, tt Sur ce » je prie Dieu « etc. ,

• Schœnbrûn, ce 5 juin 18^)9.

» Napoléon. »

«Monsieur le général LaRiboisière, je désire que vous mé rendiez tous les jours un compte détaillé de Texécution des ordres donnés pour les opérations préparatoires du passage.

» Vous me remettrez, dès cesoir , votre premier rapport.

» Sur ce , je prie Dieu , etc.

» Napoléon.»

«Monsieur le général La Riboisière, le ducd'Auerstaedt, qui a 20 pièces de canon vis-à-vis Presbourg (1), a usé

forcer le château d*Oberhausen, et établit le dépôt général de Tarmée à Passau.

« Passau, écrivait Napoléon le 1 *' mai 1 809, est le lieu où, en » cas de retraite, mon intention est de passer Tlnn, et c'est aii- 9 tour de Passau que f ai le projet de constamment manœu- » vrer. En cas d'un mouvement rétrograde de l'armée , mon » intention est d'y laisser constamment 10,000 hommes, etc. »

(1) Presbourg est située sur le Danube. En face de la ville, •ur la ri?e droite, se trouve une petite île, et près de l'île le yiUage|d'Engeraii. A l'ouest de Presbourg s*étend l'île de

beaucoup de munitions et va en user encore. Ayez soin que ses caissons soient remplis au far et à mesure. Faîtes-moi connaître quand les 50 pièces de canon , mortiers ou obusiers de siége^ destinés pour i'ile, seront embarqués ici et débarqués dans Tile ? Faites-moi connaître quand vous aurez 3^000 cartouches à balles ou à bon-* lets de 12; 5,000 de 8; 18,000 de 6; 4,000 de 4, 3,000 de 3; 3,000 d obusiers de 6 pouces; 4,500 d'obusiers de 5 pouces 4 lignes ; en tout 40,000 coups de canon et 1 ou 2,000,000 de cartotiches ? Ceci est indépendant de tout ce qui sera porté sur les caissons. Faites-moi coonaitre quand rembarquement de tous ces objets commencera ; combien de bateaux il faudra pour les transporter, et quelles mesures ont été prises pour mettre; dans l'tle^ ces munitions à l'abri de la pluie ! » Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.

> À Schœnbrûn, le 6 juin 1809 (à midi).

» Napoléon. y> ce Monsieur le général La Riboisière, envoyez au duc d'Àuerstaedt 6 pierriera de ceux que vous avez à Vienne,

Petzchen, à l'est, celle de Stadt-Aue. Des ouvrages avaient été construits dans les deux îles. Le maréchal Davoust fut chargé d'attaquer Presbourg", ce qu'il fit avec la plus grande vigueur. Le général Petit fut tué à la tête des voltigeurs du 12«, en essayant de forcer les retranchemens ennemis. Pre8t)0urg fut bombardée par Davoust. Il avait reçu Tordre d'y jeter 2,000' obus; mais, sur une lettre de l'archiduc Charles ^ Napoléon fit cesser te bombardement. Son but d'ailleurs était atteint : c'était d'attirer rattention de Tennemi sur ce point.

avec la poudre et l'armemenl nécessaires. Ces Gpierriers seront employés à jeter des pierres dans une ile dont nons ne sommes éloignés que de 80 toises ^ où Tennemi occupe des retranchemens. Le duc d'Âuerslaedt aurait aussi besoin de 3 ou 4 petits mortiers, mais je crois que vous n'en avez pas. En écrivant au général d'artillerie qui commande devant Presbourg d'envoyer chercher ces pièces à moitié chemin , elles pourront arriver avant minuit devant Presbourg.

» Sur ce , je prie Dieu , etc.

» A Schœnbrun, le 7 juin 1809, à 8 heures du matin.

» Napoléon. »

« Monsieur le général La Riboisière, je vous envoie un état que je reçois du vice^roi. Faites venir ceux de ces boulets qui vous sont le plus nécessaires.

» Sur ce, je prie Dieu, etc.

A Schœnbrûn, 10 juin 1809.

» Napoléon. »

c( Monsieur le général La Riboisière , on me rend compte qu'il n'y a pas d'artillerie en batterie à Passau. Ordonnez que Ton en envoie d'Augsbourg et d'Ingolstadt^ et de la tête de pont de Rhain (1), où il y a, je crois,

(1) Rhain, sur le Lech, forme un ouvrage avancé de la tête de pont du Lecb. La petite forteresse de Rhain, entourée d'une ancienne chemise, est cou^rtc, d'un côté, par trois fronts bastionnés en terre, de l'autre, par les marais de la rive droite du Lech.

six ptèc^. Ordonnez^ en attéDdant, que Ton place, en les prenant h la citadelle de Passau , deux pièces de canon dans chacun des ouvrages avancés de la droite Tlnn^

Cl. 6 pièces.

Trois dans Touvrage sur les hauteurs

de Tenceinte 3

Six autour de la yUle 6

Trois dans l'ouvrage en avant de

Passau. 3

18 pièces.

» Ce sera bien faible» mais, au moins, cela mettra les ouvrages à Tabri de la cavalerie et de la landwerb. Faites-moi connaître, avec un plan, quel doit être Tarmenient de celte place, le matériel et le personnel d'artillerie qu'il y a, et ce que je puis espérer si cette place était attaquée. La division alliée et les dépôts de cavalerie qui sont là n ont aucune artillerie. S'il n'y en avait pas de disposée dans les ouvrages, ils ne pourraient pas se défendre contre une attaque. Il y a aussi à Straubiog six pièces de canon, faites -les venir à Passau.

» Sur ce, je prie Dieu, etc.

9 Schœnbrûn , M juin.

«Monsieur le général La Riboisière,faites partir , aujourd'hui, 4 pièces de 18 avec 300 boulets par pièce., pour se rendre à Raab. Vous les adresserez au général Laurislon. Vous pouvez les envoyer d'ici à Ebersdorf. Là, elle seront relayées parles chevaux du duc d'Aucrstaëdt

De celte manière , elle pourront arriver en trois jours & Raab(l)« Vous enverrez un oiBcier pour faire faire ces relais. Joignez à ces 3 pièces de 18 deux grands oboriem prussiens. Gela sera servi par le personnel de Tarmée dltalie.

D Sur ce p etc.

» A Schœnbrûn, le 19 juin, à neuf heures du matin.

p Napoléon. »

c( Monsieur le général La Riboisière, je donne ordre que 2 compagnies du 2"" régiment d'artillerie qui sont au corps du duc de Raguse, savoir, la 5® et la 9^ /rejoignent le grand parc. Il restera, pour le service du duc de Raguse, deux compagnies du 8^ régiment d'artillerie, savoir, la 3* et la 9% ce qui est plus que suffisant.

» Sur ce, etc.

» A Schœnbrun, le 20 juin 1809.

» Napoléon. »

«Monsieur le général La Riboisière, les petits mortiers que vous avez envoyés au duc d'Auerstaëdlontétéenvoyés devant Raab : ils auraient besoin de 300 coups à tirer

(1) Haab ou Javarin est situé au-dessous de l'embouchure du Rabnitz et du Raab. Entre le bras du Danube et le Raab se trouvait un camp retranché. Le front extérieur des ouvrages avait environ 3,000 toises. La place de Javarin forme une sorte de carré long, re^ ctu et flanqué par 7 bastions à flancs retirés. La place est enveloppée par des fossés et par un chemin couvert. Raab tomba au pouvoir des Français après la victoire remportée par le prince Eugène.

par pièce. Faites-l6d partir avant neuf heures in matin : ils seront dirigés comme le convoi d*hier pal* les relais jasqn'à Raab.

» Faites partir également 1,000 coapsde IS el 1,000 coups d'obusiers de 5 pouces 6 lignes. Joignez 2 pièces de 12 de siège en bronze, avec 600 coups à tirer. Dirigez la marche de ce convoi de manière qu'il arrive aujourd'hui devant Presbourg, et demain à Raab.

» J'ai prévenu le duc d'Auerstaëdt pour qu il fasse rétablir les relais qui ont servi w convoi d'hier.

» Sur ce , etc.

» Schœnbrûn, le 20 juin ^8091, à trois heures du matin*

» Napoléon. »

<i Monsieur le général La Biboisière , donnez ordre à Neustadt et à Bruek que lés munitions destinées pour Tannée dltalie se dirigent sur Vienne. Il y a entre autres un million de cartouches qui sont dans ce cas.

» Puisque nous approvisionnons l'armée d'Italie par des relais et des convois, ces munitions doivrat rentrer au grand parc.

D Envoyez un officier, avec un ordre positif de vous , à Neustadt et à Bruck^ pour qu'il en soit ainsi. Donnez aussi les mêmes ordres à OEdenburg.

» Sur ce, etc.

» Schœnbrûn , 2\ juin 1 809.

«Napoléon. »

«Monsieur le général La Riboisiëre, Raab s'est rendu : je donne ordre que 4 pièces de 18 et 2 de 12, avec leurs

approvisionnemens , soient dirigées sans délai sur l'Ile. Donnez ordre que les pièces de 18 soient placées à l'ile Lannes qni, par ce moyen, en aura 22, et que les pièces de 12 soient placées è Tile Espagne, qui, par ce moyen , en aura 20.

» Prenez des mesures pour que ces pièces soient arrivées le 25. J'ai donné également ordre qu'on laissât les 20 premiers milliers de poudre et les 500 premiers milliers de cartouches qu'on trouvera à Baab , et qu'on fît filer sur Ebersdorf les seconds 20 milliers de poudré et les seconds 500 milliers de cartouches. Réitérez cet ordre^ envoyez-y quelqu'un qui ne fasse qu'aller et venir et qui vous rapporte des renseignemens positifs sur l'artillerie de cette place.

» C'est le seul moyen d'être bien et promptement îmformé. Je donne ordre que de Preshourg et de Raab on nous envoie 200 ancres et des cordages. Donnez ordre qu'on les fasse venir par des relais. Avez-vous fait prendre les ancres que le général Lasalle, dès le 17, annonçait avoir trouvées dans les faubourgs de Raab ? Âvezvous envoyé des baquets pour prendre les pontons que le maréchal Davoust avait trouvés de son côté ?

D Sur ce, je prie Dieu, etc.

» Schœnbrun, 23 juin ^809.

» Napoléon. »

«Monsieur le général La Riboisière, la bataille qui va avoir lieu doit préluder par une grande canonnade de l'île.

» C'est donc une canonnade de 86 bouches à feu qui doivent être approvisionnées chacune au moins de 300 coups; cela fait donc 25 à 30,000 coups de canon. Avezvous la poudre nécessaire pour cela? Quand les 100 milliers de poudre qui viennent de Bavière seront-ils ar* rivés? Je demande des calculs positifs. Six heures d'intervalle gâteraient tout. Raab.a demandé à capituler^ il me larde de savoir s*il y a de la poudre. Je me suis refusé à la proposition que vous m avez faite de mettre des pièces de campagne , pour compléter les 86 bouches à feu. Quand ce nombre de 86 bouches à feu sera-t«-il complété par celles qu'on tire de Vienne? Il me semble que vous ne manquez pas d'affûts, mais que ces affûts ne sont pas ferrés; quand le seront-ils? Il vous faudrait au moins 30 affûts de 18^ 3 de 12, 3 de 6, 3 d'obusiers et 3 crapaux de mortiers de rechange. J'ai donné Tordre que dès que Raab sera pris, les 4 pièces de 18 et les 2 pièces de 12 de siège que vous y avez envoyées reviennent par le relai sur Ebersdorf ; elles seraient en réserve. Si je demande encore 18 pièces de 18, pouvez-vous les fournir? Vous avez les pièces, vous avez les boulets, les 100 milliers de poudre doivent être arrivés. Avez-vous les af^fûts? S'il ne s*agit que de les ferrer , ce doit être l'ouvrage de peu de jours. Si je demandais 6 obusiers à grande portée, pourriez- vous les fournir? Pouvez-vous fournir 2 pièces de 6? Vous devez avoir les pièces , les boulets : restent les affûts qui ne sont pas ferrés. Quand tout cela sera-t-il prêt?

» J*ai le projet de jeter 2,000 obus dans Presbourg pour obliger l'ennemi à évacuer les îles qu'il occupe, en te menaçant de brûler la ville. De quelle sorte d'obus

fgut-il se sertir pout Isonscmmer les rntaniliôns les moins précieuses (1)?

» Sur ce> je prie Dieu, elc.

t Schcieûbrùn, le 22 juin, à dix heures dutuâtin.

» Nai^olêôn. »

d Monsieur le^ général La Riboisière , mon espérance sur Raab a été frustrée. II ne s'y est pas trouvé de poudre. Ci-joint l'état de l'artillerie qu'on y a trouvée.

» Je vous prie de me répondre sur ce qu'il serait possible deburnir pour armer cette place.

» Voici ce qui me semble devoir convenir :

Artillerie.

Elles y sont 10 pièces de canon de là.

^ âO — . de â et de 6.

deiîx qui sont vîs-à-vîs 6 mortiers.

t^resl>oarg 4 obusiers.

Il fondrait 4,000 boulets de 12*

8,000 id. de 3 et de 6.

1,000 obu3. 1,000 bombes.

» 11 me semble qne 20 milliers dé potldre sèMièiit

(1) On voit, d'après cette lettre et celles qui précèdent; par quelles dispositions , par quels soins , par quelle étude des moindres détails, Napoléon s'apprêtait à la grande lutte qu'il allait engager. Cest bien là Thoniine qui ne veut laisser au hasard aucune des chances de la victoire !

suiBsans avec 2 ou 300^000 cartouches. Répondez-moi sur-le-champ à tous ces articles.

» Sur ce f je prie Dieu , etc.

I) Schœnbrûn, 25 juin 1809.

» Napoléon. »

« Monsieur le général La Riboisière , je reçois une lettre du vicfr-roi qui m'annonce qu'il a gardé les 1,000 coups de canon que vous m'a vez^ envoyés pour les pièces de 12 et qui, avec les 500 qui restaient dans la place ^ feront 1,500 coups ou 150 coups par pièce. Faites partir dans la journée 1,500 autres boulets pour former le nombre de 3,000. Donnez l'ordre qu'on laisse à Raab, les 2 pièces de 6 que le vice-roi a prises à l'ennemi. Faites partir dans la journée 4 autres pièces en fer de 6, ce qui fera 6 pièces de 6. Donnez ordre que, lorsque les obusiers auront servi devant Presbourg, on les renvoie à Raab ; qu'on laisse 300,000 cartouches. Faites également partir 3,000 boulets de 6. Moyennant cela , il y aura dans la place 6,000 coups de canon et 18 à 20 pièces de canon avec 3 ou 4 milliers de poudre. On peut alors la considérer comme en état. Aussitôt que les 50 milliers de poudre qui sont arrivés le 23 à Passan , seront îci| on portera le nombre de pièces à 40.

» En résumé, prenez des mesures pour que 4 pièces de 6 et 1,500 boulets de 12, 3,000 boulets de 5, 1 millier de coups & mitraille des deux calibres , et 4 milliers de poudre, partent dans le jour pour être rendus à Raab le 28.

I) Schœnbrun, 26 juin 1809.

» Napoléon. »

c( Monsieur lé général Là Riboisière, chargez le gênérai Sorbier de laisser à Raab une compagnie d'artillerie pour travailler à Tarmement de cette place. On n'y laissera d'abord que dix pièces de 12 , six de 3 y deux obusiers et trois mortiers, que l'on portera successivement à quarante bouches à feu. On aura soin d'économiser la poudre , en ne tirant que des pièces de 3, lorsque ce ne sera pas sur quelque chose d'important. 6,000 coups de canon bien employés sont déjà quelque chose. Vous mettrez quelque argent pour les travaux à la disposition du général Sorbier. Donnez ordre que 2 ou 3,000 fusils qui sont à Raab soient envoyés sur Vienne. Pour l'opération de Ttle de Lobau y il est nécessaire d'avoir 100 flambeaux pour éclairer la marche du convoi, ainsi que 30 lanternes. Ces moyens sont indispensables pour pouvoir travailler la nuit avec autant d'activité que le jour.

» Sur ce, etc.

» SchœnbrÛD, 26 juin 1809.

» Napoléon. »

« Monsieur le général La Riboisière^ il y a à Raab 10 pièces de 12. Si ces pièces étaient approvisionnées, ce serait déjà sufBsant pour mettre cette place à fabri d'un coup de main. Pouvez-vous y envoyer 3,000 boulets , 500 coups à mitraille et quelques milliers de poudre , sans déranger mes opérations de Ttle Lobau?

))Si vous le pouvez, faites partir cela aujourd'hui. Pou-

vez-vous envoyer 6 pièces de 3 en fer avec 3,000 boulets? Alors la garnison aura 6,000 boulets à tirer, et elle tirera de préférence du 3, toutes les fois que ce ne sera pas sur qujBique chose d'important.

)» Si tout cela peut partir aujourd'hui , mettez-le en marche sur-le-champ ; alors je considérerai la place de Raab comme en état*de défense. Faites-moi connaître quand vous pourrez faire partir 5 autres pièces de 3 , 5 pièces de 6 et. 6 autres milliers de poudre , toujours sans déranger nâes combinaisons.

» Je suppose que d'ici à cinq ou six jours vous recevrez des convois de poudre. Mais il faut que les 5 pièces de 3, les 6,000 boulets et les 4 milliers de poudre par-* tent aujourd'hui pour arriver à Raab demain soir, et que je puisse défendre cette place.

» Sur ce, etc.

» Schœnbrûn, 26 juin 1809.

» Napoléon. »

« Monsieur le général La Riboisière, le colonel Baste ne peut point vous rendre de pièces de 3, puisqu'^il a fait faire les affûts ; il ne faut donc plus y penser. Je croisque le meilleur parti serait d'envoyer 5 pièces de 6 en fer à Raab, puisqu'il n'y en a point de 3.

B Le ferrement des affûts pourrait s'achever à Raab même. Je crains que les 1,600 coups de 12, qui avaient été envoyés à Raab, m'aient été renvoyés ici.

» Le parti que vous prenez sur un point aussi important ne vaut rien. Venez vous-même me rendre compte. Ou il faut abandonner Raab, ou il faut le garder. Si je le

garde » il faut qu avant la nuit la poudre et les boulets soient partis.

» On ne peut donc pas attendre que le colonel Baste donne ses pièces; c'est une économie ridicule qui compli*que les travaux et ne finit rien.

» Sur ce» etc.

» SehcenbruD; 26 juin 1 809.

» Napoléon. »

c( Monsieur le général La Riboisière, je donne ordre que 4 mortiers de 5 pouces (1) et 2 obusiers qui sont employés à tirer contre Presbourg, retournent à Raab aussitôt que le feu sera fini. Il est donc nécessaire que vous envoyiez à Raab 1,000 ou 1,200 bombes ou obus. Ainsi, il y aura à Raab 6^000 boulets et 1,000 bombes ou obus.

» Sur ce, etc.

» Scbœnbrûn , 27 juin 1 809.

j> Napoléon. »

«Monsieur le général La Riboisiére , faites partir le pont de radeau demain matin et faites-le descendre Jv^squ'à Ebersdorf. Je désire qu'il arrive demain au soir.

» Sur ce, etc.

]> Schœnbrun, 28 juin 1809.

Ordres donnés par TEmpereur, et qui se rattachent principalement à la lettre xiii, du 23 juin, commençant

(1 ) Les deux autres reviendront sur Ebersdorf.

par ces mots : « La bataille qui va avoir lieu doit prélu* » der par une grande canonnade de l'ile. »

Ce$ ordres sont distincts de ceux^ plus ou moins détaillés» qui furent signés à la jsém^ époque par le majorgénéral, Alexandre Berthier, et qui préoédérent aussi la bataille de Wagram •

a 1® Il sera construit une batterie incendiaire de 1 i bouches à feu vis-à-vis de Presbourg, savoir : 3 mortiers de 6 pouces^ 2 obusiers de 6 pouces 4 lignes» qui, de Raab, seront conduits devant Presbourg» 6 mortiers de 11 pouces, c(ui, de Vienne» partiront aujourd'hui et seront rendus demain devant Presbourg.

x> 2^ Chaqueb mortier aura 250. bombes, ce qui fera 1,500 bombes pour les 6 mortiers. Ces 1,500 bombes partiront en deux convois: un demain matin, Tautre demain au soir.

» 3^ Le duc d'Âuerstaedt donnera des ordres pour le placement de cette batterie, et pour faire commencer le feu.

» Napoléon. D

Schoeobrun^ 24 juin 48Q9.

TiTBE ï". -^ Des ponth

^ i^ Il y aura cinq bacs dans le canal de Vtle Alexandre pouvant porter chacun 300 hommes et 2 pièces de canon sur leurs rouages, 400 coups à tirer par pièce dans des caisses, aind que 10,000 cartouches également dans des caisses. Chacun de ces bateaux aura sur Tavant une espèce de mant«let en madriers, à

répreuve de la balle, qui servira à être jeté sur le rivage pour protéger le passage des pièces; à droite et à gaache de chaque bateau il sera placé un bordage de 2 pieds de hauteur, servant à cacher les hommes et à les mettre à l'abri de la fusillade.

» 2° Le premier de ces cinq bacs portera le bout d'une cinquenelle avec un crochet en fer, et il sera désigné un arbre sur la rive gauche» auquel sera attachée cette cinquenelle. Un treuil sera attaché sur la rive droite, pour la tendre sur le champ, et les cinq bacs se serviront de la cinquenelle pour revenir. Le général d'artillerie désignera l'arbre auquel sera attachée la cinquenelle, et il fera placer le treuil vis-à-vis dans les broussailles le 26.

» 3® Le pont entier pour l'infanterie débouchera immédiatement après; on en réunira les trois ou quatre parties dans la dernière partie du canal ; après cela, on les fera descendre le long du rivage. On plantera le 26 des piquets, et on désignera le lieu où le pont doit être appuyé sur la rive opposée; on le placera plus bas que la Maison Blanche. ^

» 4® Le pont de radeaux sera construit un peu plus bas que Textrémité de l'ile Alexandre.

» 5° Le pont de pontons sera construit sur la petite île, en avant de l'île Alexandre ; è cet effet les bateaux, madriers, etc., seront portés la veille dans ladite petite île.

» 6® Il y aura un bateau avec quelques chevalets, les madriers, poutrelles et cordages nécessaires pour faire un pont de 15 à 20 toises. Ce bateau et tous les agrès seront cachés sur la rive droite, vis-à-vis le petit bras qui sépare

nie du Danube de la Maison Blanche. Lorsque les troupes seront arrivées à cette hauteur, une escouade de pontonniers mènera ce baleau pour faire Ih un pont.

)) 7^ 11 y aura dix pontons chargés sur des baquets attelés, avec les madriers, poutrelles, cordages et tous les objets nécessaires pour faire trois ponts de 10 toisas chacun ; cela se tiendra dans Touvrage de la tranchée. Le pont qui doit être fait à Tembouchure dans le Danube sera réuni en portions, afin de gagner du temps, et, par ce moyen, pouvoir le jeter en deux heures.

Titre IL — Des bouches à feu.

)> 8^ La batterie de Tile Espagne sera augmentée de 4 mortiers en fer de 11 pouces* Ces mortiers jetteront des bombes dans la redoute que Tennemi a de ce côté là, pour en éteindre le feu, et aussi dans Enzersdorf lorsque le feu sera éteint.

» 9^ La batterie numéro de Ttle Lannes sera augmentée de 4 pièces de 18 venant de Raab ; ce qui, au lieu de 8, la portera à 12; la même batterie sera augmentée de 4 mortiers, ce qui, au lieu de 4, la portera à 8.

» 10'' Pour épargner la pondre, il y aura 2 charges pour les pièces de 18, 100 coups de 6 et 100 coups de 4; on ne tirera à 6 que lorsqu'il sera question de faire brèche et de tirer contre les maisons.

» 11^ On aura en réserve 6 pièces de 18, et 12 pièces de 6, ce qui fera 18 pièces, et le nombre d'affûts qu'on pourra ferrer d'ici au 29. Ces pièces serviront à construire des batteries contre celles que ferait l'ennemi pour contrarier nos projets, et surtout contre la batterie

qa'ii a du côté de la Maison Blaucke , pour pouvoir les éteindre sur-le-champ.

» 12"^ Le général d'artillerie et le général du génie donneront des ordres , chacun en ce qui le concerne, pour lexécalion du présent ordre*

» Napoléon. »

Schœnbrûn, 28 jain 1809.

ot 1® Le capitaine Larue fera ponter les bateaux, de manière à pouvoir jeter le pont de l'embouchure sur le Danube en deux heures de temps.

» 2° Il sera choisi cinq bacs ou bateaux pouvant porter chacun 300 hommes, lesquels seront remontés dans le bras et pourront débarquer 1,500 hommes à la fois sur la rive droite. Il sera jeté sur-le-champ une cinquenelle; et ces cinq bacs feront traille. Comme le bras du Danube n'a, dans cette partie, que 60 toises^ on pourra passer autant de monde qu'on voudra ; chacun de ces bacs sera arrangé pour porter une pièce de canon.

)) 3^ Le commandant des marins , avec ses bateaux armés de canons , prendra position , au moment de V affaire y dans le Danube vis-à-vis le Hanslgrund^ e( fera débarquer 2,000 hommes sur des bateaux à lui. Ces bateaux sont autres que ceux formant le pont. Ces derniers étant pontés ne doivent servir que pour les ponts.

» 4^ Aussitôt qu'on sera maître des batteries du Hansigrund et que le débarquement aura eu lieu, le commandant des marins s'emparera de Tile Rohrthsirth, tâchera d'introduire un de ses bateaux dans le canal qui sépare te Hansigrund du Danube, et placera ses bateaux

vi8*à-vi8 le Zanet , en faisant le tour de l'Ile de Rohrthsirth pour battre cette^ droite de la rivière.

» 5"* Le générai Oudinot sera chargé de toute cette opération. Les comnaandans de rarliilerie et du génie du 2^ corps prendront à cet effet les mesures conve- Bables.

» 6* 11 y aura sur des baquets» des pontons tout prêts pour jeter des ponts vis*à*vis Mûlbeuten.

» 7* Il y aura^ vis-à-vis le petit bras appelé Steigbeigl qui sépare le Danube de la Maison Blanche, un bateau avec trois chevalets , les madriers et agrès nécessaires pour jeter là un pont. Ce pont sera démasqué et mis à Feaa lorsque les troupes seront à cette hauteur.

» 8^ Le géiMéral Oudinot et les généraux commandant Tartillerie et le génie sont chargés de faire toutes les dispositions et de prendre les mesures de détail pour rexécutioû de ce projet.

» Napoléon. »

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