‹ Correspondance intime. PubliéeChapitre 2 sur 15 · XXVI II · texte numérisé non relu

XXVI II

Ce dénuement pût naître d'une autre cause, que seraient tentées d'appeler U7i vice les âjnes bien tenues de caissières y et qu'Hippolyte « le iils le plus tendre, l'ami le plus dévouée, retrace dans le si affectueux reproche : « Amas- « ser, conserver même, lui était impossible.

« Le superflu, tu vois, c'est pour l'être sensible « Tout ce que les autres n'ont pas. »

« En effet, elle me disait par Jais qu'un ob- « jet quelconque, précieux ou non, ne lui sem- « blait plus être sien aussitôt qu'il avait été « désiré par quelqu'un. » Que de fois revenant de toucher le trimestre de la pension, qu'il lui était si pénible d'accepter au début et dont elle était si heureuse maintenant, elle rentrait pourtant à la maison les mains vides : elle était allée voir Pauline Duchambge, et l'ayant trouvée si misérable^ sans feu, sans pain, lui avait laissé ce qu'elle venait de recevoir , certaine de l' approbation du mari et du fils. Aussi est -elle réduite souvent à des extrémités pénibles : « J'avais un franc dans mon tiroir pour commencer mon mois. .. » ; elle suspend l'envoi de lettres écrites aux siens, faute de pouvoir les affranchir. Elle est le pauvre qui fait l'aumône.

Elle ne s'en tient pas à l'aumône du peu d'or dont elle a tant besoin, elle fait aussi l'aumône de son cœur. Il n'est pas une détresse qui ne l'émeuve : pauvres de bonheur, persécutés , malades , sur tous , Marceline étend son inépuisable charité, — sans pré-

férences politiques (quoique on en ait dit), ayant l'esprit trop large et le cœur trop grand, pour obéir à ces droites idées de parti que lui ont prêtées ceux qui l'en blâmaient, ou ceux qui l'en admiraient. Et si' presque toujours, son affectueuse pitié se penche vers le peuple^ c'est que le peuple souffre davantage. Toute infortune, juste ou imméritée, éclatante ou obscure, trouve en elle un écho : le retour des cendres de l' Empereur .^ « de l'Empereur volé par l'Angleterre, » la captivité à Ham de celui qui, plus tard, s'appellera Napoléon III, la condamnation à mort de Barbes, l'exil de Raspail, l'insurrection de 18^4, à Lyon, pendant laquelle elle va, par les rues ensajiglantées, soigner les blessés et consoler les veuves, — toutes les souffrances en un mot lui arrachent des larmes, des cris de coînpassion, des appels vers la clémence et vers la bonté...

Quelle mère devait-elle être avec une telle âme ? Ses poésies et sa correspondance nous le révèlent. Mais il faut tout dire : si elle fut aimée pieusement , sans réserve, par son fils Hippolyte, celui qui ne fit pas même passer sur elle l'ombre d'un chagrin, Ondine et Inès mirent souvent sa tendresse à l'épreuve. On eut dit que ces deux enfants, conçus dans la tristesse et la pauvreté, en avaient dans le sang une inoubliable ajnertujne. A mesure qu'elles sortaient de V insouciance du jeune âge, leur caractère se modifiait sous l'action

latente d'un état maladif que leur apparence de santé ne pouvait laisser soupçonner . Ondine surtout, vive, spirituelle et gaie, mais d'une gaîté nerveuse, plutôt extérieure, n'avait pas cet abandon confiant si doux aux mères. Cependant, à la suite d'un de ces voyages en Angleterre entrepris pour fortifier sa santé ^ elle ouvre son cœur à sa mère. Et celle-ci répond à un de ces épanchements : « Dans U7ie vie « aussi haletante que la nôtre, où, prendre le « temps d'un récit, d'une confidence. Tout s'y « jette par larmes , par sanglots , par une « étreinte passionnée qui n'a rien dit, mais qui « a empêché de jnourir. Avec toi surtout^ « j'ai vécu de silences forcés. Je croyais les « devoir à ton repos, à ta santé. J'ai fait ce « que j'ai pu pnir tourner toujours du côté « du soleil ; la nuit même, en t' appuyant à « mon cœur, et te cherchant : « Cachons-nous. ^ « Cachons-nous pour avoir bien chaud! » Ce « qui doit apaiser ta charmante colère contre « M. Alex. Dumas, (cette colère qui m'a fait « entrevoir un moment le ciel d'une mère, le « cœur de son enfant soulevé en sa faveur), « c'est que ce n'est pas ici dans ce monde comme « il est fait, qu'il faut prétendre être ju- « gée suivant ses vertus et ses fautes.... » (Lettre CLXXIV).

Moins froide qu' Ondine, mais plus fantasque, Inès avait de longs silences, suivis d'une agitation fébrile, inquiétante, que la mère attribuait à une croissance dificile. La

maladie se déclara, étrange comme sa ftature^ faisant naître chez elle une jalousie excessive contre sa sœur, lui enlevant la voix : « La voix « d'Inès était d'une douceur pénétrante et, « comme celle de sa mère, faisait pleurer. « S' éteignant de plus en plus sous le progrès « de la maladie, cette voix déchirait le cœur « de la mère lorsque l'enfant faisait de vains « efforts pour moduler certains airs flottant « dans sa mémoire ; ils ne sortaient plus qu'épi touffes de cette gorge brûlante et sèche. Celle « qui la veillait, en l'écoutant, pleurait dans « la chambre à côté. — La Voix perdue est « un des souvenirs de ces veilles poignantes » (Œuvres II f p. 2^1).

Inès mourut. Sa mère lui adressa cet adieu poignant, oh pleure comme l'affection de Racket qui ne voulut pas être consolée :

« Je ne dis rien de loi, toi, la plus enfermée !

« Toi, la plus douloureuse, et non la moins aimée !

« Toi, rentrée en mon sein ! Je ne dis rien de toi

« Qui souffres, qui te plains, et qui meurs avec moi.

« Le sais-tu maintenant, ô jalouse adorée, « Ce que je te vouais de tendresse ignorée ! « Connais-tu maintenant, me l'ayant emporté, « Mon cœur qui bat si triste et pleure à ton côté ?

Elle reprit dans son cœur , un sentier de souvenirs, connu d'elle seule depuis trente ans, et, à côté de son premier enfant, coucha pieusement sa dernière fille.

Valmore était à Bruxelles. Ce malheur, pressenti pourtant, le brisa. Fatigué de la

scène, aigri, usé de déceptions et de chagrins, il revint à Paris, et ne quitta plus sa femme et son fils. Quant à Marceline, elle a descendu l'abîme de douleur , si bas que , par moment, elle, si pieuse, ne voit plus le ciel. Puis , son âme se relève vers les divines espérances :

« < Une âme

« Prend ses ailes longtemps avant de s'envoler. »

Soudainement, le bonheur paraît leur sourire. Ondine se marie. Valmore trouve enfin une place, place bien humble, à la Bibliothèque Impériale. Ce ne fut qu'un temps de répit, trop court hélas ! Le soir de la vie de Marceline est attristé par la mort de ceux qu'elle aime: son frère, ses sœurs, Caroline Branchu, Ondine... Elle veut mourir. « Ecoute, écrit-elle « à Pauline, je suis allée à l'église oîi fiai fait « allumer huit cierges humbles comme moi. C'é- « tait huit âmes de mon âme ; père, mère, frère, « sœurs. . . enfants ! Je les ai regardé brûler, « et j'ai cru mourir. Ne dis cela qu'à toi, « c'était une visite à Dieu. » Pauline ellemême , la meilleure compagne de son cœur, s'en va avant elle.

Le chapelet des affections s'est rompu sous ses doigts de malade.

Elle se cache , pour pleurer et souffrir , dans l'attente de la grande libératrice. Deux ans, la maladie la plus cruelle la torture sur un lit qu'elle ne peut plus quitter. Enfin, (i) elle attendrit la Mort qu'elle appelait depuis

XXX m

SI longtemps, et la Mort l'emporte oh elle voulait

aller :

« J'irai, j'irai porter ma couronne effeuillée « Au jardin de mon père où revit toute fleur ; « J'y répandrai longtemps mon âme agenouillée ; « Mon père a des secrets pour vaincre la douleur.

Il dira : « C'est donc vous, chère ime désolée. « La terre manque-t-elle à vos pas égarés ? « Chère âme, je suis Dieu : ne soyez plus troublée. a Voici votre maison, voici mon cœur, entrez ! »

Marceline DE8B0RDE8-VALM0RE

A M. VALMORE

CBiuvelle-s 1817J

Non, Monsieur, je n'ai pas répondu. Je ne "voulais donner aucune suite à ce que je regardais comme un badinage. Cette idée m'avait glacée de crainte.

Quelle lettre vous m'écrivez aujourd'hui ! Qu'elle m'a troublée ! N'abusez pas des expressions, croyez-moi, n'en abusezjamais. Il n'y a rien de si sincère que mon cœur. Je ne puis plus le donner qu'en donnant ma vie, ■et ce n'est pas à votre âge, entouré de mille

séductions, que l'on promet un amour sans bornes, sans terme que le tombeau !... Ne cherchez donc pas à l'inspirer à moi, — j'ai tant souffert !

Oui, vous ferez bien de m'éviter. C'est tout ce qu'il y a de raisonnable dans vos projets que je ne comprends pas. Je vous éviterai aussi, — j'en ai déjà pris la triste habitude. Que ne ferais-je pas pour être en repos avec moi-même. N'auriez-vous aucun regret si vous me rattachiez à l'existence pour m'en faire un jour un autre genrede douleur ? Ah ! laissez-moi, je vous prie, triste comme je le suis, je ne suis pas faite pour aimer. Je ne puis l'être jamais non plus. Je ne crois pas au bonheur !

Pourquoi dites-vous que votre mélancolie éloigne mon cœur du vôtre? Pensez- vous cela ? Etes-vous bien naïf quand vous me récrivez ?

Vous faites un reproche à notre malheureux état de nous avoir rapprochés l'un de l'autre. Cette Expression est bien dure. Si vous vous en plaignez, quel droit n'aurai-je pas de le haïr? Pardonnez-lui pourtant, il peut tout réparer en nous séparant bientôt. Il me restait à savoir que vous le désirez pour rendre ce départ plus certain.

Non, ce n'est pas votre tendresse qui vous a conseillé jamais de m'écrire, — ce n'est pas non plus votre excellente mère qui vous aurait détourné de troubler mon âme. Pour

le monde entier, je ne voudrais affliger la vôtre, entendez-vous ? De quoi m'accusezvous donc ? Quelle autre preuve puis-je vous donner à présent de l'estime que je vous ai vouée, et dont je renouvelle encore l'assurance pour toujours.

M. Desbordes.

A M. VALMORE

(Biiixelles, 1817.)

Monsieur, j'ai pris, dites-vous, votre timidité pour de la fierté. Vous avez pris ma tristesse pour du dédain. Nous nous sommes trompés mutuellement. Comment pourrait-on dédaigner quelqu'un que l'on a appris à estimer depuis longtemps ? Mais pourquoi vous excuser avec moi ? Quel reproche ai-je fait ? Quel motif et queldroitpouvais-je en avoir?

Vous avez la bonté d'attacher quelque prix à mon opinion, et vous voulez la connaître. Eh bien. Monsieur, la voici .-je vous crois toutes les qualités d'un honnête homme, jointes aux penchants de votre âge.

Toute ma pensée vous est connue à présent. Ne vous blessez donc plus d'uneréserve naturelle aux personnes malheureuses. Ne l'attribuez jamais au dédain, s'il est vrai que vous l'ayez pensé, et croyez que dans tous

les temps de ma vie. ce sero.it un bonheur pour moi de vous prouver, autrement que par ma gaîté, l'estimeparticulière que je me plais à porter à votre famille, et à vous, Monsieur.

N'est-ce pas là tout ce que vous désirez savoir ?

\'ous devez être assuré présentement que personne n'est plus sincèrement que moi , votre humble servante.

M. Desbordes.

A M. VALMORE

(Bruxelles, 1817.)

Me croyez-vous libre d'exprimer ce qui se passe en moi, mon ami? Le croyez-vous?

Oppressée de joie et de surprise, je crains... pardonnez-moi, je crains d'abandonner mon âme au sentiment qui la remplit, qui l'accable, oui, cette ivresse de l'âme est presque une souffrance. — O prenez garde à ma vie ! Elle est encore frêle et incertaine. Depuis qu'elle est à vous, je crains tout ce qui peut la menacer, et l'espoir d'une félicité imprévue. Infinie, me semble au-dessus de mes forces.

Et dites-moi , mon amour, portez-vous dans les relations intimes de la vie , ce charme, cette douceur qui me touche, qui m'entraîne vers vous ? Quel bonheur alors de

vous aimer! d'être uniquement aimée de vous ! L'enchantement de nos premiers regards ne sera donc pas détruit? J'oserai les fixer à présent, y lire ma destinée, un avenir chéri, la promesse tendre et solennelle du lien qui va nous unir!...

O Dieu ! si je suis craintive, il faut pardonner ce sentiment, c'est l'amour même qui tremble devant l'amour. S'il est timide dans ses aveux, dans ses espérances, vous savez bien qu'il n'en est que plus parfait et plus fidèle. Tous les jours de ma vie en laisseront une preuve dans notre souvenir, mon bien aimé! Oui, ce soir, nous nous verrons. — Quelle douceur d'y penser! Toute ma mélancolie s'effacera encore. — Dieu qui nous aime, ne veut pas d'un nuage sur la plus douce réunion. Votre mère sera donc la mienne! Votre père va donc remplacer celui que je pleure encore!... Savez-vous comment je le chérirai ?... Dites que vous le savez bien! Mais moi, m'aimeront-ils? — Oh ! demandez-leur de m'aimer, de commencer dès à présent pour ne jamais finir.

Adieu. S'il est vrai que nos âmes s'enten- <lent, devinez ce qu'il m'en coûte pour vous dire adieu. Devinez ce que j'éprouve en vous disant : à ce soir! Il faudra me rendre compte de tout cela, pour voir un peu si nous serons d'accord dans l'avenir.

M. Desbordes.

A SON MARI

(Biuxelles, <818)

Mon cœur a sauté hors de sa place, comrr.e toi de cette voiture, mon ami. Que de choses se passent dans un cœur fait comme le mien ! Je suis troublée au point de ne pas mettre deux mots en ordre. \'ingt-quatre de plus !... Tu n'es pas blessé, mais tu pouvais l'être. En voilà trop pour me laisser ea repos ! Je ne te quitterai jamais. Prometsmoi de neplus me quitter. Je n'existe qu'avec toi. Oh! que cela est vrai!

Ta Junie est bien jolie comme une rose blanche. On m'en donne à l'instant des nouvelles. Viens, cher Prosper, viens la voir avec m.oi. Je meurs d'impatience. On me demande m.a lettre. Mon Dieu ! Je ne t'ai rien dit. Mais ne sais-tu pas tout. Prends soin de toi, prends garde à ma vie ! Ta maman et moi nous t'embrassons. Les pressentiments ont joué leur rôle.

A SON MARI

Si Rémi, le 22 mars 18-20.

Plus jamais, mon amour, plus jamais je ne

m'arracherai de toi, c'est volontairement s'arracher le cœur. Mais sois du moins sans inquiétude, mon voyage a été heureux. Je suis arrivée à six heures. Vis - à - vis Ui demeure de ton fils, la nourrice, la mère, le mari et Drapier m'attendaient pour m'y conduire. J'y ai couru, je te jure, sansm'apercevoir que j'avais passé une nuit en voiture. J'ai vu ce petit ami pendant une heure. Il est vif comme un poisson, tous ses mouvements sont si rapides qu'à peine on peut examiner ses jolis petits traits mobiles. Sa physionomie est un vrai kaléidoscope, toujours nouvelle et toujours gentille. Sa peau est d'une blancheur étonnante , ses yeux d'un bleu superbe^ mais moins grands que les tiens. La bouche est en repos quand il dort, mais je ne l'ai pas vu dormir, ainsi elle m'a paru grande, moyenne, imperceptible et de toutes les formes. Il se tient tout droit, et quand on le couche, il se lève fièrement sur ses petites mains pour regarder tout le monde. Il mange avec amour, il boit le sein de sa nourrice jusqu'à la dernière goutte. Ses cheveux sont beaucoup plus blonds qu'en naissant. Il est ravi quand on lui caresse la tête, c'est un petit mouton charmant. J'ai assisté deux fois à sa toilette; il me paraît d'une grandeur étonnante et il est fait en perfection. Je t'en parlerais une heure que ce serait trop peu pour nous deux. Tout est d'une propreté ravissante autour de lui dans la chaumière.

Cher Prosper, viens le voir pendant les Saints Jours. St-Remi est bien défait sans toi. A tout instant le souvenir du passé, qui est souvent comme une illusion vive, me fait croire que je vais te voir dans la prairie ou vers les ruisseaux. Je ne pourrais vivre longtemps ainsi séparée de moi-même. Mon âme se retourne à tout instant de ton côté, je te vois ennuyé comme moi, poussant le temps des deux mains pour qu'il avance, et cela fatigue. Si tu venais, je retournerais avec toi. Tu verrais petit Prosper qui te recevra les bras ouverts. Drapier en saute d'espoir, tu sais comme il t'aime et ma sœur me dit de tout employer pour obtenir de toi ce bonheur pour toi -même. Songe, mon petit ami, que l'occasion ne s'en trouvera plus, et que ce léger sacrifice nous sera bien payé par le plaisir. Donne-le moi si tu peux et tu m'emmèneras avec toi , veux-tu ? Ils comptent rester ici encore jusqu'au trente avril. La même incertitude existe pour leur avenir. J'ai trouvé ma sœur très changée et très maigrie. Si tu vois mon oncle, dis-lui bien que l'affaire d'Espagne serait agréée si elle était sûre et avantageuse. L'expatriation est bien triste, mais que faire? Camille me dit qu'elle désire bien t'embrasser de vive voix. Moi, Prosper, je meurs déjà du besoin de et voir et de me sentir près de toi. J'ai froid partout , excepté dans la chaumière où je te désire encore. Oh ! pourras-tu ne pas venir?

Ma lettre ne partira que demain. Tout se fait par siècles clans les campagnes. Et quand recevrai-je la tienne ? Dimanche... ce dimanche est au bout du monde. Non, jamaisplus je ne te quitte, allonspartout à deux, car tu es toutà moi, et je suis toute, toute à mon ami. Tantôt, j'irai voir notre lien d'amour, et je t'en parlerai encore avant de fermer cette lettre. \'oici un homme qui se charge de la porter à Dreux. Tu la recevras donc un jour plus tôt, et je la lui confie. Réponds y bien exactement, cher Prosper, réponds à tout ce que j'éprouve et pense partout et toujours à ta Line qui t'aime pour la vie entière.

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