‹ Correspondance littéraire (volume 2)Chapitre 135 sur 167 · A LA MÊME FAISANT LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

A LA MÊME FAISANT LA CHARITÉ

VI" NOM u'i.N SOLDAT).

Quoi, de la fille de Voltaire, De Belle et Bonne on a fait choix!

Ah! la charité pour nous plaire A bien l'ait d'emprunter et tes traits et ta voix.

— L'Ecole de l'adolescence, comédie en prose, en deux actes, représentée pour la première fois par les Comédiens italiens, le mardi 30 juin, est de M. A..-L. d'Antilly, ci-devant premier commis des finances au département des revenus casuels du roi.

Lue avarice aussi réfléchie que celle du vicomte est sans doute un vice fort rare à l'âge de quinze ans, et le sujet de la pièce, fùt-il fondé, comme on le dit, sur une anecdote certaine, aura toujours, sous ce rapport, quelque chose d'invraisemblable. Mais, à ce défaut près, la pièce est faite pour donner l'idée la plus avantageuse du caractère et des talents de l'auteur ; le dialogue en est naturel, facile et piquant, la morale simple et pure, sans pédanterie et sans affectation. Les rôles du vicomte et du chevalier ont été parfaitement bien joués, le premier par Mme Saint-Aubin, l'autre par M,le Carline.

— Charles II, roi d'Angleterre, en certain lieu, comédie très-morale en cinq actes très-courts, dédiée aux jeunes princes, et qui sera représentée, dit-on, pour la récréation des états généraux; par un disciple de Pythagore1. Brochure avec cette épigraphe : Panem et circenses.

C'est un trait assez connu de la vie privée de Charles II qui a fourni le sujet de cette facétie. La duchesse de Portsmouth, pour dégoûter son auguste amant des parties de débauche auxquelles il se livrait, engage le duc de Rochester à lui en faire éprouver vivement tous les inconvénients. On s'arrange avec la matrone d'une maison suspecte; on vole au monarque sa bourse et on le laisse à la merci de cette femme intéressée, qui lui dit des

\. Par Mercier.

k% CORRESPONDANCE LITTERAIRE.

injures, l'enferme sous clef et veut le faire jeûner au pain et à l'eau. Un honnête joaillier lui sert de caution et le tire d'affaire. II n'est pas aisé de voir quelle a pu être l'intention d'un tableau de ce genre. Nous en ignorons également l'auteur.

o Savez-vous bien, milord», disait M. le vicomte de Noailles à M. le duc de Dorset en lui parlant de la révolution 'du mois de juillet : «Savez-vous bien, milord, que de cette affaire-ci votre pays pourrait bien devenir libre aussi ? »

— Remarques historiques sur la Bastille, sa démolition, et Dévolution de Paris en juillet i789, avce un grand nombre d'anecdotes intéressantes et peu connues 1. Un volume in-8°, ayant pour épigraphe ces deux vers de Voltaire :

Dans cet affreux château, palais de la vengeance, On renferme souvent le crime et l'innocence.

C'est une rapsoclie brochée fort à la hâte, mais dans laquelle on trouve d'abord une description très-circonstanciée du bâtiment de la Bastille, tant de l'intérieur que de l'extérieur; un compte extrêmement détaillé du régime de cette prison royale, de la composition de l'état-major; plusieurs anecdotes assez peu intéressantes sur quelques prisonniers célèbres, entre autres des conjectures fort peu vraisemblables sur le Masque de fer. A ces articles, extraits de différents ouvrages connus, on a joint la suite des Révolutions de Paris depuis le 12 juillet jusqu'au 8 août inclusivement, espèce de journal qui avait paru par feuilles détachées, et dont on a déjà épuisé sept ou huit éditions. Ce n'est sûrement pas de toutes les feuilles dont Paris est inondé dans ce moment la mieux faite et la mieux écrite, mais c'est, je crois, celle où l'on a recueilli le plus de faits, le plus de circonstances, et où j'ai remarqué en général assez d'exactitude et de bonne foi. — La Bastille dévoilée, ou Recueil de pièces authentiques

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