‹ Correspondance inédite;Chapitre 69 sur 123 · L. Tolstoï · texte numérisé non relu

L. Tolstoï

27 janvier 1878.

Malheureusement pour moi, cher Afanassi Afanassievitch, vos suppositions ne sont pas toutes fondées. Je ne suis point au travail, et si je ne vous ai pas répondu, c'est que, tous ces derniers temps, j'ai été malade; j'ai môme gardé le lit plusieurs jours. Des malaises de toutes sortes : les dents, le coté; mais le résul-

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tat, c'est que le temps passe, mon meilleur temps, et je ne travaille pas.

Merci de ne pas me punir à cause de mon silence, et même de me récompenser par la primeur de votre poème. Jl est beau; il a ce cachet particulier qu'on remarque en tous vos poèmes. Ils sont très serrés, et leur éclat frappe de loin. On voit qu'ils ont absorbé beaucoup, beaucoup de forces poétiques ; ils absorbent ces forces jusqu'à ce qu'ils se cristallisent. Ce dernier poème, les Etoiles, et encore un autre de vos derniers sont de même valeur. Quant aux détails, voici ce que j'ai trouvé. Après l'avoir lu, j'ai dit à ma femme : « Le poème de Fet est excellent, mais il s'y trouve un mot mal employé. » A ce moment, elle allaitait l'enfant; mais, pendant le thé, alors qu'elle était plus tranquille, elle se mit à le lire et aussitôt m'indiqua le mot que je ne croyais pas bon'': « comme des dieux ».

Strakhov m'écrit et me demande de vos nouvelles. Je lui ai donné votre adresse. Notre salut amical à Marie Pétrovna.

Dieu fasse que vous vous arrangiez le mieux

possible, et pour longtemps; autrement ce sera ennuyeux. A bientôt. Aujourd'hui, j'ai peu de temps.

Votre,

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