A M. DE CHOISEUL
De SaîDtJoseph, c« samedi 11 mai 1761.
Un neveu, un guidon, une réforme, des promesses positives qu'il n'arriverait point de mal qiii ne fût bien réparé, ma folle passion pour vous, votre bienveil-* lance pour moi me font vous dire : * In te domine speravi, non confundar in œternum. •
La grand' maman' vous dira le reste; elle voulut bien passer hier la soirée avec son enfant; nous bûmes à son «. qui tu sais * ; elle fut de la meilleure humeur du monde; les deux maréchales en furent charmées*. J'espère qu'elle vous parlera de moi. Vous devriez rougir de ce que je n'entends jamais parler de vous. Ne pas m'aimer est de la dernière ingratitude, moi qui vous aime comme une religieuse , qui m'affecte de tout ce qui vous regarde, plus que vous ne vous en affectez vous-même ; moi qui veux avoir un petit châ-
» Anne Brulard, mariée i Gaspard de Vichy, seigneur de Champrond. et mère de madame du DefTand, était fille de Nicolas Brulard, premier président au parlement de Dijon, et de Marie Boufteillier, qui, après la mort de Nicolas Brulard, se remaria au duc de Choiseul et mourut à quatre-vingt-deux ans, en 1738. Ainsi, la duchesse de Choiseul (en premières noces Brulard) était grand'mère de madame du Deffand, ce qui amena la plaisanterie du nom de grand'maman que madame du Duffand donnait i^la duchesse de Choiseul-Stainville, qui de son cOté, l'appelait sa pellle-filte. La duchesse de Choiseul était mademoiselle Crozat du Ch&lel, dont les parents étaient amis de madame du Deffaud.
■ Mesdames de Luxembourg et de Mirepoix.
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D£ MADAME DU DEFFANO.
teau à Ghanteloup; moi enfin qui résiste à vos rigueurs et de qui vous réformez le neveu, après m'avoir promis qu'il ne le serait pas; moi qui suis la seule de toutes vos connaissances que vous ne voyez jamais, tandis que je suis la personne de l'univers qui vous aime le plus constamment, le plus tendrement, le plus passionnément, le plus follement, etc, etc., etc.
J'ai donné un petit mémoire à la grand'maman ; c'est pour une petite affaire que je voudrais bien qui pût se faire sans voua, parce que je n'aima pas vous importuner, mais j'ai fort à cœur qu'elle réussisse.