DE PARIS
Paris, ce 4 décembre 1823.
(( Dans un ouvrage hérissé de chiffres, les fautes typographiques sont bien difficiles à éviter. Celle que M. Bresson, secrétaire de la légation française aux Etats-Unis a signalée dans mon Essai politiqvs sur la Nouvelle-Espagne y et qui altère, d'une manière si étrango, la distance du Nouveau-Mexique à la Nouvelle-Californie, ne se trouve ni dans l'édition in-4'*, qui est V édition originale et la seule dont j'ai revu les épreuves, ni dans les différentes traductions anglaises, allemandes ou espagnoles, que j'ai sous les yeux. L'édition originale porte : « La poste aux lettres va de
Loreto, le long de la côte nord-ouest, jusqu'à San-Francisco; ce dernier établissement est presque sous le même parallèle que la petite ville de Taos du Nouveau-Mexique. Il n'en est éloigné que de 300 lieues. » M. Bresson, dans son intéressant Mémoire (Bulletin de la Société de géographie, numéro 7, page 287) trouve cet éloignement, par les positions astronomiques des deux points, dont j'ai discuté les fondements de 310 lieues. Je profite de cette occasion pour faire observer que, dans la dernière traduction anglaise de mon ouvrage sur le Mexique, on se livre à des conjectures sur des chiffres dont on aurait pu trouver la rectification en jetant les yeux sur r^rm^a de l'édition originale. C'est ainsi, par exemple, qu'on m'accuse gravement d'avoir supprimé (tome I, p. 327) un million d'habitants du Mexique de caste mêlée, lorsqu'on aurait pu trouver dans Yerrata : au lieu de 1,231,000, lisez 2,231,000; et lorsque dans le texte (tome I, page 135) on aurait pu voir que les castes mêlées s'élèvent peut-être même à 2,400,000.
Al. de Humboldt.
Paris, ce 4 décembre 1823.
Paris, 21 février 1824.
Mon frère m'écrit : « J'attends avec le plus d'impa- )) tience le tableau des signes hiéroglyphiques de » M. Jomard. C'est le savant dont la marche dans cette
férenis ministères, le comité des colonies, la direction du commerce, etc., ma position d'étranger ne me permet pas de soigner ces rapports : je me trouve suffisamment honoré du titre de membre de la Société de Géographie, et tout en témoignant ma respectueuse reconnaissance aux personnes bienveillantes qui voudraient me faire nommer vice-président, je vous supplie. Monsieur, de ne pas mettre mon nom sur la liste des candidats. J'avais déjà énoncé le même désir, lors de la première élection, il y a quatre ans, et j'insiste d'autant plus sur cette prière que ne pouvant accepter l'honneur que votre bienveillance me destine, la société aurait l'embarras d'une seconde élection. Je saisis cette occasion pour vous réitérer l'expression de ma haute et affectueuse considération.
Al. Humboldt.
Paris, ce 27 mars 1824.
Mars 1824.
Monsieur,
N'ayant pas eu le bonheur de vous exprimer hier, de bouche, les sentiments de ma plus vive reconnaissance, permettez que je vous les offre aujourd'hui. J'ai été touché de votre aimable souvenir, et il m'en coûterait trop de vous reprocher que, dans un temps où un peu d'estime publique irrite tous ceux qui n'en sont pas l'objet, vous m'ayez traité avec une prédilection si
extraordinaire. J'aime mieux vous dire tout simplement combien je me trouve honoré de l'amitié d'une personne qui a rendu de si grands services à la géologie et à l'histoire naturelle, qui montre un esprit si juste, et une sagacité si fine dans ses observations, et dont j'honore le noble caractère. J'attends le retour de notre jeune ami, M. Valenciennes, pour me présenter un matin chez vous, à Sceaux, pour vous voir au milieu de cette riche collection si importante par l'influence qu'elle a exercée sur l'étude des formations, et pour vous renouveler l'hommage de ma haute et affectueuse considération.
Al. de Humboldt.
LUCAS ALAMAN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DU MEXIQUE AU RO" ALEXANDRE DE HUMBOLDT, DU 21 JUILLET 1824 ; EXTRAIT DE LA RÉPONSE DE HUMBOLDT DU 6 NOVEMBRE.
Le Courrier publie, d'après leSolmexicanyXme lettre officielle de M. Lucas Alaman, ministre des affaires étrangères du Mexique, à M. le baron Alex, de Humboldt, dont voici les principaux passages :
(( C'est par vos lumineux ouvrages que l'on peut » se former une idée de ce que le Mexique devien- » drait sous une bonne constitution, puisqu'il pos- » sède lui-même tous les éléments de prospérité. La )) nation entière est pénétrée de gratitude pour vos
» travaux, qui ont fait connaître au monde tout ce » qu'elle est capable de devenir. Le gouvernement su- » prême concourt cordialement à ce sentiment géné- » rai. Il me charge, comme son ministre des affaires » étrangères, de vous exprimer la satisfaction avec la- » quelle il a appris que vous aviez l'intention de re- » tourner encore une fois dans ce pays. Nous espéy> rons que vous mettrez ce projet à exécution, et que » nous pourrons nous féliciter de compter parmi les » habitants de cette république un homme aussi illus- » tre et aussi justement estimé dans le monde civi- ); lise. »
A cette lettre qui est du 21 juillet 1824, M. de Humboldt a répondu par une lettre datée du 6 novembre (1824 sans doute), dans laquelle il dit entre autres choses :
« Je prie V. E. de présenter à votre gouvernement l'expression de ma gratitude. Si mes ouvrages ont pu faire quelque bien, on doit l'attribuer à mon amour de la vérité, à la pureté de mes sentiments, et à l'admiration que m'a inspirée un pays appelé à d'aussi grandes destinées. Je ne suis pas sans espoir, si mon souverain le permet, de revoir encore les majestueuses Cordillères d'Anahuac, d'étudier encore une fois leurs productions naturelles, et de jouir du plaisir d'être témoin du bonheur progressif qui doit naître dans votre république du sein des institutions libres et des arts de la paix. »