‹ Correspondance inédite;Chapitre 66 sur 123 · L. TOSLTOÏ · texte numérisé non relu

L. TOSLTOÏ

14 avril 1877.

A^otre dernière lettre, écrite à trois reprises, Dieu merci, n'est pas perdue. Chacune de vos lettres m'est chère et surtout une comme celleci. Л^оиз ne croiriez pas quel plaisir m'a fait ce que vous dites dans votre avant-dernière lettre sur l'essence de la divinité.

Je suis entièrement d'accord avec vous, et je voudrais vous dire beaucoup de choses, mais on ne peut le dire dans une lettre, le temps manque.

Vous me parlez pour la première fois de la divinité-Dieu, tandis que moi, depuis longtemps déjà, je pense sans cesse à ce problème essentiel. Et ne dites pas qu'on ne peut y penser : non seulement on le peut, mais on le doit. Dans tous les siècles, les hommes les meil-

leurs, c'est-à-dire les vrais hommes, y pensèlent. Et si nous ne pouvons penser comme eux, nous sommes obligés de trouver comment il faut penser.

Aa^cz-vous lu les Pensées de Pascal, c'est-àdire les avez-vous relues récemment? Quand vous viendrez chez moi, nous causerons de beaucoup de choses et je vous les donnerai à lire. Si j'avais été débarrassé de mon roman, dont maintenant j'écris la fin et corrige les épreuves, à la réception de votre lettre je serais parti chez vous. Je no sais pourquoi votre dernière lettre m'a touché si vivement et m'a rappelé notre amitié: j'ai un grand désir de vous voir.

Mon poète K..., à qui j'ai ordonné d'apprendre par cœur ce que vous écrivez de lui, sur-lectiamp a écrit pour vous un message, très mauvais, qu'il m'a demandé de vous envoyer. Je crains qu'il ne soit plus versificateur que poète.

Quel étonnant poème de Polonski publié dans Nival

Adieu, au revoir. Ecrivez-moi, je vous prie,

LETTai-S A FET ИЗ

des nouvelles de votre santé, ne serait-ce que deux mots.

Le salut de ma femme à vous et à Marie Pétrovna.

Page 1